Home » A la une » Avis sur le livre «L’art du noir et blanc» de Michael Freeman

Avis sur le livre «L’art du noir et blanc» de Michael Freeman

Michael Freeman est un photographe et auteur à la renommée internationale. Il a écrit plus d’une douzaine d’ouvrages sur la photographie, vendus à plus d’un million d’exemplaires et traduits dans 27 langues. Il a voyagé dans le monde entier, mais est plus « spécialisé » dans l’Asie du Sud-est, sur laquelle il a réalisé de nombreux reportages photos. Il a travaillé pour de nombreux magazines internationaux comme Time-Life, Smithsonian Magazine, le Reader Digest, ou encore Condé Nast Traveller et Géo, ainsi que pour Photo District News.

«L’art du noir et blanc» de Michael Freeman

Avis sur le livre «L’art du noir et blanc» de Michael Freeman

La qualité de ses écrits est reconnue par ses pairs, mais aussi par ses lecteurs. Ses ouvrages sont très bien notés sur les différents sites marchands. Sa pédagogie et la clarté de son style notamment sont la clé de son succès.

La prise en main du livre

Le livre qui m’a été envoyé est l’un de ses best-seller « L’art du noir et blanc », il s’agit d’une réédition du « Guide du noir et blanc pour la photo numérique », paru en 2009.

Le livre est assez grand, au format presque carré (23.5 * 25.5 cm). Même si ce format est pratique pour mettre des textes à côté des photos, la largeur ne permet pas un rangement esthétique dans ma bibliothèque : le livre est bien plus large que mes autres livres photos (oui, ma bibliothèque est rangée par thème

Ce format donne surtout un ouvrage finalement assez encombrant, trop pour l’emmener avec soi en sortie photo. Il est plutôt destiné à rester sur un coin de la table basse, ou du bureau à côté de l’ordinateur…Ce qui en soi n’est pas dérangeant, puisqu’il ne s’agit pas d’un livre sur la pratique de la prise de vue, mais plutôt d’un livre sur le traitement photo.

Le livre comporte 192 pages, imprimées sur papier légèrement glacé. Il donne immédiatement une impression de bonne qualité. La couverture est souple, avec des rabats.

«L’art du noir et blanc» de Michael Freeman

Qualité des photos et des illustrations

Chaque page, sur fond blanc, est abondamment illustrée, mais la part du texte reste importante la plupart du temps. Quelques pages sont sur un fond noir pour mettre plus en valeur les photos, je suppose.

Les photos sont essentiellement des photos réalisées par l’auteur, mais l’ouvrage est également illustré par des grands noms de la photographie du XXe siècle : Ansel Adams, Paul Strand, Horst P. Horst, Walker Evans, Bill Brandt, Edward et Brett Weston, Harry Callahan, Don McCullin, Eikô Hosoe…

L’impression générale est donc celle d’un « Beau » livre, voire d’un livre d’art. En même temps, le sujet traité est « l’Art du Noir et Blanc » !

«L’art du noir et blanc» de Michael Freeman

La compréhension des textes

C’est le premier ouvrage de Mickael Freeman que je lis. J’avais entendu parler de sa pédagogie dans ses ouvrages, et en fait j’ai découvert ici un vrai professeur ! Tout est cependant facilement compréhensible par tout le monde à mon avis.

Le texte fourmille d’informations historiques et techniques. Le premier chapitre « La tradition du noir et blanc » porte sur l’histoire du noir et blanc, et donc naturellement sur l’histoire de la photographie, puisqu’au départ la photographie n’était que monochrome. Il y a donc toute une partie historique très intéressante sur les prémices de la photographie, d’un point de vue technique ; L’auteur y traite aussi toute les techniques utilisées à l’époque d l’argentique pour « révéler » les photographies.

On avance ainsi dans le temps, jusqu’ à la découverte de la pellicule couleur, qui, par sa création a donné au noir et blanc son nouveau statut d’«art ». Le noir et blanc ne devenait plus la seule option, mais un choix artistique, un moyen d’expression. On y comprend aussi qu’il n’y a pas qu’un noir et blanc, mais bien plusieurs, selon la façon dont chaque photographe l’interprète.

