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A la rencontre de Francis Cauet

Aujourd’hui, partons à la rencontre de Francis Cauet, photographe animalier et donc passionné par Dame nature. Evidemment, si vous voulez suivre son travail, vous pouvez le retrouver:

A la rencontre de Francis Cauet

Bonjour Francis,

Peux-tu te présenter en quelques lignes, comme photographe, mais pourquoi pas sur ta vie en dehors de la photographie?

Francis Cauet, 61 ans, passionné par la nature depuis ma jeunesse où je passais beaucoup de temps en campagne et dans les bois à construire des cabanes ou ramasser des champignons. Dans les années 70, j’ai décidé de faire des études de paysagiste pour être plus près de la nature mais hélas, l’option n’était pas la bonne. Par contre, c’est au cours de mes études que je suis devenu ornithologue grâce à mon ami Christian Deslandes qui, hélas, nous a quitté bien trop tôt et surtout Jean Claude Beaudoin éminent ornithologue qui était prof dans ce lycée.

En dehors de la photographie, j’ai un petit commerce sur internet qui me permet de vivre et me laisse beaucoup de temps pour mon second métier…la photographie animalière.

Portrait de Francis Cauet réalisé par Franck Anderson

Racontes-nous quand et comment tu as commencé la photo?

Bien avant la photographie, il y a eu l’ornithologie que j’ai débutée en 1973. Quelques années après, j’ai acheté un boitier argentique avec un 500 à miroir Tamron. Puis la vie a fait que j’ai laissé tomber la photo sans jamais abandonner l’ornithologie.

C’est dans les années 2005 que j’ai découvert la digiscopie. J’y ai consacré 7 ans puis ai décidé d’abandonner cette technique pour passer au réflex. Je me suis de suite équipé d’un canon 5 d mark 3 muni d’un objectif de 500 mm. Dans la suite logique des choses je me suis enfin décidé à passer photographe animalier professionnel en 2016 et donc inscrit au registre des métiers. Cela aussi pour pouvoir commercialiser légalement le livre « Basses Vallées Angevines »

Quelles sont tes spécialités photographiques ?

Mon sujet de prédilection : « les oiseaux » que je connais les mieux et cela m’aide beaucoup . Je ne conçois pas une image sans connaitre ce que je photographie. Sinon pour la technique, je suis surtout affût et plus précisément affût flottant que j’affectionne plus particulièrement.

C’est un bonheur absolu d’approcher la nature avec cette technique. Mais attention : il y a beaucoup de précautions à prendre….Arriver de nuit pour être en place avant le lever du jour et surtout, il faut prévoir le retour loin des oiseaux, bien caché pour éviter tout dérangement et ainsi conserver leur tranquillité (surtout pour les migrateurs). Les risques pour le matériel et pour soi ne sont pas à négliger et pour cela il faut connaitre chaque mètre carré où l’on pose les pieds.

Par contre quand je voyage (Australie, Madagascar, Brésil etc ) j’emporte toujours le 500 mm que je transporte à bout de bras.

Sors- tu toujours accompagné de ton appareil photo ?

Cela peut surprendre mais ma réponse est non : je passe beaucoup plus de temps au repérage des futurs sujets , donc pas besoin de trimballer tout l’attirail.

 

Imagines que tu dois partir 2 jours sur une île déserte, quel matériel photographique qui t’est vital amènerais tu ?

J’aurais tendance a te répondre aucun. Par contre, hors de question de ne pas emporter mes jumelles qui ne me quittent jamais.

 

Ya t’il un endroit que tu affectionne particulièrement? 

Je vais vous parler des Basses Vallées Angevines cette zone inondable de plus de 6 000 hectares aux portes d’Angers. C’est mon terrain de jeux préféré depuis plus de 40 ans. L’hiver et au printemps quand toutes les prairies sont recouvertes d’eau, j’aime circuler en affût flottant à la rencontre de tous ces anatidés qui séjournent quelques mois ou quelques jours pour un repos bien mérité ou en quête de nourriture afin de stocker des réserves de graisse. Puis arrive le printemps et les premiers râles des genêts qui font retentir leur chant typique « crex crex » . Suivrons un grand nombre de passereaux comme les fauvettes, bergeronnettes printanières, tarier des près , bruants des roseaux , phragmite des joncs et bien d’autres. Moi-même vivant au cœur de ces basses vallées ou circulent les 3 rivières …le Loir , la Sarthe et la Mayenne je suis toujours subjugué par cette beauté incroyable. Pour terminer, juste te signaler la parution du livre « basses vallées angevines » nature discrète et sauvage réalisé en collaboration avec Louis Marie Préau en vente depuis Mai 2017 sur le site .

