La Chasse à l’orage

Très en vogue dans l’Hexagone actuellement, la chasse à l’orage est une discipline qui apporte beaucoup d’adrénaline et demande un bagage technique photographique important.

[box type= »info » ]ATTENTION : Ceci est un exercice dangereux et je ne serai tenu pour responsable en cas d’accident. Nous avons à faire ici à des forces extrêmes et imprévisibles (pluie, vents, tornade et grêle). Toujours privilégier la sécurité à la photographie.[/box]

 Avant toutes choses il est très important d’étudier sont sujets, des notions de météorologie et de connaissance des orages sont impératifs. C’est de ces notions qu’en découlera une bonne sortie et un facteur chance accrue. Ne négligez pas cette étape très importante et surtout intéressante.

Qu’est ce qu’un orage ?

Je ne vais pas écrire ce qui a déjà été écrit, je vous invite à aller sur le site du centre d’étude et de prévision des orages français : http://www.keraunos….les-orages.html

 Il y a également pas mal de vidéos très instructives sur la toile comme celle-ci sur le site de nos amis belge : http://www.belgorage…ires-orages.php

Un gros cumulonimbus  (seul nuage à créer des orages) aspire en moyenne jusqu’à 700 000 tonnes d’air par seconde ! Il peut condenser environ 7600 tonnes de vapeur d’eau. Cette condensation libère de l’énergie… 19 millions de mégawatts ! Les plus gros nuages d’orage peuvent peser autour de 800 000 tonnes… 

Pour la foudre la plupart malheureusement se font en intra nuageux, pour le reste s’il n’est pas noyé dans les tombes d’eau nous aurons le droit à des impacts (ascendant ou descendant) au sol ou à des extra nuageux (appelé aussi spider).

Cumulonimbus et son enclume - Tous droits réservés à Arnaud Poncelet
Cumulonimbus et son enclume – Tous droits réservés à Arnaud Poncelet

Préparer une chasse à l’orage:

Maintenant que vous êtes un crack du coté théorique nous allons pouvoir nous préparer à une venue ou une chasse à l’orage.

Ceci est MA méthode, je manque encore d’expérience bien loin des spécialistes.

Tout se fait sur l’anticipation, les bulletins d’alertes sont publié quelques jours avant, c’est à cet instant que tout se décide pour vous. La plupart des infos je les récupère sur les bulletins météo, puis sur le site Keraunos et méteociel.[checklist]

  • Bulletin à 12 jours pour voir une éventuelle arrivée d’orage
  • Keraunos pour la carte et l’emplacement des alertes ainsi que leurs indices
  • Météociel et keraunos pour les modèles météos

[/checklist]

Très bien avec tout ça on va savoir à peu près ou aller (personnellement je reste sur la région pour l’instant). Il va donc falloir étudier la topographie des lieux pour repérer les différents lieux accessible et de replis et qui donnerons des belles images (oui on y va pour de la photo ne l’oublions pas) soit en plaine soit des points de vue en hauteur (si si en hauteur).  Votre chasse se fera en voiture, ne vous aventurez pas loin d’elle, au bord de ruisseau ou à la croisée de chemin qui peuvent devenir des torrents en quelques minutes.

Au niveau du matériel, si vous rester chez vous pour photographier :[checklist]

  • Boitier photo (privilégier la tropicalisation ou protéger le de la pluie)
  • Objectifs privilégier UGA pour les plans rapprochés ou GA tropicalisé de préférence
  • Un trépied bien stable (il y a toujours du vent)

[/checklist]

Si vous souhaitez photographier dans un endroit bien précis en pleine nature:[checklist]

  • Une voiture avec le plein et en bon état
  • Un téléphone chargé (3g/4g si possible) et si possible Ordinateur portable ou tablette
  • Une carte routière
  • Une radio portative (détection d’éclair et frappe imminente de foudre sur votre secteur)***
  • Un détecteur de foudre**
  • Vêtements chaud, rechange etc…
  • Nourriture et boisson
  • Trousse de premier secours

[/checklist]

** Seulement pour les orages diurnes

*** La ionisation produit un chaos électromagnétique se traduisant par un grésillement soutenu et intense sur la petite radio portative. Ces grésillements sont la preuve que vous vous situez dans la zone d’impacts imminents et que la fuite s’impose immédiatement. Réglez sur AM entre 150 et 300khz.

Pourquoi un téléphone 3g ou ordi portable et tablette ? Tout simplement pour suivre en direct les impacts de foudre, radar de pluie et divers informations de ce qui se passent. Je vous conseille l’appli meteociel.

Le jour J :

C’est l’heure, prévenez aux minimum une personne du secteur chassé. Rendez-vous sur le lieu/secteur préalablement désigné lors de votre préparation. Vérifiez constamment les radars (quand on capte) pour soit éviter la grêle et les fortes pluies ou bien si l’orage change de cap ou s’affaiblit. Il faut être très réactif et être constamment sur le qui-vive, tout anticiper, la situation peut très vite évoluer, c’est de vos choix que dépendrons une bonne chasse et surtout en sécurité. Sur place l’orage arrive, regarder attentivement son évolution. Sortez le matériel, protégez le s’il n’est pas tropicalisé et c’est parti.

Les réglages :

Nous ne parlerons ici que des orages nocturnes.

Mode M impératif + RAW

On peut utiliser 2 boitiers avec différents objectifs pour couvrir plus d’angle ou détails, mais le tout débraillé et réglé sur l’infini. Selon la fréquence des impacts de foudre il vous faudra adapter la vitesse d’ouverture, mais quoi qu’il arrive nous seront en pose longue. Le tout sera de pouvoir capter un éclair, ne pas le surexposer et tenté d’avoir des détails dans les nuages et le sol. Je varie donc mes temps d’expo entre 2 et 30s. Je varie ensuite l’ouverture et les iso selon ma convenance et surtout la violence des impacts et la distance de l’orage.

