Comment photographier une belle étoile solaire?

Elle était sublime. Une véritable étoile en plein jour. Avec de longs rayons fins qui faisait étinceler l’image. Elle illuminait la photo, on ne voyait qu’elle. Une étoile solaire.

Depuis ce jour où je l’ai vue pour la première fois, j’ai voulu en savoir plus sur elle. J’avais bien lu ici et là quelques trucs à son sujet, mais à chaque fois que j’essayais avec mon appareil, elle ne voulait pas apparaître. Enfin, elle n’était pas aussi belle que je l’aurai voulu…

Il me manquait toujours quelque chose, mais ça, je ne l’ai compris que plus tard. Il n’y a pas de recette miracle pour la créer, mais il existe une recette quand même. Pour mettre toutes les chances de votre côté, vous devez être certain d’avoir TOUS les ingrédients sous la main. Sinon… sinon, vous prenez le risque de passer à côté.

Ce serait vraiment dommage, parce que parfois, c’est elle qui fait la photo. Alors comme en cuisine, pour faire un bon gâteau, il nous faut de bons ingrédients.

Tous droits réservés à Stef Kocyla

Le bon matériel

Parlons un peu technique avant de voir les autres ingrédients pour faire une belle étoile solaire. Parlons ouverture, diaphragme, lamelles et diffraction. Donner de beaux rayons à votre étoile va dépendre, en partie, de votre objectif. Ou plutôt de l’ouverture à laquelle vous prendrez la photo.

On a l’habitude de dire qu’il faut utiliser une petite valeur d’ouverture, du style f/16, et c’est vrai. En partie, je vous explique ça tout de suite. Mais ce n’est pas un pré requis. Certains ont déjà réussi de belles étoiles à f/11, mais cela dépend aussi d’autres facteurs, comme le niveau de maîtrise de la technique et la qualité intrinsèque de l’objectif. Essayez des ouvertures allant de f/16 à f/25, cela devrait suffire.

Mais qui dit petite ouverture, dit aussi vitesse potentiellement plus lente (en fonction de la luminosité ambiante). Prévoyez un trépied ou une montée dans les ISO si vous photographiez à main levée.

Comme vous le savez, le diaphragme est composé de lamelles, et plus votre objectif compte de lamelles, plus il est de qualité (vous le saurez en lisant les caractéristiques de votre objectif). C’est ce qui va déterminer la forme de votre étoile. En fait, les lamelles forment une iris qui constitue l’ouverture du diaphragme.

La lumière qui va entrer par cette ouverture sera diffractée par les bords de chaque lamelle. Le nombre de lamelles va déterminer le nombre de rayons. Il y a un nombre pair de lamelles ? Vous obtiendrez le même nombre de rayons. Leur nombre est impair ? Vous obtiendrez deux fois plus de rayons.

Pourquoi? Parce que chaque bord de lamelle produit deux rayons diamétralement opposés. Si le nombre est pair, les rayons vont se confondre alors qu’avec un nombre impair, ils ne vont pas se confondre, les bords n’étant pas parallèles… Dans mon cas, mon objectif possède neuf lamelles, j’obtiendrai donc une étoile à dix-huit rayons!

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D’une manière générale en photographie, on essaye d’éviter cette diffraction, en évitant les plus petites ouvertures. La diffraction cause une détérioration de la qualité visuelle de l’image. À une ouverture f/16, la diffraction n’est pas encore très importante, mais elle est suffisante pour créer notre fameuse étoile ! Voilà pourquoi f/16…

Enfin, le type d’objectif qu’il faut utiliser va être important, mais ça, c’est plus une question de goûts… Je trouve que les plus belles étoiles sont créées avec des objectifs grand angle. Le soleil sera plus petit et donc l’effet sera plus joli. La proportion de l’étoile dans l’image ne sera pas non plus démesurée.

Les bonnes conditions météo

Pour faire une belle étoile solaire, il faut…un beau soleil ! Ça paraît bête à dire, mais je vous assure que cela mérite que l’on s’y attarde deux minutes. Vous aurez très peu de chances de faire une étoile si le soleil est voilé par une brume, ou légèrement caché par des stratus. L’humidité dans l’air va être votre ennemi. Privilégiez les belles journées où l’air est bien sec, le vent n’est pas un problème, bien au contraire, il peut chasser l’humidité.

Ensuite, vous choisirez les levers et les couchers de soleil. Non seulement vous bénéficierez de la meilleure lumière, mais vous aurez besoin d’un soleil bas sur l’horizon pour des raisons de techniques de prises de vue. Enfin, prévoyez une paire de lunettes de soleil. Attention les yeux ! Vous le savez, mais le je répète parce que dans le feu de l’excitation, on oublie parfois les règles les plus élémentaires, mais regarder le soleil en face est dangereux…

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Les bonnes techniques de prise de vue

Entrons maintenant dans le vif du sujet : comment fait-on ? Comme nous l’avons vu plus haut, il faut choisir une petite ouverture, allez, au hasard f/16 ! Donc, n’utilisez que le mode Priorité à l’ouverture ou le mode Manuel. Vous avez installé votre trépied, mais vous n’avez pas encore mis votre appareil dessus. Il faut d’abord choisir le bon endroit. Cette étape est super-importante.

