A la rencontre de Marcel Bataillard

Cette semaine, je vous propose d’aller à la rencontre de Marcel Bataillard, qui est l’un des 9 photographes «  émergents » présentés dans le cadre des Zoom 2016 du Salon de la Photo. C’est donc à cette occasion que je l’ai contacté et pour notre plaisir, Marcel a accepté de répondre à mes questions. Je vous propose donc d’en découvrir un peu plus sur ce photographe. Si vous voulez suivre son travail, vous pouvez le retrouver:

A la rencontre de Marcel Bataillard

Bonjour Marcel,

Peux-tu te présenter en quelques lignes, comme photographe, mais pourquoi pas sur ta vie en dehors de la photographie?

Je ne me définis pas exclusivement comme photographe, je suis davantage un artiste qui utilise la photographie, et plutôt souvent ces derniers temps. Auparavant, de 1993 à 2013, mon travail était centré sur l’aveuglement, je réalisais essentiellement des peintures et dessins « à l’aveugle », et par association d’idées des photos, sculptures, vidéos et performances. Considérant que j’étais arrivé au bout d’un cycle, j’ai interrompu les aventures du « peintre aveugle » et me suis alors tourné vers la réalisation d’œuvres qui associent photo et texte.

Quelque chose de plus voyant…

Par ailleurs, je participe aussi à des aventures musicales individuelles ou collectives, réalise commissariats et scénographies d’expositions.

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Raconte-nous un peu ton « histoire » photographique? et nous présenter ton/tes style(s) de photo de prédilection ?

De même que j’aime à pratiquer différentes disciplines, je n’ai pas de style de prédilection. Et j’aime l’expérimentation, la découverte. C’est généralement a posteriori que les photographies trouvent une destination, s’intègrent à une série, à un propos. C’est le fond qui décide de la forme que prendra in fine l’image.

Néanmoins il existe un point commun à toutes mes photos : elles ne sont jamais préméditées, posées ou effectuées en studio, plutôt prises à la volée (et cela peut signifier aussi empruntées au domaine public) au gré de mes déplacements et de mes agissements, aussi bien avec un boîtier qu’avec un téléphone, selon ce que j’ai sous la main au moment de la prise de vue.

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Tu fais partie des 9 photographes « émergents » présentés dans le cadre des Zoom 2016 du Salon de la Photo. C’est une formidable occasion de faire découvrir ton travail, mais peux-tu nous en dire plus sur cette aventure ?

Zoom 2016 est une belle occasion de mettre en lumière et de diffuser mon travail et c’est le fruit d’une rencontre avec Stéphane Brasca. Je lui ai présenté mon travail après l’avoir croisé à plusieurs reprises à Arles, Paris ou Nice. On a pas mal échangé. Je crois qu’il a été sensible à mon côté touche-à-tout. Et, étant éditeur – entre autres du magazine De l’air -, la série Je suis une légende a sûrement de ce fait trouvé un écho particulièrement favorable… puisqu’il a choisi de me « parrainer » pour le concours et de publier un portfolio dans le numéro 64 du magazine. J’en ai été tout à la fois fier et surpris. Mais à vrai dire, qui peut réellement s’étonner de la rencontre d’un Corse et d’un parrain ?

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Peux-tu nous présenter la série présentée pour ces Zoom 2016 ?

Je suis une légende est une série – initiée en 2004 – qui présente des images toujours construites de la même façon. Sur une page figure une photo (prise par moi ou dans le domaine public), sous laquelle est placé un texte, sous lequel figure un numéro de référence.

Le texte, le plus souvent de ma plume, n’explicite ni ne décrit jamais la photo, il l’accompagne. Il vise à transformer la perception de ce qui est représenté, donnant à l’œuvre un ton humoristique, poétique ou politique.
Le numéro de référence du type « Scholie 1234 » renvoie à un terme grec dont la définition correspond à l’intention qui a présidé à la réalisation de la série : « commentaire particulièrement utile à la compréhension des allusions historiques, géographiques ou mythologiques, et pouvant faire œuvre nouvelle. » 

Si tu devais faire découvrir un photographe peut-être futur candidat aux Zoom Photo, qui proposerais-tu ?

Sûrement quelqu’un avec qui je suis en accord à la fois sur le plan personnel et artistique. Du coup ça fait du monde, trop : si l’énumération s’allonge au-delà du raisonnable, je fâche les lecteurs ; si j’oublie un seul des photographes, je me fâche avec…

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Dans tout ton matériel photo, as-tu un objet porte bonheur, ou un objet qui t’est précieux ?

Je ne suis pas fétichiste, ni comme peintre, ni comme photographe. J’utilise – avec plus ou moins de délicatesse – des outils qu’il peut y avoir parfois un certain plaisir à dénicher. Ça s’arrête là. Bien sûr, ça n’empêche une joie certaine lors de la manipulation, lorsque je suis en train de « faire ».

Où trouves-tu ton inspiration ?

Je regarde, je lis, j’écoute, je suis curieux de nature et j’ai l’esprit d’escalier. Et je travaille, beaucoup, et lentement.

Parmi tes photos, si tu ne devais en retenir qu’une seule, peux-tu nous présenter ta photo préférée et nous raconter son histoire ?

Vraiment compliqué d’en choisir une seule. Pour rester dans le thème, je dirais la Scholie 7406 (le ballon/Miró) qui a été point de départ de la série Je suis une légende. Parfois le texte existe avant la photo, parfois c’est l’inverse, le temps entre les deux peut être assez long. Là, en un instant tout était en place. Et j’ai pressenti un sillon à creuser.

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Quelle serait la prochaine photo que tu aimerais faire ?

Celle dont je n’ai pas idée.

Peux-tu nous raconter un de tes meilleurs souvenir pendant une séance photo et pourquoi pas également le pire ?

Comme je ne pratique pas la « séance photo », que je vagabonde, je ne me force jamais à faire un cliché, ne me démène pas outre mesure si les conditions rendent le « shooting » insupportable, ce qui évacue de fait les mauvais moments et laisse toute la place aux bons.

Une question à laquelle tu aurais aimé répondre ? (avec sa réponse évidemment)

« Le monde a-t-il un sens ? » Mais quelques écrivains et philosophes ont eu l’occasion et le talent de le faire avant moi. Je conclurai donc en citant l’un d’entre eux : « Maintenant, il s’agit de vivre ! » de Albert Camus in Le mythe de Sisyphe

Merci Marcel.

Encore une fois un grand merci à Marcel pour avoir accepté de se dévoiler un peu plus, j’espère que tout cela vous aura donné envie de découvrir son travail, pour rappel vous pouvez le retrouver sur:

Bien évidemment si vous connaissez un photographe de talent, qu’il soit professionnel ou amateur, et  que vous souhaitez  le faire découvrir à la communauté de BonPlanPhoto, ou si vous voulez vous même vous prêter au jeu de l’interview, il suffit de me contacter.

Gregory LAROCHE

J'ai créé bonplanphoto.fr en 2010 pour partager avec vous mes découvertes et petits trucs photographiques. N'hésitez pas à me contacter pour toutes propositions de projets ou partenariats.

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