Test du logiciel PhotoDirector 9

Cyberlink, société taiwanaise spécialisée dans le traitement photo et vidéo grand public, signe le neuvième opus de son logiciel PhotoDirector phare de traitement d’image. Il se veut un outil complet permettant le catalogage et la retouche. Il existe en deux versions, une version Deluxe et une Ultra. Une version combo est également proposée réunissant PhotoDirector 9 et PowerDirector 16. Il s’inscrit comme un challenger possible de grands noms sur ce créneau même si sa philosophie reste portée sur un registre de facilité d’utilisation pour le grand public.

Cette version présente comme principales nouveautés le traitement des images enregistrées par des caméras en 360° et la création de cinémagraphes.

Mise en place du logiciel

Après avoir téléchargé les 360 Mo du logiciel, l’installation ne présente pas de particularités. Elle s’effectue sous Windows 10 comme la plupart des logiciels. Après quelques clics d’autorisation d’installation et l’acceptation du contrat de licence utilisateur final (CLUF) le logiciel s’installe relativement rapidement et crée une icône sur le bureau facile à repérer. Lors du premier lancement, le logiciel demande d’entrer la clé d’activation sans quoi l’on passe en mode essai 30 jours.

Pour ceux qui utilisent déjà Adobe Lightroom, ils ne seront pas dépaysés. Cyberlink a eu la bonne idée de reprendre (copier ?) l’interface et la plupart des outils de ce fameux logiciel. Du coup son appropriation n’en sera que plus aisée. Certaines terminologies diffèrent légèrement, mais cela reste très facile à comprendre. Pour les débutants la plupart des fonctions peuvent être guidées donc pas de panique. De plus, le menu d’aide offre un lien direct vers DirectorZone ou l’on trouve de nombreux tutoriels vidéo.

Compréhension et utilisation du logiciel

J’utilise Adobe Lightroom depuis sa version 2, j’ai donc été agréablement surpris de constater que PhotoDirector s’inspire largement de son illustre concurrent. En effet, à l’instar de Lightroom et de beaucoup d’éditeurs photo, PhotoDirector scinde en différents modules son interface qui pourrait correspondre au workflow d’un photographe.

Le module « Bibliothèque »

Le module « Bibliothèque » permet l’importation et le catalogage des photos. Il est divisé en deux onglets. Un onglet principal intitulé « Projet » et un onglet secondaire regroupant les différentes métadonnées.

Dans l’onglet projet, on retrouve l’arborescence des répertoires où sont stockés les images (Dossiers), les collections dynamiques, les albums, balises et visages. Ces deux dernières fonctions existent sur Lightroom, mais la manière de les présenter dans PhotoDirector est plus pratique. La notation des images peut s’effectuer suivant différents critères (rejeté/retenu, étoiles, libellés). On n’est là encore absolument pas dépaysé.

Les projets fonctionnent comme des catalogues et sont indépendants les uns des autres. La gestion de la bibliothèque dans son ensemble devient problématique. Car chaque marquage ou balise inscrits dans un projet ne sont pas accessible depuis un autre projet. Il n’est également pas possible de faire des recherches multicritères à partir des balises sans créer (peut-être) un projet spécifique à cet effet. Ce n’est en soi pas problématique pour quelqu’un qui traite juste ses photos de famille et de vacances. En revanche, pour un professionnel accumulant une masse importante d’images cela peut être une vraie contrainte.

Le module « Métadonnées » regroupe l’ensemble des informations que l’on peut insérer dans une photo. On trouve les EXIFS, IPTC et Balises. Les EXIF sont les données inscrites par l’appareil lors de la prise de vue. Elles ne sont pas modifiables. Les IPTC regroupent toutes les informations sur la photo et son auteur. Ces informations sont personnalisables et peuvent être définies dès l’importation soit manuellement soit via un profil IPTC déjà enregistré.

Les « Balises » sont les mots clés qui permettent de différencier les images et d’améliorer le catalogage. On va les retrouver dans la partie « Projets » dans le sous-module « Balises ».

