A la rencontre de Charlotte Poncin

Aujourd’hui, partons à la rencontre de Charlotte Poncin, qui jongle entre photographe, productrice film et enseignante. Charlotte a accepté de se prêter au jeu de mes questions et je vous propose donc d’en découvrir un peu plus sur cette photographe. Vous pouvez également retrouver son travail sur :

Bonjour Charlotte,
Peux-tu te présenter en quelques lignes, comme photographe, mais pourquoi pas sur ta vie en dehors de la photographie?

Bonjour Gregory et merci beaucoup de m’avoir conviée pour cet entretien sur ta plateforme ! Je me nomme Charlotte Poncin, j’ai 28 ans et je suis basée à Montpellier où j’entretiens un équilibre professionnel en tant que photographe, productrice film et enseignante. Je suis Certified European Photographer depuis Mars 2020 et triple finaliste des Médailles de la Photographie Professionnelle Française (2019-2020).
Pour préciser un peu plus en quoi consiste le métier de productrice dans l’univers du film, mon rôle est de faire en sorte que le projet puisse être mené à bien. Je prépare, j’organise, je budgétise, je trouve les financements, et je suis le projet de A à Z conjointement avec son réalisateur.
Et enfin, je deviens enseignante de la Culture de la Création et du Design en Anglais à l’école d’arts numériques E-artsup Montpellier en Septembre 2021 (je travaille actuellement sur les programmes), après avoir enseigné la Photographie et l’Anglais dans quatre établissements supérieurs de ma ville depuis 2016.

Tous droits réservés à Charlotte Poncin
Raconte-nous quand et comment tu as commencé la photo?

J’ai commencé un peu comme tout le monde, avec le compact écran LCD dernier cri de mon père vers mes 10-11 ans, lorsque nous partions en voyages… C’était pour le côté fun et les souvenirs, surtout. Durant mes jeunes années, je t’avoue que je ne me posais absolument aucune question technique…J’étais mordue par d’autres hobbies.
J’ai commencé la photographie professionnelle… de l’autre côté, en tant que modèle ! C’est après environ 10 ans passés à développer mon activité de modèle d’arts visuels que je me suis décidée à devenir photographe.
J’ai commencé à apprendre la photographie il y a 8 ans, mais c’était une matière très secondaire dans mon cursus d’études (dans une école d’art digital et de cinéma d’effets spéciaux… C’était dans une autre vie !). Pendant quelques années, je ne devais toucher un appareil photo qu’une ou deux fois par mois, sans plus. Mon activité de modèle était clairement plus développée comme je l’évoquais.
C’est durant l’été 2017 que je me suis lancée un peu plus sérieusement. J’utilisais la photographie comme thérapie après une période difficile sur le plan personnel, j’aimais surtout le dialogue avec les personnes impliquées. J’ai travaillé dur pour atteindre un niveau satisfaisant pour me lancer en tant que professionnelle, et j’ai officialisé la chose en début 2018, tout en créant notre structure avec mon compagnon.
Concrètement, je me considère photographe professionnelle, et photographe tout court, depuis seulement 3 ans. Je me remets constamment en question et travaille dur, n’ayant pas eu de formation technique à proprement parler.

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Quelles sont tes spécialités photographiques ?

J’ai un profil très généraliste mais mes spécialités sont le portrait artistique, le book mannequin et le book comédien. Je pourrais dire aussi que j’ai fait une spécialité de mon côté MacGyver, à improviser en cas d’imprévus…

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Dans tout ton matériel photo, as tu un objet porte bonheur, ou un objet qui t’est précieux?

Mon appareil photo principal (Sony Alpha 7rIII) est en lui-même ma petite merveille puisque c’est un cadeau de mes parents. Lorsque je me suis lancée comme photographe professionnelle, ils m’ont montré leur encouragement en me l’offrant…
Mais à part ceci, j’ai toujours sur moi :
– un bracelet marron ramené d’un voyage, c’est mon porte-bonheur depuis 2007
– un autre bracelet marron que les parents de mon compagnon m’ont offert
– une carte (c’est le 4 de cœur) offerte par un magicien de rue il y a quelques années, il m’a dit que cela me porterait chance, du coup je ne l’ai pas lâchée depuis
J’ai d’autres bibelots sentimentaux sur moi en presque tout temps, mais je vais arrêter la liste là. Il est clair que je suis aussi superstitieuse, et que je crois aux énergies !

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Où trouves-tu ton inspiration?

