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A la rencontre de Liliane Clément

Aujourd’hui, je vous emmène à la rencontre de Liliane Clément, dont vous avez deja lu quelques articles sur BonPlanPhoto. Si vous voulez suivre son travail, vous pouvez la retrouver:

A la rencontre de Liliane Clément

Bonjour Liliane,

Peux-tu te présenter en quelques lignes, comme photographe, mais pourquoi pas sur ta vie en dehors de la photographie?
On me voit souvent comme une personne qui a de l’énergie à revendre … J’aime la vie et je cours le monde pour découvrir ce qui reste d’authentique. J’ai 68 ans, tourangelle d’origine, parisienne depuis la fac, tout en ayant fait de nombreux séjours à l’étranger notamment 1 an à Londres et 3 ans à New York. Je vis actuellement environ 6 mois à Paris et 6 mois en voyage. Il y a 4 ans, alors que je sortais d’un traitement invalidant de plusieurs années, j’ai claqué ma « dém » et je me suis mise à la photo.

Racontes-nous quand et comment tu as commencé la photo.

J’ai découvert le reportage ethnographique, caméra au poing, au club des explorateurs de l’Ecole Pratique des hautes Etudes à Paris au début des années 70’s. C’est là que j’ai appris toutes les bases de la photo. J’ai fait mes premiers reportages chez les réfugiés tibétains en Inde. Je voulais surtout faire savoir combien il était urgent d’aider la communauté installée à Darhamsala où les orphelins étaient de plus en plus nombreux. J’ai donc fait des diaporamas et aussi beaucoup de portraits en Noir et Blanc.

Je travaillais en argentique bien sûr et après les moments intimistes de la prise de vue je savourais un plaisir immense de voir se révéler les visages dans la chambre noire. J’y passais beaucoup de mes soirées et nuits après le travail, ne voyant pas poindre le jour! C’est là que ma passion pour la photo est née. Une passion qu’ont interrompue ma carrière professionnelle et mes activités familiales. J’ai fait toute ma carrière dans le marketing international qui m’a beaucoup occupée!

Quel est le thème photographique que tu affectionnes particulièrement ?

Quand j’ai voulu reprendre la photo j’ai tout de suite pensé que les voyages seraient une source d’inspiration et aussi l’occasion de m’exprimer. Je suis partie en Mongolie et je n’ai pas été déçue. J’ai photographié le Naddam, la fête nationale qui est l’occasion de participer à des joutes et de mettre ses plus beaux habits traditionnels. Depuis dès que je reviens de voyage, je prépare le prochain!

La photographie est un moyen d’expression, que cherches-tu à faire comprendre à travers tes photos?
Oui, c’est vrai, je considère mon appareil photo comme mon passeport, c’est un excellent moyen de rentrer en contact. Ce qui m’intéresse ce sont les échanges, les liens qui se créent, courts mais bien réels, entre le photographe et la personne qui se prête à cet échange. Des instants « magiques « où se révèlent ce qu’on veut bien me livrer : fierté, tristesse, joie et tellement de petites choses qui font de mes voyages des apprentissages de la vie. C’est fou ce que les personnes ont à dire et à nous apprendre!

Tes missions photographiques t’entrainent aux quatre coins de la planète, mais y a -t-il un endroit que tu affectionnes particulièrement?
Le vécu dans chaque pays est très différent. Je n’ai pas de continent de prédilection, j’aime m’ouvrir, découvrir et aussi partager mon propre vécu.

Comment se compose ton sac photo?

Ah, bonne question! je me la pose à chaque voyage! Comme je voyage avec mes deux sacs à dos, l’un contenant mon matériel photo, l’autre mes effets personnels pour plusieurs mois, j’essaie d’en limiter l’impact sur ma facilité à me déplacer. Mon sac photo sera différent selon le projet que je projette d’effectuer.

De toutes façon j’emporte mon Canon Mark IV avec deux zooms, un 24-70 et un 70-200. Ensuite je dois choisir! J’adore mon 35mm Sigma, un petit bijou qui ouvre qui ouvre à 1:4 pour les scènes de vie en lumière difficile. J’emporte aussi des filtres dont un Hoya à densité variable 3-400 qui peut s’avérer très utile pour des poses lentes. Et j’ai un pied Manfrotto super léger que je glisse toujours dans mes bagages mais dont je me sers assez rarement.

Imagines que tu dois partir 2 jours sur une île déserte, quel matériel photographique qui t’est vital amerais-tu?

