Test du SIGMA DP2M

Sous ses airs d’appareil tout simple, il cache bien son jeu et se révèle être tout le contraire d’un appareil « tout simple ».

La qualité d’image est au rendez-vous, sans l’ombre d’un doute : avec 3 couches de 15 millions de pixels, sur les 3 canaux rouge/vert/bleu, les photos ont une richesse de nuances incroyable. L’absence de traitement du signal lumineux façon matrice de Bayer implique une netteté des détails à toutes épreuve. Vous aurez le loisir de recadrer à volonté vos images, le recadrage sera toujours net et précis, vous permettant ainsi de recomposer vos créations.

Possesseur d’un Sd15, je ne peux que constater l’évolution du couple objectif/capteur et l’amélioration du rendu global.

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Il s’agit cependant d’un appareil photo à ne pas mettre dans les mains du premier venu ; d’une part sa focale fixe demande une approche de son sujet différente de la même approche avec un objectif doté d’un zoom. La photo aux focales fixes demande un minimum de connaissance des règles de composition : le débutant a tendance à zoomer pour cadrer son sujet, ici il faudra s’approcher et tourner autour.

D’autre part, les performances techniques « pures » (vitesse de l’auto focus, réactivité, vitesse d’enregistrement) ne sont pas là pour casser tous les records. Ce qui compte c’est la qualité de l’image et le rendu final. Les moyens d’y arriver ce sont une autre chose.

Le mode « vert », cher à ceux qui démarrent la photo numérique, est absent ; il faut passer par les traditionnels modes P, S,A,M.

L’appareil va à l’essentiel, toutes les touches ont un rôle bien précis ; son air dépouillé va dans le sens de la philosophie de Sigma : pas de signes extérieurs de richesse, c’est à l’intérieur que tout se passe.

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Sigma DP2 Merrill

Les caractéristiques techniques du SIGMA DP2M

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  • Capteur pleine couleur Foveon X3 Merrill de 46 millions de pixels
  • Objectif 30mm F2.8 avec bague de mise au point de type « reflex »
  • Grand écran ACL confortable de 3.0” TFT (920 000 pixels)
  • Balance du blanc: 8 types (Auto, Soleil, Ombre, Couvert, Incandescent, Fluorescent, Flash, Personnalisée)
  • Mode de mesure: Mesure évaluative, Mesure moyenne pondérée centrale, Mesure spot
  • Vitesse d’obturation: 1/2000 – 30sec.
  • Sensibilité: AUTO (200ISO-800ISO) , 100ISO, 200 ISO, 400 ISO, 800 ISO, 1600 ISO, 3200 ISO, 6400ISO
  • Format des données d’image: JPEG
  • Système de réduction des yeux rouges: Oui[/checklist]

Prise en main

L’appareil est lourd, vous le sentez bien dans la paume de la main. Ce n’est pas le petit compact en plastoque d’entrée de gamme : ici on est dans la cour des grands et il n’y a pas la place pour des gadgets inutiles, couteux et qui délivrent des images médiocres.

Cette sensation de robustesse vous accompagnera tout au long de vos excursions photo : on sort l’appareil pour prendre le temps de cadrer, de viser, de composer les lignes de force de votre photo. La lenteur, parfois avouons-le, un peu agaçante d’enregistrement des images en format natif X3F (le raw de Sigma), n’est pas un problème majeur en soi : il ne s’agit en aucun cas d’un appareil destiné au reportage sportif.

C’est un appareil pour ceux qui aiment prendre le temps de peaufiner les réglages avant de déclencher, c’est aussi simple que ça. Si ce qui compte, à la fin, c’est le rendu qualitatif de l’image, le photographe sera récompensé lors de l’ouverture du fichier devant son ordinateur.