Dans les films, dans les livres, dans les paroles et les sentiments des autres, dans les idées échangées avec mon compagnon. Quand je bloque sur quelque chose cependant, quand je me retrouve dans une sorte d’impasse, j’ai toujours le même réflexe : je consulte ma mère, qui est toujours de très bon conseil même si ce n’est pas son milieu ou son domaine créatif propre. Elle a une capacité extraordinaire à se projeter et à insuffler des idées originales.

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Parmi tes photos, si tu ne devais en retenir qu’une seule, peux-tu nous présenter ta photo préférée et nous raconter son histoire?

Question ardue !

Je n’ai à vrai dire pas UNE photo préférée par-dessus toutes en particulier… Dans d’autres entretiens je présentais certaines images comme « mon image marquante » ou « ma photo préférée »… Je vais ainsi en présenter une différente, pour d’autres raisons aujourd’hui !

Il s’agit d’un portrait très doux de la sublime Margaux. Créer des images, figées comme en mouvement, requiert je pense une harmonie au sein de l’équipe de création… ce portrait est un merveilleux souvenir pour moi, en plus d’être une photo que j’aime énormément en tant que telle, car je l’ai signé aux côtés de ma maquilleuse / coiffeuse de choc, Alice CAROL (qui est une amie chère à mon cœur) en photographiant une très belle personne, dans tous les sens du terme, Margaux BESSE (qui aspire à développer son activité de mannequin, et nous croyons sincèrement en elle). C’était une période où j’avais besoin de faire de la photo pour moi…

Le rendu global de ce portrait, comme suspendu dans le temps avec beaucoup de douceur dans la lumière, m’apaise beaucoup. Je me souviens avoir finalisé cette photo au terme d’une période où j’avais beaucoup souffert, puisque je ne faisais que travailler, au détriment de ma vie personnelle… Contraste assez évident, de fait !

Ce portrait fait partie intégrante de la Biennale de la Photographie de Bourbon-Lancy, l’Été des Portraits 2021, exposition de grande envergure que vous pourrez visiter jusqu’en Octobre !

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Peux-tu nous parler de tes projets photographiques?

J’ai des séries en cours et des idées de projets / expositions pour les mois à venir… Mais au vu de leur stade de développement, je préfèrerais évoquer des choses plus concrètes à ce jour.

En Mai 2021, j’ai été nommée responsable et photographe résidente du troisième STUDIO CLOTIS, à Montpellier (ces studios ont été fondés par le Maître Européen de Photographie, Etienne CLOTIS, mon associé). Nous sommes désormais en Juillet et je travaille au développement de ce lieu de prestation / création unique avec de nouveaux objectifs. Je suis comblée d’y exercer et d’y accueillir chaque jour de nouveaux visages ! Avoir un studio photographique où évoluer était un de mes rêves il y a encore de cela quelques mois.

Et enfin, j’aimerais achever ma réponse en évoquant INSU : il s’agit d’un court-métrage de 30min que mon compagnon Kévin PAYET a scénarisé et réalisé, et que nous avons produit ensemble. Je suis la directrice de production et productrice du projet.
Je le mentionne ici puisque ce film engagé traite de la thématique du droit de la femme à disposer de son corps et du contrôle de son image, à travers le prisme du milieu photographique. Le film vise à dénoncer des formes d’abus dans ce milieu, transposables à de nombreux autres milieux professionnels en réalité.
La distribution du film commence courant 2021 en festivals internationaux, et nous sommes très heureux d’avoir pu mener à bien ce projet et ce, comme nous l’entendions, projet que nous portions depuis près de trois ans en auto-production malgré les contraintes et difficultés liées à la période 2020-2021 du fait de la situation sanitaire.

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Imagine que l’on te donne un crédit illimité, quel projet photographique, dingue ou plus sage, aimerais-tu réaliser?

Sans contraintes ni pression financière… sans hésitation, je partirais voyager dans le monde entier, et je scinderais un projet photographique global en deux parties : la haine universelle, et la condition animale, qui sont les sujet et cause qui me font le plus cogiter en ce moment, en termes d’activisme et en termes de dénonciation par l’art.

C’est une question extrêmement intéressante car il est vrai que les moyens financiers façonnent très évidemment nos choix professionnels et créatifs, nos stratégies, nos envies même… Étant productrice de films de fiction, confrontée à ces formats qui coûtent cher, c’est parfois une rude réalité.

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Peux-tu nous raconter un de tes meilleurs souvenirs pendant une séance photo et pourquoi pas également le pire?

J’ai longuement réfléchi avant de donner ma réponse. Il y a toute une partie de mon cerveau qui s’avère être une banque de souvenirs de photoshoots. Il y en a des merveilleux, et d’autres que je préfèrerais malheureusement effacer !