Finalement, on arrive au temps du numérique, dans le chapitre 2 : Le monochrome numérique. Libérée des contraintes de la pellicule, qu’on devait choisir couleur ou monochrome, d’un nombre défini d’iso, avec l’obligation de la terminer pour découvrir le résultat, la créativité des photographes n’aura plus de limite, ou presque. Plus encore qu’à l’époque de l’argentique, le choix du noir et blanc peut être fait (ou pas) pour chacune de nos photos. Il sert de révélateur des contrastes et des structures, il permet de gommer les couleurs quand elles gênent la lecture de la photo, afin que le sujet soit mis en valeur.

Ce chapitre liste chaque procédé, chaque technique de conversion au noir et blanc numérique. Il traite de tous les aspects techniques (le bruit, les contrastes…etc), mais aussi des choix qui doivent ou peuvent être fait, car un même cliché peut devenir plusieurs photos en noir et blanc complétement différentes, selon le message que l’on veut faire passer dans son « œuvre ».

«L’art du noir et blanc» de Michael Freeman

C’est bien là qu’est l’Art du noir blanc : nous ne sommes plus dans une photographie couleur qui doit montrer la réalité, mais bien dans une interprétation toute personnelle du sujet.

Le chapitre est illustré de beaucoup d’exemples de photos traitées sous Photoshop, avec le pas-à-pas pour arriver au résultat souhaité. Même si les retouches sont des retouches basiques « de développement » et pas de la manipulation d’image, il me semble qu’il faudra cependant avoir déjà eu une première approche du logiciel pour pouvoir mettre en application les conseils prodigués.

La troisième partie traite des choix créatifs. Il n’existe pas une mais bien plusieurs visions du noir et blanc. Dans ce chapitre l’auteur fait une petite « anthologie » des grands maitres du noir et blanc, avec chacun leur style, leur interprétation du monochrome. Il explique également comment traiter les photos « à la manière de ». Il aborde des techniques « anciennes », comme le zone system, ou alors très actuelles comme le HDR en noir et blanc.

La dernière partie de ce chapitre traite du développement d’une pellicule noir et blanc. Même si cela reste très intéressant, et richement illustré, comme le reste, la présence de cette partie, surtout à cet endroit –là du livre me semble incongrue… Elle aurait eu, au pire, sa place dans le premier chapitre, « La tradition du noir et blanc », mais il s’agit pour le coup d’un tutoriel vraiment technique, qui nécessite du matériel très spécifique de laboratoire photo et qui n’a d’intérêt que si on photographie en argentique. Or, Le gros du livre traite du traitement des photos numériques…

De plus, on était sur un ouvrage d’art, on termine sur un mode d’emploi technique…c’est dommage !

«L’art du noir et blanc» de Michael Freeman

Rapport qualité/prix

Le livre est publié par les éditions Eyrolles et vendu 24€. Par rapport au contenu, très complet, et à la richesse des illustrations, c’est un très bon rapport qualité/prix.

Conclusion

Cet ouvrage m’a permis de découvrir Mickael Freeman, et je n’ai pas été déçue. D’ailleurs le Père Noël m’a même amené un autre de ses ouvrages! J’y ai appris beaucoup de choses, notamment sur l’histoire de la photographie. C’est un très bon pédagogue, qui sait donner la juste dose de théorie et de pratique pour maintenir l’attention de son lecteur.

Points forts:

  • Tout est à chaque fois richement illustré par des photos
  • Le style est facilement compréhensible, sans vocabulaire trop technique
  • La partie historique rarement traitée dans ce type d’ouvrage
Points faibles:

  • La partie développement d’une pellicule noir et blanc qui n’est pas à sa place
  • Les explications logicielles trop succinctes pour un néophyte.

Achetez sur Amazon

a propose Valerie Vinee

Valérie, 43 ans, photographe amateur et débutant.Documentaliste dans l'âme, je fais beaucoup de recherches et expérimente un maximum....J'adore apprendre!

Laisser un commentaire

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur comment les données de vos commentaires sont utilisées.