En Jpeg, bien évidemment, les images sont enregistrées plus rapidement et elles gardent toujours une excellente dynamique pour réaliser des retouches en post production ; ne soyons pas des « aficionados » des raw en toutes circonstances. Le format Jpeg est un format d’excellente qualité, facile à passer d’une boite mail à l’autre et pratique. Il ne faut pas non plus jurer que pour le raw : s’il n’y a pas de besoins de retravailler ses photos, l’utilisation du format raw ne se justifie pas…

Les commandes sont bien pensées et facilement accessibles : comme souvent, il faut un temps d’adaptation, puis tout roule facilement.

Mention « très bien » aux menus des paramétrages : certains autres constructeurs nippons devraient s’en inspirer pour proposer une interface aussi agréable.

L’écran arrière offre une belle résolution.

Sigma DP2 Merrill
Sigma DP2 Merrill

La prise de vue

Je regrette le manque d’un viseur optique, mon habitude avec un reflex n’est pas prête de changer. Ceci dit, il existe en option. Les traditionnels modes de prise de vue P,S,A,M sont secondés par deux modes personnalisables.

Sigma DP2 Merrill
Sigma DP2 Merrill

Si le Dp2 n’est pas un foudre de guerre pour l’enregistrement des fichiers raw en pleine résolution (50Mo quand même), on peut changer très rapidement certains paramètres de prise de vue : la touche Q ouvre un accès rapide à certaines fonctions, comme le mode de mesure (matricielle/pondérée/spot) ou la qualité de fichier à enregistrer. Ces options sont là encore personnalisables pour les adapter aux mieux à l’utilisateur.

Comme tous les appareils Sigma, les photos en basse lumière ne sont pas la tasse de thé du Dp2M ; là où d’autres marques font mieux, Sigma peine un peu au delà des 800 iso, le grain se faisant sentir un peu. A 3200 iso, pas la peine.

Par contre, lors de conditions de luminosité satisfaisante, l’appareil est imbattable et les photos très belles. La qualité de photo est telle que les recadrages peuvent aller de bon train, chaque pixel est d’une efficacité redoutable dans le rendu des détails et on peut cadrer à souhait ses photos sans craindre une perte de qualité quelconque.

Sigma DP2 Merrill
Sigma DP2 Merrill

Sigma DP2 Merrill
Sigma DP2 Merrill

Le logiciel Sigma Photo Pro

Pour les amateurs de noir & blanc, un vrai bijou ; pas besoin d’aller sur des logiciels spécifiques, les curseurs disponibles réalisent un travail magnifique et donnent la possibilité de bien travailler les nuances de gris. Les photographes travaillant sous Apple se tourneront sans dote vers la solution logicielle d’Iridient Developer, un logiciel très complet et le seul, à ce jour, à pouvoir lire les fichiers natifs de l’appareil.

Les utilisateurs Windows – ou dans tous les cas ceux qui souhaitent travailler les fichiers raw, devront passer par la sauvegarde sous format Tiff afin de garder la plus grande latitude pour les retouches avec Capture One, Lightroom ou d’autres logiciels similaires.

Sigma DP2 Merrill
Sigma DP2 Merrill

Le rapport qualirté/Prix du SIGMA DP2M

Aujourd’hui on le trouve entre 400 et 500 euros, en fonction des sites et des promos du moment. Une vraie affaire, compte tenu de la qualité des photos.

Les amateurs de photos en grand format, type A2, seront comblés par la netteté de chaque détail, une netteté brute de capteur, sans artefacts ni liserés disgracieux d’une accentuation poussée au bout.

Les photographes de paysages devraient toujours l’avoir dans leur sac photo…

Sigma DP2 Merrill
Sigma DP2 Merrill

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Points forts:

  • Sa prise en main
  • Mention très bien aux menus
Points faibles:

  • Le logiciel maison
  • Lenteur d’enregistrement des images

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Giorgio Paparelle

Giorgio PAPARELLE, photographe amateur, architecte de formation, je suis un pur autodidacte. J’ai commencé à m’intéresser à la photo un peu par hasard; à mes débuts j’utilisais des compacts puis j’ai été attiré par les reflex et les possibilités offertes en termes de contrôle de chaqueparamètre en fonction de la veine créative du moment.

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