Un de mes meilleurs souvenirs, c’était avec une de mes mariées. Elle était encore future mariée d’ailleurs à ce moment-là. Fin des préparatifs, tout le monde super stressé, nous ne sommes plus que toutes les deux dans le salon où elle s’est préparée… l’équipe est partie rejoindre les voitures, ses parents l’attendent en bas avec la belle voiture louée pour l’occasion… mais elle a 3000 trucs à porter dans ses bras ! (sacs, bouquets, plein de choses…), personne ne répond au téléphone pour nous prêter main forte, plus le temps.
Je lui propose de l’aider mais elle me regarde gravement : « Charlotte, je dois descendre les escaliers, tu dois porter ma traine ! »
« Mais je vais être la première à la porter, et si ça se trouve je ne pourrai pas photographier ton arrivée à la voiture auprès de ton père en même temps ! »
« T’inquiète, je suis très heureuse que ce soit toi qui la portes ».
La complicité avec mes clients et modèles, c’est le plus magique je pense.

Et donc j’en viens à mon pire souvenir de photoshoot… Je pense qu’il s’agit clairement d’un problème que j’ai eu avec une cliente assez récemment, qui est le reflet d’un problème d’échelle sociétale en écho à la sur-utilisation des réseaux sociaux, et le résultat d’une vision déformée qu’elle a d’elle-même, tristement. Elle avait apparemment beaucoup apprécié la séance de photoshoot avec moi, mais à la livraison de ses photos, elle m’a signifié qu’elle n’aimait pas le résultat (elle avait elle-même choisi ses photos et j’avais effectué une retouche modérée afin de sublimer sans altérer). C’était la première fois qu’une cliente se basait autant sur le résultat des filtres de type Instagram… elle voulait une retouche beaucoup plus poussée (choquante selon moi), ce qui a abouti à un second versionnage et un résultat qui ne lui ressemblait pas, qui ne ressemblait pas à la réalité, mais elle souhaitait se voir ainsi ma foi. Outre sa façon de demander des modifications qui s’était révélée irrespectueuse (mais ces comportements sont rarissimes fort heureusement), ce fut un vrai choc pour moi en termes de procédé.

Mais il y a très régulièrement des moments très mignons et très drôles aussi dans mon quotidien en photographie… Quand une cliente me demande candidement en regardant le preview d’une photo sur l’appareil en plein shoot « Là c’est retouché c’est ça ? » (si seulement ! haha), quand le chien pot de colle d’un client me réclame des câlins et m’empêche de travailler, quand je ruine mes chaussures avec plaisir en extérieur pour avoir un cliché spécifique pour un couple qui prépare les faire-parts de mariage…

Autant de moments de vie partagés, après tout ! Mais il y a plus de moments inoubliables que de moments à oublier, très clairement ! Et je remercie mes clients et équipes pour cela.

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Si tu devais faire découvrir un photographe peut être encore méconnu, et un seul, à BonPlanPhoto et à ses lecteurs, qui proposerais-tu?

Sans hésitation, Joris SOURIS. Il est le photographe résident et responsable du STUDIO CLOTIS de Lyon, formé par Etienne CLOTIS en premier lieu.
Joris a un regard unique… Il y a beaucoup d’émotion qui se dégage de ses images. J’aime énormément l’aspect plastique de ses créations. Car, quand il en a le temps, il mène des projets personnels remarquables avec beaucoup de recherche, une esthétique cohérente et définie, et toujours avec un travail de matière original.
C’est un insatiable qui maquille, dessine, sculpte, découpe, photographie, peint… Il peut assurer beaucoup d’aspects d’un même projet.
Il est sensible, talentueux, doux, et non seulement je suis très honorée de travailler régulièrement avec lui, mais également, j’ai hâte de voir ce qu’il nous réserve pour les années à venir.

Un dernier mot?

Merci beaucoup Gregory de m’avoir conviée pour cet entretien… J’aime le métier de photographe car c’est une profession profondément humaine et parce que mes jours dans ce domaine ne sauraient se ressembler (sauf parfois lorsque les calques Photoshop me font fumer le cerveau peut-être), et cet échange avec toi me permet une nouvelle fois de le souligner !

Tous droits réservés à Charlotte Poncin
Merci Charlotte

J’espère que tout cela vous aura donné envie de découvrir son travail. Bien évidemment si vous connaissez un photographe de talent, qu’il soit professionnel ou amateur, et  que vous souhaitez le faire découvrir à la communauté de Bon Plan Photo, ou si vous voulez vous même vous prêter au jeu de l’interview, il suffit de me contacter.

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