Avis sur le livre «L’inspiration en photographie» de Gildas Lepetit-Castel

Je pratique la photographie depuis 2012, exclusivement comme activité de loisir. J’ai commencé par essayer de comprendre le « comment ça fonctionne » avant de me lancer réellement dans la prise de vue. Aujourd’hui, j’ai un peu l’impression d’avoir « fait le tour de la question » technique, même si je sais que c’est loin d’être le cas.

J’ai toujours un œil très critique envers mes photos, ne les trouvant jamais « assez réussies » pour mériter d’être partagées. Du coup, je me pose des questions sur ma motivation en photographie.

Ce titre qui annonce « L’inspiration en photographie » m’a tout de suite attirée : ne serait-ce pas là ce qui me manque pour sortir de mes habitudes et dépasser cette situation de stagnation dans laquelle je m’enlise ?

«L’inspiration en photographie» de Gildas Lepetit-Castel

 

Quelques mots sur l’auteur

Gildas Lepetit-Castel est né le 18 décembre 1979.Titulaire d’un DEA sur l’histoire et l’analyse de la photographie, il a enseigné 6 ans la photographie à l’École Supérieure des Métiers d’Art d’Arras, puis la photographie et la théorie de l’image dans divers établissements supérieurs.

Parallèlement à l’enseignement, il maintient son activité de photographe, travaillant essentiellement la photo de rue en argentique avec des reflex et une optique de 50mm. Le développement des films et les tirages originaux sont effectués par ses soins, ou sous son contrôle pour les impressions digitales.

Passionné par l’édition photographique, il a publié 17 monographies depuis 2006. Il est également l’auteur de 4 guides techniques pour les éditions Eyrolles dont « L’inspiration en photographie »

 

La prise en main

Ce livre broché à couverture souple se compose de 130 pages de papier couché semi-mat de belle qualité. Son poids léger (g) et son format intermédiaire entre le livre de Poche et le digest en fond un ouvrage pratique à emmener avec soi.

Il aborde quatorze chapitres, d’une dizaine de pages en moyenne. Le plus important en compte douze, le plus concentré en compte six. Un sommaire en début d’ouvrage permet de retrouver rapidement le thème qui intéresse le lecteur.

«L’inspiration en photographie» de Gildas Lepetit-Castel
Qualité des photos

L’ouvrage propose quarante-sept photos, toutes de l’auteur, également réparties entre noir-et-blanc et couleur, même si certaines photos couleurs sont plutôt en monochrome. L’effet semi-mat du papier est intéressant : il apporte aux photographies un léger brillant, qui les met en valeur sans choquer pour autant les partisans du tirage sur papier mat.

Elles sont diversifiées, apportant par leur présence, leurs tonalités, leur taille et l’alternance du noir-et-blanc et de la couleur une dynamique certaines au texte. On ne s’ennuie pas. Les teintes sont souvent douces, parfois contrastées.

«L’inspiration en photographie» de Gildas Lepetit-Castel

Il arrive aussi que le sujet présente des couleurs très contrastées dans un univers de douceur estompé : l’effet est surprenant et intéressant. Les photos illustrent parfaitement les propos de l’auteur. On sent toute l’attention mise à leur sélection. Ce n’est pas pour rien que le chapitre le plus long traite de l’editing et du soin à apporter au choix et à la préparation des images !

Compréhension des textes

Contrairement à ce que laisserait supposer le titre de l’ouvrage, il ne s’agit pas d’un recueil de bonnes recettes « miraculeuses » pour retrouver ou améliorer son inspiration en matière de photographie. L’auteur nous parle de lui, de ses goûts, de ce qui importe à ses yeux. Il s’adresse au lecteur comme à un ami à qui il ferait des confidences. Et on se sent très vite intégré à son univers.

Puisqu’on parle d’inspiration photographique, l’ouvrage s’adresse aux photographes, tous les photographes, qu’ils soient débutants ou expérimentés. Il ne traite ni de technique de prise de vue, ni de règles pour réussir une « bonne » photo.

C’est très clair dès le début : l’appareil photo n’est qu’un outil mis au service de la créativité du photographe. Il vaut mieux, bien sûr, disposer de bons outils efficaces et pratiques, et bien les maîtriser. Mais ce n’est pas l’objet du livre.

L’ouvrage se compose de quatorze chapitres. Chaque chapitre est présenté par une photographie et illustré par une citation, en rapport toutes les deux avec le sujet du chapitre, et se termine par quelques conseils pratiques.