Le module « Réglages »

Le module réglages regroupe d’une manière très complète l’ensemble des outils nécessaires pour développer ses RAWs. On trouve des outils pour le traitement global de l’image et d’autres pour la retouche locale (régionale).

Concernant le traitement global, les différents sous modules reprennent les outils que l’on peut retrouver sur la plupart des éditeurs. Le sous-module correction de l’objectif n’a cependant encore que très peu de profils reconnus. Deux nouveautés par rapport à la version 8 apparaissent ici, la correction de voile qui supprime le brouillard et rééquilibre la tonalité et les contrastes et, la suppression des franges qui corrige les aberrations chromatiques.

Les outils de réglage régional là encore sont assez classiques. Les outils de masquage sont efficaces avec en particulier un pinceau de sélection qui une fois maîtrisée remplis très bien son office.

Un second onglet dans ce module regroupe quelques réglages prédéfinis (ou preset). Il est possible d’en télécharger sur DirectorZone ou de créer ses propres réglages. Personnellement, je ne trouve par les réglages par défauts très intéressants, seule la partie permettant de les créer a vraiment un intérêt.

Le module « Modifier »

À partir du moment où l’on a fini le développement des RAWs et que l’on attaque la retouche plus complexe le logiciel signale qu’une copie virtuelle est créée. On reste là aussi dans une logique d’édition de photo en mode non destructif, héritée sans doute de ce qui se fait ailleurs. Le module « Modifier » concentre des outils plus ou moins créatif ou ludique voués à retoucher ou modifier vos photos.

Il voit l’apparition d’un sous module « Éditeur photo 360° » permettant le traitement de photos prises avec des caméras 360°. Il est possible très simplement de redresser des images, de supprimer un trépied trop apparent. On peut aussi via ce module créer des « Little Planet » et des panoramas à 360°.

On retrouve les différents sous-modules déjà présents dans la version précédente destinés soit à de la retouche soit à l’application d’effets.

Le module « Calques »

Comme son nom l’indique, le module « Calques » va permettre l’application et la manipulation de calque sur une image. Différentes options sont possibles, soit l’application d’une image préexistante soit d’un calque vide voit d’un calque préréglé. Le choix de préréglage par défaut est restreint, mais il possible d’en trouver un large choix sur DirectZone.

Sur ces calques, il est possible d’appliquer des effets et des réglages. Cependant, l’absence de masque de fusion limite considérable les possibilités offertes.

Le module « Créer« 

C’est dans ce module que l’on va trouver outre la possibilité très limitée de faire des diaporamas, les nouvelles fonctions de Gifs animés et de cinémagraphe (Motion Still). Fort heureusement, ces fonctions sont assistées, car ce n’est pas intuitif surtout dans le cas du Motion Still. Un peu de pratique et un choix pertinent de ses vidéos sont nécessaires.

Le module « Imprimer »

Je passe rapidement sur ce module qui, on s’en doute, permet de gérer les impressions. Différents paramétrages permettent de personnaliser son impression.

Etude de cas
Première étude

J’ai décidé d’utiliser PhotoDirector pour la retouche d’un portrait à partir d’un Raw. J’utilise du matériel Fujifilm. J’ai un boîtier X-T2 et pour cette photo j’ai utilisé le superbe 56mm f1.2. Je précise cela, car les RAWs Fuji sont particulièrement difficiles à développer et même les grands noms comme Lightroom n’arrive pas à exploiter correctement le plein potentiel de ces fichiers.

Je passe au module réglage ou je vais appliquer les premières corrections. Généralement je commence par régler l’exposition les tons clairs et foncés et la clarté. Le fichier est déjà propre et ne demande que peu de modifications à ce stade. En examinant le fichier, je trouve que PhotoDirector ne s’en tire pas trop mal pour développer les RAWs Fuji peut-être même mieux que Lightroom. J’ajoute tout de même un peu de netteté pour augmenter la sensation de piquet de l’image. A présent j’utilise l’outil de suppression des tâches pour retirer les imperfections les plus visibles. Cet outil a du mal à supprimer les tâches, il faut systématiquement vérifier s’il positionné le patch sur une zone saine.

