Interview de Jonathan Lhoir

Aujourd’hui je vous propose de découvrir encore un photographe de talent, et c’est Jonathan Lhoir qui se prend au jeu et qui a accepté de répondre à mes questions.

Si vous voulez suivre le travail de Jonathan Lhoir, vous pouvez le retrouver:[checklist]

Interview de Jonathan Lhoir

Tous droits réservé à Jonathan Lhoir
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Bonjour Jonathan,

Peux-tu te présenter en quelques lignes, comme photographe, mais pourquoi pas sur ta vie en dehors de la photographie ?

J’ai grandi au milieu des forêts belges dans lesquelles j’ai fait mes études de garde forestier. C’est un biotope que j’affectionne particulièrement et dont j’ai besoin. En grandissant j’ai varié ma vision et mon approche de la nature.  Mes premiers contacts étaient surtout axés vers la gestion sylvicole puis rapidement la passion pour l’entomologie, l’ornithologie et bien d’autres disciplines liées à la nature m’ont amenées à parcourir la nature à la recherche des insectes et autres animaux qui peuplent  cet enchevêtrement de biotopes.

J’ai ensuite travaillé pour le projet européen Natura 2000 pendant lequel j’ai développé mes compétences en phytosociologie, détermination des habitats naturels et compréhension du fonctionnement des écosystèmes. Depuis quelques années, j’aborde la nature avec l’œil du photographe. Bénéficiant de mes compétences naturalistes, j’utilise ces dernières pour trouver mes sujets et laisser libre cours à mon imagination pour les mettre en valeur d’une façon plutôt artistique.

Peux-tu nous présenter ton matériel photo, et quel est celui qui t’est le plus précieux?

Je suis équipé en matériel Canon. Toujours fidèle à cette marque depuis mes débuts en 2005, j’ai toujours été très satisfait des résultats que je réussissais à obtenir. Même si le matériel est important, je suis plutôt partisan de l’adage «on ne photographie bien que ce que l’on connait bien». C’est pour ça que je privilégie les compétences naturalistes et l’expérience plutôt que le matériel dernier cri.

Certes, il ne faut pas se voiler la face et admettre que les évolutions techniques permettent de plus en plus de chose dans le domaine de la photographie mais ces dernières ne peuvent pas encore vous aider à combler le manque de connaissances et d’expériences vis-à-vis de votre sujet photographique… Et c’est très bien comme ça !

L’essentiel réside également dans le fait de bien connaitre son matériel et d’avoir du matériel adapté à ses propres besoins. Les choix sont innombrables et chaque photographe privilégiera des optiques et les boîtiers liés à ses réels besoins photographiques. Personnellement, je prends beaucoup de temps avant d’investir dans une nouvelle optique ou un nouveau boitier.

Tous droits réservé à Jonathan Lhoir
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Racontes nous quand et comment tu as commencé la photo?

J’ai commencé la photographie en 2005. Jusqu’à cette époque, je n’avais jamais mis l’œil derrière un viseur. C’est en accompagnant régulièrement sur le terrain un ami, passionné de photographie animalière, qu’a germé l’envie de faire l’acquisition de mon premier reflex. Il faut dire que ce départ dans le monde de la photographie coïncide avec l’avènement du numérique, ce qui a largement contribué, facilité et motivé mon « insertion ». Etant naturaliste, je me suis naturellement tourné vers la photographie animalière et de nature.

Qu’est ce qui te fascine dans la photographie nature ? Et qu’est ce qui te saoule?

Pour ma part, j’apprécie photographier la nature pour plusieurs raisons. Tout d’abord, c’est un moyen d’expression et un très bon support pour faire de la pédagogie et de la sensibilisation. Par le biais d’expositions, de publications, de stages photos, il est possible de faire passer des messages et de partager ses compétences. En fonction de la sensibilité et de l’intérêt de chacun, on peut apercevoir une prise de conscience plus ou moins grande et des changements comportementaux qui sont généralement en faveur de la nature.

Ensuite, pour photographier la nature, je ne vous apprends rien, il faut être dehors ! Ce qui correspond tout à fait à mon style de vie. C’est vital pour moi d’être à l’extérieur et d’y passer beaucoup de temps. Plus on passe de temps à l’extérieur plus on augmente ses chances d’observer ses sujets de prédilections, plus on découvre des choses que l’on ne connait pas, plus on apprend à décrypter et comprendre les éléments qui nous entourent. Je ne pense pas pouvoir fonctionner différemment,  j’ai besoin de ça. Et puis, il y a toujours quelque chose d’intéressant à observer même à quelques pas de chez soi. Nulles besoins de partir à l’autre bout de la planète pour trouver du plaisir et s’épanouir.

Jusqu’à présent la photographie nature reste pour moi un hobby. Je photographie par plaisir et sans contraintes. Il n’y a donc rien qui me dérange dans cette passion. Néanmoins, je pense que j’appréhenderai un peu de devoir/pouvoir en vivre. En effet, il y aurait une notion de « rentabilité » qui s’installerait spontanément et je trouve que cette notion est difficilement compatible avec la notion de plaisir. Cette notion pourrait également impacter la spontanéité et la créativité du photographe, chose que j’ai du mal à concevoir.

Etre libre de photographier ce que l’on veut et comme on le veut est certainement un luxe dont je ne veux pas me priver.

Tous droits réservé à Jonathan Lhoir
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Est-ce que ton travail est influencé par certains photographes?