Ah, alors là j’aurais tendance à dire que je pars seulement avec ma tête et mes tripes! Par acquis de conscience je prendrai mon Panasonic DMC -LX100 Lumix . Il peut tout faire de 24 à 75mm, il est petit et léger et ne craint pas les tempêtes de sable ! J’utiliserai plutôt mon temps à rêver, et pourquoi pas à préparer mon prochain voyage!

Parmi tes photos, si tu devais n’en retenir qu’une seule, peux-tu nous présenter ta photo préférée et nous raconter son histoire?
Si je devais choisir une photo qui me laisse un souvenir durable ce serait cette photo d’une très jeune demoiselle que les femmes du village entouraient dans une rue du village au Rajasthan. Toutes étaient habillées de leur sari d’apparat et distribuaient des friandises traditionnelles dans la bonne humeur en musique. A voir la jeune fille se cachant derrière son voile, tête baissée et triste je compris qu’on allait la marier. Les femmes m’invitèrent à me joindre à elles, ce que je fis et me mis à danser dans la rue. Quelle ambiance!

Au bout d’une petite demi-heure j’allais continuer mon chemin lorsque la mariée ouvrit son voile, me regarda et me fit un sourire .. comme pour me remercier! Comment décrire ce qu’on ressent à ce moment là? Je lui rendis son sourire, lui montra mon appareil, elle me fit un signe de la tête à peine perceptible … mais nous étions complices! Je pris la photo!

Quelle serait la prochaine photo que tu aimerais faire?

Mon rêve est de faire une photo qui à elle seule raconte une histoire, une photo que je ferais d’une « gueule » comme on dit mais dont je connais l’histoire. Si ma photo raconte cette histoire alors je serais comblée! Pas si facile!

Imagines que l’on te donne un crédit illimité, quel projet photographique, dingue ou plus sage, aimerais-tu réaliser.

Si j’avais un crédit illimité , j’aimerai aller à la rencontre de peuples encore authentique, très peu visités, me faire accepter et vivre avec eux plusieurs mois. Comment font-ils face à la mondialisation? Sont-ils attirés par notre mode de vie occidental ou bien gardent-ils précieusement le leur? Quel est leur vécu par rapport à tout ça? C’est un projet que j’aimerais réalisé et en faire des expositions itinérantes.

Peux-tu raconter un de tes meilleurs souvenir pendant une séance photo et pourquoi pas également le pire?

Un de mes meilleurs souvenirs? En Equateur, après deux semaines de travail solidaire dans une école de San Juan les enseignants et les élèves nous ont préparé une petite fête: toutes les régions de l’Equateur étaient représentées dans leur costume traditionnel et les élèves nous ont servis les plats régionaux. Danses et chants étaient au menu, les parents étaient venus nombreux , à la fin de la journée nous avons aussi chanté et dansé notre folklore français. Une belle journée d’échange, sincère et chaleureuse!

Un de mes mauvais souvenirs est quand, à leur demande,j’ai photographié le couple qui me recevait au Sénégal. Selon une tradition encore bien vivante l’homme de la maison avait 2 femmes, la première aussi âgée que lui, et la deuxième beaucoup plus jeune. La session avait lieu avec la première mais impossible de lui faire adopter une attitude bienveillante envers cette femme. J’en ai été très attristée.

Si tu devais faire découvrir un photographe encore méconnu, et un seul, à BpnPlanPhoto et à ses lecteurs, qui proposerais-tu?

Spontanément je pense à Agnès Cassière, mais elle n’est pas vraiment méconnue peut-être. C’est une photographe de voyage très humaniste. Ses portraits et scènes de vie racontent une histoire et me touchent. Nous poursuivons le même but, témoigner, dans le respect des personnes photographiées.

Un dernier mot?

Un grand merci à toi, Gregory, de me donner l’opportunité de me dévoiler un peu aux lecteurs de BonPlanPhoto. Un grand merci aussi à tous ceux qui me soutiennent, ma famille, mes amis, ceux qui me connaissent de visu et ceux qui me connaissent virtuellement sur les réseaux sociaux. Tous sont importants, un immense merci!

Merci Liliane

Encore une fois un grand merci à Liliane pour avoir accepté de se dévoiler un peu plus, j’espère que tout cela vous aura donner envie de découvrir son travail, pour rappel vous pouvez la retrouver:

Bien évidemment si vous connaissez un photographe de talent, qu’il soit professionnel ou amateur, et  que vous souhaitez  le faire découvrir à la communauté de Bon Plan Photo, ou si vous voulez vous même vous prêter au jeu de l’interview, il suffit de me contacter.

a propose Gregory LAROCHE

J'ai créé bonplanphoto.fr en 2010 pour partager avec vous mes découvertes et petits trucs photographiques. N'hésitez pas à me contacter pour toutes propositions de projets ou partenariats.

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