Avis sur le livre « Les fondamentaux de la prise de vue » de Jost J. Marchesi

Les éditions Eyrolles ont publié Les Cours Photo Eyrolles, une série en plusieurs volumes consacrée à la pratique de la photographie argentique et numérique. Jost J. Marchesi est mondialement reconnu pour ses ouvrages consacrés à la technique photographique.

Avis sur le livre « Les fondamentaux de la prise de vue » de Jost J. Marchesi

Le livre s’adresse aux photographes qui ont des solides notions de photographie; l’amateur qui débute et qui ouvre par hasard ce livre, va se heurter à un langage technique hyper précis et pourrait être vite dégoûté par la lecture de cet ouvrage pourtant très très intéressant.

Globalement, il me semble moins bien que son livre précédente « Les fondamentaux de l’optique »: j’ai eu l’impression de lire des notes de cours universitaires prises par un étudiant qui, tout en ayant bien écouté, n’a pas encore structuré ses écrits pour leur donner un sens logique.

On passe, en l’espace de quelques pages, de l’appareil à mise au point télémétrique aux compacts, aux bridges, aux reflex bi-objectifs (ça existe ?), aux reflex mono-objectif grand format et enfin aux reflex petit format pour dévier ensuite sur la mise en place d’un film argentique et revenir sur un capteur numérique…

On a du mal à suivre, des notions hyper précises se suivent sans un fil conducteur et embrouillent la lecture.

 

Les fondamentaux de la prise de vue
Les fondamentaux de la prise de vue

Le livre est structuré en chapitres (il y en a 6), et chaque chapitre s’articule autour d’un certain nombre de leçons;  on se croirait devant un prof. Il parle, tu écoutes.

Mais la leçon 10, sur l’autofocus, introduit, avant de parler de la détection de phase et de la mesure du contraste, l’écholocalisation acoustique du Sonar Polaroid, utilisée à la fin des années 70… Pour brouiller les pistes, il n’y a pas mieux…

A partir de la leçon 14, place à l’éclairage: le livre n’est plus un livre « générique » sur la prise de vue mais un manuel du parfait éclairagiste; à la rigueur, c’est le choix de l’auteur de traiter le sujet sur autant de pages, il aurait dû au moins changer le titre du livre et l’appeler « Les fondamentaux de l’éclairage ».

Les fondamentaux de la prise de vue
Les fondamentaux de la prise de vue

Au passage, leçon 14, il démolit le « zone system » : en photographie numérique, le zone system n’a pas de signification, puisqu’il se base sur la combinaison d’une exposition adaptée à un procédé de développement spécifique aux supports argentiques.

C’est clair et net, sans bavures.

N’étant pas un apôtre de ce système, je ne peux que partager son point de vue et souffler une petite dose de bon sens à ceux qui professent « urbi et orbi » les vertus de ce système, conçu pour la photo argentique, en photo numérique.

Ceci dit, il reconnait quand même le génie d’Ansel Adams dans la construction de son système (établir une méthode d’exposition alternative aux procédures classiques et mettre l’accent sur les luminances et les contrastes).

Ce qu’il faut retenir du « zone system » à mon sens ce n’est pas trop les calculs pour le mesure d’exposition mais la nécessité de soigner la prise de vue dès le départ, afin d’obtenir le rendu souhaité. Or, à l’époque de l’argentique il fallait mieux prendre toutes les précautions en amont afin d’éviter des problèmes en aval.

En numérique, de nos jours, ce principe devient beaucoup plus souple; en shootant en Raw on peut rattraper pas mal de décalages d’exposition, sans nuire à la qualité finale de la photo. Mais une plus grande souplesse dans le flux de travail n’empêche pas un grand soin, dès le départ, dans la prise de vue. Qui peut le plus, peut le moins, n’est-ce pas ?

Les fondamentaux de la prise de vue
Les fondamentaux de la prise de vue

Pour finir, sans crier gare, les dernières pages du livre traitent la retouche numérique. Comme ça, d’un coup… On voit surgir des captures d’écran de Photoshop avec les explications pour des retouches de portrait.On se croirait dans un livre de Scott Kelby…

Pour conclure

On aurait aimé une petite introduction, une mise en bouche au préalable, de quoi introduire le sujet: Marchesi, au début du livre, distille quelques anecdotes ici et là, des histoires sur l’origine de la photo et/ou de tel ou tel procédé. Dans la même veine, j’aurais aimé le même procédé et la même analyse: pourquoi retoucher une photo, la nécessite  ou pas de retoucher ses photos, les avantages, les inconvénients.

Des explications techniques, aussi, des échos historiques, comme il sait bien faire…

Si les conseils de retouche prodigués sont pertinents, ça donne l’impression d’un travail bâclé en fin de course, pour remplir d’espace, pour chercher un point d’accroche sur un sujet plus consensuel que l’écholocalisation acoustique de 1978…

Ca reste malgré tout en livre intéressant dans lequel puiser tout un tas d’informations techniques captivantes pour mieux comprendre le fonctionnement de son appareil.

Dommage pour la mise en forme…

Giorgio Paparelle

Giorgio PAPARELLE, photographe amateur, architecte de formation, je suis un pur autodidacte. J’ai commencé à m’intéresser à la photo un peu par hasard; à mes débuts j’utilisais des compacts puis j’ai été attiré par les reflex et les possibilités offertes en termes de contrôle de chaqueparamètre en fonction de la veine créative du moment.

Laisser un commentaire

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur comment les données de vos commentaires sont utilisées.