Inconsciemment oui, très certainement ! J’aime regarder ce que les autres font, aller dans les expositions, feuilleter les bouquins,… Inévitablement l’œil emmagasine des informations. Par contre quand je suis sur le terrain, je n’essaye que très rarement de refaire ce que j’ai déjà pu voir. Quand ça m’arrive, c’est plus pour l’aspect instructif de la chose. J’apprécie photographier sans me poser de questions et laisser libre cours à mon imagination et à mes envies. Ça permet de développer un style personnel qui, de toutes manières, est en constante évolution.

Tous droits réservé à Jonathan Lhoir
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Si tu ne devais en retenir qu’une seule, peux-tu nous présenter ta photo préférée et nous raconter son histoire?

Ce n’est pas un exercice facile, dans un premier temps, j’aurais tendance à vouloir citer une photo d’un autre photographe. Mais ce n’est pas le but de la question… A brûle-pourpoint, je pense à une photo de forêt (ce qui me convient étant donné mes affinités avec ce milieu).

C’est une photo réalisée début de cette année en Pologne. J’étais en voiture avec un ami photographe et nous descendions vers le sud du pays depuis Varsovie. La route étant longue et profitant d’être passager, je me suis mis à prendre des photos depuis la voiture. Nous longions régulièrement des forêts de pins et d’épicéas. Désirant rendre l’effet de vitesse j’ai commencé à prendre des photos en pause lente. Le temps de trouver les bons réglages pour obtenir l’effet souhaité et il ne restait plus qu’à attendre le paysage propice. Plus loin sur le trajet il y avait des alignements de pins laissés debout le long de récentes coupes à blanc. La neige recouvrant le sol et le ciel étant gris, cette bande de pins ressortait assez fort dans le paysage. J’ai juste eu le temps de faire 2/3 clichés, dont celui-ci.

 

Tous droits réservé à Jonathan Lhoir
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Quelle serait la photo que tu aimerais faire?

Je ne pense pas qu’il y ait une photo que je souhaiterai faire. Pour moi, se focaliser sur l’envie de réaliser une photo particulière peut être un frein à la spontanéité et à l’envie du moment. Partant en vadrouille sans idées particulières, je sais néanmoins quel sujet j’ai envie de photographier. L’idée de photographier une thématique pouvant être représentée par une espèce ou un habitat me convient mieux. D’autant que l’on est vite confronté aux réalités du terrain et qu’il faut parvenir à s’en accommoder.

Selon toi quelles sont les qualités principales que doit avoir un photographe ?

En cohérence avec ce que j’ai pu dire plus haut dans cet interview, j’accorde beaucoup d’importance à la connaissance des sujets que l’on photographie. C’est certainement mon côté naturaliste qui influence ce point de vue. La photographie étant également un bon moyen pour s’intéresser à ce que l’on voit sur le terrain, il est enrichissant de se renseigner à posteriori sur ce que l’on a pu voir et que l’on ne connait pas. Il peut s’agir d’un animal, d’une plante, d’un habitat, etc. Renseignements pris, on pourra certainement être plus attentifs à certaines choses lors des prochaines sorties. De cette manière, nos connaissances augmentent et peuvent influencer considérablement les façons d’aborder un sujet.

Ensuite il faut rester passionné, exigent, méticuleux, critique, ouvert et prendre du plaisir quand on photographie. Je ne sais pas si tout ça peut être considéré comme des qualités mais pour moi c’est primordial si l’on veut parvenir à obtenir de bons résultats et réussir à faire passer un message ou une émotion à travers les clichés que l’on partage avec les lecteurs, le public ou tout simplement pour soi-même.

Tous droits réservé à Jonathan Lhoir
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Si tu devais conseiller un photographe à Bon Plan Photo et à ses lecteurs, qui proposerais-tu ? 

C’est une question difficile… car il y en a beaucoup ! Mais ma réponse va être largement conditionnée par les affinités que j’ai avec ce photographe puisque l’on s’est lancé ensemble dans l’organisation de stages photo nature dans le sud de la France depuis ce printemps. Je ne peux donc que vous conseiller d’aller découvrir le travail de Philippe Lebeaux! Spécialiste de la micro faune du sol et particulièrement des collemboles, il vous emmène dans un autre univers encore assez peu vu et connu !

Un dernier mot ?

Merci à  l’équipe de « bonplanphoto » pour m’avoir laissé exprimer mes idées et mon point de vue sur la photographie nature. J’ai pris du plaisir à répondre à ces questions ! Au plaisir de vous rencontrer lors d’un festival photo ou au détour d’un coupe-feu…

Tous droits réservé à Jonathan Lhoir
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Merci Jonathan.

Encore une fois un grand merci à Jonathan pour avoir accepté de se dévoiler un peu plus, j’espère que tout cela vous aura donner envie de découvrir son  travail, pour rappel vous pouvez le retrouver:[checklist]

Bien évidemment si vous connaissez un photographe de talent, qu’il soit professionnel ou amateur, et  que vous souhaitez  le faire découvrir à la communauté de Bon plan Photo, ou si vous voulez vous même vous prêter au jeu de l’interview, il suffit de me contacter

Gregory LAROCHE

J'ai créé bonplanphoto.fr en 2010 pour partager avec vous mes découvertes et petits trucs photographiques. N'hésitez pas à me contacter pour toutes propositions de projets ou partenariats.

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