«L’inspiration en photographie» de Gildas Lepetit-Castel

Le texte est écrit en excellent français, dans un style léger et fluide, facile et agréable à lire.Gildas Lepetit-Castel le dit lui-même, « le photographe passe son temps à inspirer ce qui l’entoure pour en expirer un instant fort. » Cette analogie respiratoire – qui explique le titre de l’ouvrage – exprime sa manière de s’approprier son environnement pour mieux le traduire en émotions et transmettre ces émotions grâce à l’image.

«L’inspiration en photographie» de Gildas Lepetit-Castel
L’auteur parle de ressenti

Il ne donne pas de leçon, il se livre au lecteur, mêlant citations – une quarantaine ! – et souvenirs, anecdotes et images, tous en rapport avec son propos qu’ils illustrent.

De « Je suis fait de tout ce que j’ai vu – Henri Matisse » qui ouvre le premier chapitre à « L’important n’est pas d’où vous prenez les choses mais où vous les emmenez. – Jean-Luc Godard » qui annonce le dernier chapitre, Gildas Lepetit-Castel nous entraine et nous explique son univers, et pourquoi la citation choisie s’accorde ou s’oppose à ce qu’il pense.

Ses sources sont nombreuses et variées, phrases exprimées par des artistes de tous horizons – photographes, bien sûr, mais aussi cinéastes, écrivains, peintres, philosophe, musiciens ou cuisinier… car oui, à hauteur de certains chefs, la cuisine devient un art à part entière. Les photos sont de lui.

Ce monologue à deux (l’auteur et le lecteur) rejoint l’expérience initiatique, en ce sens qu’il nous fait témoins de sa manière de voir ce qui nous entoure, et en exprimer ce qui nous est essentiel. Sans oublier, bien sûr, la nécessité du partage ni négliger le fait que l’observateur dispose de ses propres filtres… qui ne sont pas ceux de l’auteur de la photo.

 

Difficulté des exercices

Bien sûr, l’ouvrage propose un cahier d’exercices, dans lequel il suggère au lecteur huit exercices. Je préfèrerais parler d’expérimentations. Quel que soit le moyen suggéré, il s’agit principalement d’analyser ce qu’on voit (image ou monde réel) pour en tirer le meilleur afin de le retraduire en images, sans négliger les autres sens que la vue.

Plus que des exercices, il s’agit de s’entrainer à « voir différemment » pour apprécier le quotidien qu’on ne voit plus. Une invitation au voyage… intérieur.

«L’inspiration en photographie» de Gildas Lepetit-Castel

Les progrès dus à ces exercices ne sont pas quantifiables, mais on peut les mesurer à la hauteur de ses progrès.

Rapport qualité prix

Moins de 15 €, le prix est très abordable.Plus qu’un recueil de conseils, l’ouvrage ouvre les yeux du lecteur d’une autre manière. Quel que soit le niveau du photographe, il peut en tirer profit, faire évoluer sa pratique photographique parallèlement à sa nouvelle vision de ce qui l’entoure, voire se sentir remotivé. Je pense que l’objectif est atteint, et que c’est à l’avantage du lecteur.

En conclusion

Le livre m’a agréablement surprise. Bien qu’il ne corresponde absolument pas à l’idée que je m’en faisais avant de le lire, il m’a apporté de vraies réponses.

Nous portons tous en nous notre vision du monde, il suffit de s’en convaincre et d’agrandir notre perception de ce qui nous entoure pour y retrouver la magie. D’ailleurs, n’est-ce pas l’anagramme du mot image ?

Points forts:
  • Bon rapport qualité prix
  • Facile à lire (une demi-journée y suffit)
  • Style léger et agréable à lire
  • Livre de petit format facile à emporter partout
  • De belles images qui véhiculent une poésie certaine et des émotions fortes
Points faibles :
  • Je n’en vois pas

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Jocelyne SABRE

Je m’appelle Jocelyne SABRE, je suis née en 1959 à Bordeaux. Je me suis intéressée à la photographie assez tardivement, en 2012, sans rien y connaître, et j’ai acquis un réflex moyenne gamme afin d’apprendre à maîtriser l’appareil. Ces quelques années de pratique occasionnelle m’ont permis de sélectionner le genre de photo que j’aime faire, sans me convaincre pour autant que les photos que je prends méritent d’être partagées.

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