Tout l’art consiste à trouver un élément du paysage qui va bloquer partiellement la lumière du soleil. L’étoile sera encore plus prononcée, parce que la lumière sera déjà déviée avant d’atteindre le capteur. Pour trouver le bon endroit, j’ai un truc tout bête : je plisse légèrement mes yeux et j’observe ce que je vois. Si des petits rayons apparaissent, alors la position est bonne. Les branches des arbres font de très bons obstacles, les crêtes et les sommets des montagnes aussi. En fait, n’importe quoi peut faire l’affaire…

Avec un peu de pratique, vous pourrez comme moi prédire les endroits propices à la création d’une étoile solaire. Arrivez bien avant le lever du soleil pour repérer les lieux…

À présent, vous pouvez fixer votre appareil sur le trépied. Plusieurs possibilités s’offrent à vous en matière d’exposition. Comme vous allez photographier directement une source de lumière, il est préférable d’être prudent.

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Je recommande TOUJOURS de shooter avec l’histogramme. Sous-exposez la scène. Ainsi, vous préservez un maximum de hautes lumières dans le ciel, et vous pousserez un soupir de soulagement au post-traitement. Pensez à utiliser la compensation d’exposition. Faites du bracketing. Prenez plusieurs expositions de la même scène, vous fusionnerez les images au post-traitement. Trépied obligatoire.

Faites deux expositions : l’une pour le ciel et l’autre pour le sol, vous empilerez les deux images au post-traitement. N’utilisez pas de filtre spécifique, un filtre ND 2 ou 3 stops peut être utile en fonction de la luminosité ambiante. Maintenant, il faut tester, tester jusqu’à ce que vous la voyez apparaître sur votre écran.

Cela peut prendre un certain temps. J’ai parfois pris beaucoup, beaucoup de shots pour en réussir un seul. Je me souviens d’une fois, en forêt, où les branches bougeaient beaucoup à cause du vent, je devais me déplacer sans cesse pour que toutes les conditions soient réunies !

Le bon post-traitement

Quand c’est dans la boite, ce n’est pas fini. Selon votre méthode d’exposition, il faudra plus ou moins traiter l’image. Si vous avez réalisé une simple sous-exposition, je dirais que le travail va consister à équilibrer la luminosité dans l’image. Débouchez les ombres, éclaircissez les zones sombres, mais tout doit rester harmonieux. L’avantage, c’est que cela demande souvent un peu moins de travail que les autres techniques d’exposition, mais après, tout est une question de sensibilité et de goûts…

Si vous avez fait un bracketing d’expositions, un logiciel tel que Lightroom permet de fusionner les images dans un HDR. C’est pratique, mais ça ne veut pas dire que vous devez arrêter le travail ici. En général, je désature un peu les couleurs, et je règle la balance des blancs. J’utilise très rarement cette technique.

Avec l’empilement d’expositions, c’est un peu différent du bracketting. Le jeu consiste à empiler les images dans Photoshop, puis d’effacer la partie du masque dont l’exposition n’est pas correcte. Je préfère cette technique, que j’utilise aussi dans certaines de mes poses longues.

Enfin, après avoir réalisé les corrections qui s’imposent et ajouté votre touche personnelle, je vous recommande une petite astuce, dans Lightroom. Sélectionnez le pinceau de retouche, agrandissez le cercle à la taille de l’étoile (rayons à moitié compris), puis ajustez la clarté. Vous pouvez aussi essayer de jouer avec la correction du voile (mais avec prudence, cet outil est très puissant et agit sur d’autres variables, comme la saturation).

Encore une fois, tout doit rester harmonieux.

Conclusion

Je ne l’ai pas mentionné dans l’article, mais vous pouvez en créer une avec toute sorte de source lumineuse directe, y compris l’éclairage artificiel la nuit. Créer une étoile solaire n’est pas très compliqué en soi. Vous avez besoin d’un soleil, d’un appareil reflex, et de quelques techniques de prise de vues.

En revanche, réussir une belle étoile solaire n’est pas si évident. Plus ses rayons seront fins et longs, plus l’étoile sera réussie. Maintenant que vous savez comment faire, comment seront les vôtres ?

Stef Kocyla

Moi c’est Stef, j’ai toujours aimé faire des photos, mais j’ai commencé sérieusement à en faire en 2015, à l’occasion d’un voyage en Amérique du Nord. Ce qui était un loisir est devenu une passion et aujourd’hui la photo fait partie de mon mode de vie. Voyager est mon autre passion : partir à l’aventure, sac à dos, en road-trip, dans les plus beaux coins de la planète, le plus souvent sauvages. Début 2018, de gros soucis de santé me font revoir mes priorités et je décide de me consacrer à 100% à mes 2 passions. La vie est courte. La photo de paysage et les voyages font partie de mon ADN, combiner les 2 était donc une évidence.

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