Lorsque l’orage est lointain, le diaphragme est bien ouvert, ne pas hésiter à descendre entre F/2.8 et F/4.  Lorsque les éclairs sont distants, tout comme pour le soleil au coucher, la couche atmosphérique ne laisse passer que la partie rouge du spectre.

Cellule orageuse - Tous droits réservés à Arnaud Poncelet
Cellule orageuse – Tous droits réservés à Arnaud Poncelet

Progressivement, l’orage se rapprochant (10 à 20 kms), la luminosité des éclairs est plus forte. Les tons deviennent bleu ou violet, selon la composition de l’atmosphère (pluie, grêle ou particules). Il est temps de fermer le diaphragme à des valeurs comprises entre F/4 et F/7.1.  Il s’agit d’une étape intéressante, puisqu’il est possible de travailler ses compositions au grand angle, ou de zoomer et se concentrer sur l’aspect électrique du phénomène.

Impact mêlé a la pluie - Tous droits réservés à Arnaud Poncelet
Impact mêlé a la pluie – Tous droits réservés à Arnaud Poncelet

Enfin, lorsque l’orage est proche, ce sont les éclairs qui exposent le paysage. Le diaphragme doit être fermé pour éviter la surexposition du canal électrique, entre F/7.1 et F/13 (dans ce dernier cas vous êtes au contact…). Pour compenser la fermeture du diaphragme et augmenter ses chances de capturer des éclairs, il est préférable d’augmenter également le temps de pose, jusqu’à 30 secondes.

Focale: elle résulte d’un choix personnel. Selon que l’on recherche une ambiance orageuse ou l’éclair lui-même. Si l’atmosphère n’est pas limpide, une focale trop longue n’est pas souhaitable. Lorsque l’orage se profile, les structures nuageuses sont de toute beauté et l’on peut tirer parti de cette ambiance particulière pour obtenir des atmosphères dramatiques, des focales moyennes ou courtes feront parfaitement l’affaire. Si l’orage est lointain mais très électrique, pourquoi ne pas tenter un zoom sur la partie la plus active ? (70-100 mm).

Tout est question de filin et d’observation. Imaginez juste que vous avez un gros flash qui va vous arriver aléatoirement (ca tombe n’importe quand et n’importe où, pas toujours devant l’objectif) et que vous souhaitez l’immortaliser…tout en essayant de faire une belle photo… de faire LA photo.

Pour le déclanchement, j’appuis sur le déclencheur à chaque fin de PDV, il y a beaucoup de déchets, mais je préfère jeter une photo que de louper un superbe impact descendant avec de belles ramifications.

Conseil : Avant d’appréhender les orages, allez d’abord vous exercer à la photo nocturne de paysage cela vous aidera beaucoup.

Traitement :

J’utilise Adobe lightroom pour mes traitements, au cas par cas je peaufine la balance des blancs, le contraste, les tons clairs et foncés, j’ajoute de la clarté et un débruitage si besoin. J’essaie souvent d’avoir un éclair bien net sans halo lumineux autour et faire apparaître le paysage. Je recherche la photo d’ambiance et non d’avoir juste la foudre.

En conclusion :

La photographie d’orage est une discipline photographique intéressante et fascinent qui demande beaucoup de préparation et de connaissances météorologique ou photographique. Une maîtrise totale de son boitier. Mais des résultats pour le moins extraordinaire avec l’expérience et des souvenirs intarissables.

Je rappelle que l’euphorie et l’adrénaline peut vous pousser à vous rapprocher dangereusement, c’est à vos risques et périls, soyez constamment sur vos gardes, respecter le code de la route, ne vous garer pas n’ importe où surtout si vous êtes seul.

Merci d’avoir suivi cet article et j’espère vous avoir éclairé (sans mauvais jeu de mot) sur la photographie d’orage. Je ne me pose pas en spécialiste mais juste comme photographe averti qui a encore beaucoup à apprendre, le matériel ici faisant beaucoup, mes futurs chasses se feront avec du full frame bien plus a même de répondre à mes attentes que mon précédent matériel.

Il y a des passages non développés que vous pourrez retrouver sur les liens qui suivent.

Les liens utiles :

http://www.keraunos.org/

http://www.meteociel.fr/

http://www.belgorage.com

http://www.chasseurs-orages.com/

Arnaud PONCELET

Arnaud PONCELET, informaticien de métier j’ai toujours baigné dans la photographie. Autodidacte, je me forme via les forums, articles et livres. En 2012 je crée ma Micro Entreprise de photographie et vidéo, une nouvelle aventure pour moi qui demande de nouvelles compétences. En novembre 2013 je lance Ard’N’ature, un projet plus personnel.

3 pensées sur “La Chasse à l’orage


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    27/02/2014 à 16 h 26 min
    Permalink

    La chasse à l’orage est une grande risque tant pour l’appareil, et tant pour le photographe à mon avis mais avec des astuces et conseils que vous nous donnez on a tant de chance à réussir cette activité.

    Répondre
    • 27/02/2014 à 20 h 41 min
      Permalink

      Bonjour jean,

      En se tenant à bonne distance et en suivant bien les radars ( pluie, grêle etc.. ) nous réduisons les risques, mais pour cela il est important de bien se documenter avant tout. De même la tropicalisation des boîtiers et objectifs sont de plus en plus répandu, un trépied bien lourd pour éviter les chutes dus au vents également est un gros plus pour la sécurisation du materiel.

      Répondre
  • Ping :Prendre son temps avant de déclencher! | BonPlanPhoto

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