Je continue par le module « Modifier » et son sous-module « Embellisseur de personne ». Ensuite je vais essayer tous les outils dans l’ordre dans lequel il se présente. Et je commence par l’outil visage. Les différents réglages doivent se faire quasiment à minima si l’on veut que les retouches soient réalistes. Après quelques tâtonnements on y arrive très bien et cela se révélé assez efficace. Je continu ma retouche par l’outil peau. Il permet d’adoucir la peau en conservant la texture. Là encore il faut jouet de subtilité dans le réglage pour ne pas se retrouver avec une poupée de cire. On peut modifier aussi le ton de la peau. Il faut au préalable créer un masque pour que la modification n’affecte que la zone que l’on désire changer.

Enfin l’outil modeleur de corps permet, à l’instar du filtre « liquéfier » de Lightroom, de corriger la silhouette. Dans ce cas je n’en ai pas eu besoin.

Seconde  étude

J’ai choisi de prendre un paysage marin. J’entame toujours mon édition par l’exposition générale de la photo et les tons clairs et foncés. Je vais utiliser dans ce cas un des préréglages par défaut que propose PhotoDirector. J’utilise le préréglage « Brillant et vif ». Comme je l’ai écrit plus haut les préréglages manquent de subtilité. Ils sont trop violents dans les modifications.

Je reprends donc un à un les curseurs pour redescendre le tout à un niveau acceptable. Je finis par le sous-menu « Couleur » pour faire dériver les bleus dans des tons turquoise (c’est à la mode).

Ma conclusion :

Après un temps d’adaptation et quelques concessions sur certains manques, PhotoDirector se révèle un outil efficace pour le traitement de petite production. Au cours de son utilisation, j’ai pu constater quelques lenteurs en particulier pour l’affichage dans le module « Bibliothèque » et pour l’enregistrement des modifications. Il faut dire que je lui ai fait absorber une année de production (environ 30 K photos). Je cherchais une alternative à Lightroom, cela me semble un peu trop tôt pour me tourner vers PhotoDirector. Cependant, l’intégration de l’ensemble des outils d’éditions et les fonctions créatives qu’il propose en font un logiciel qui peut venir en appoint. C’est pourquoi je vais le laisser installer sur mon ordinateur. En revanche, pour celui qui traite peu de volume, je conseille cet outil qui, pour un prix abordable, propose tout ce qui est nécessaire pour l’édition des photos.

Points forts:

  • Le prix ;
  • Facilité d’utilisation ;
  • L’intégration de l’ensemble de la chaîne de production
  • Reprise des outils des éditeurs et de l’interface autres éditeurs ;
  • Les outils d’édition vidéo.
Points faibles:

  • La gestion globale de la bibliothèque de photos ;
  • Les préréglages peu subtils donc quasiment inutiles ;
  • Les lenteurs constatées dans le module «Bibliothèque »
  • Les fonctions limitées de la gestion des calques.
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Casimir Picconi

Photographe basé sur Marseille. Je me déplace facilement dans toute la France et ailleurs bien que l'essentiel de mon travail se fasse en Région PACA. Je suis un photographe portraitiste, mais pas seulement. Je suis un vrai photography's addict. J'aime non seulement faire des photos mais je me passionne aussi pour le travail de mes talentueux confrères. Je cours les expo et passe beaucoup (trop) de temps à regarder se qui se fait en matière de photographie. J'aime qu'il y ait une dimension humaine dans mes photos. C'est sans doute assez banal, mais j'essaie de capter une part d'âme de mes modèles. Je suis toujours en recherche et un éternel insatisfait. La citation qui m'inspire est celle de Saint-Exupéry : "On ne voit bien qu'avec le cœur, l'essentiel est invisible pour les yeux".

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