 

Est-ce que ton travail est influencé par certains photographes?

Non, je ne pense pas mais je suis admiratif de certains photographes et de leur productions.

 

Parmi tes photos, si tu ne devais en retenir qu’une seule, peux-tu nous présenter ta photo préférée et nous raconter son histoire?

C’est à l’époque où je pratiquais la digiscopie. Nous avons passé 5 jours en Espagne dans la sierra morena à andujar avec mon ami Alain Bajan à chercher le lynx pardelle. Le dernier jour, une heure avant notre départ pour la France, la chance nous a souri quand un lynx est passé devant nous . Pas d’image de cet instant mais quelques minutes plus tard, sur les hauteurs, ce n’est pas un lynx mais 3 qui apparaissaient au sommet de la colline. Une rencontre extraordinaire avec cet animal mythique que nous n’avions jamais observé. J’ai réalisé une série d’images qui m’ont values d’être finaliste à Montier en der et 2ème prix mammifère au Festimages nature de Laval.Un moment inoubliable pour moi .

 

Imagine que l’on te donne un crédit illimité, quel projet photographique, dingue ou plus sage, aimerais-tu réaliser?

Si tu me donnes la jeunesse avec..alors sans hésitation : partir photographier les oiseaux paradisiers en Papouasie nouvelle guinée. Plus sagement, retourner en Australie avec mon matériel actuel et non uniquement en digiscopie

 

Peux-tu nous raconter un de tes meilleurs souvenirs pendant une séance photo et pourquoi pas également le pire?

Le pire c’est un matin où j’arrive de nuit pour une séance d’affût flottant dans les Basses Vallées Angevines. Après avoir rejoint mon affût installé la veille, j’ai déposé mon sac à l’intérieur et en sortant l’appareil que j’ai posé à coté, il a glissé par l’arrière dans l’eau et tu devines la suite….boitier immergé quelques secondes et résultat prévisible….Irrécupérable.

Le meilleur : c’est cette attaque d’un milan noir pour parasiter un héron cendré qui avait capturé un beau poisson . Après un premier passage rapide sans photo , le second passage s’est soldé avec une belle rafale qui a figé le moment crucial où le milan est, toutes serres devant, près à arracher le repas du héron .

 

Si tu devais faire découvrir un photographe peut être encore méconnu, et un seul, à BonPlanPhoto et à ses lecteurs, qui proposerais-tu?

Jérémy Nourrisson, un jeune photographe de ma région que je découvre depuis peu mais qui me semble avoir toutes les capacités à devenir un bon photographe animalier.

 

Un dernier mot?

Je voulais dans un premier temps te remercier et remercier BonPlanPhoto pour m’avoir permis de m’exprimer à travers cet interview .Juste une dernière petite chose …surtout, pensez quand vous allez sur le terrain à demander des autorisations et à parler aux différents utilisateurs de cette nature comme : les agriculteurs , les forestiers, les pêcheurs, les promeneurs, les protecteurs et même les chasseurs …vous avez beaucoup à y gagner.

Merci Francis

Encore une fois un grand merci à Francis pour avoir accepté de se dévoiler un peu plus, j’espère que tout cela vous aura donner envie de découvrir son travail, pour rappel vous pouvez le retrouver:

Bien évidemment si vous connaissez un photographe de talent, qu’il soit professionnel ou amateur, et  que vous souhaitez  le faire découvrir à la communauté de Bon Plan Photo, ou si vous voulez vous même vous prêter au jeu de l’interview, il suffit de me contacter.

a propose Gregory LAROCHE

J’ai créé bonplanphoto.fr en 2010 pour partager avec vous mes découvertes et petits trucs photographiques.

N’hésitez pas à me contacter pour toutes propositions de projets ou partenariats.

2 Commentaires

  1. Une nouvelle interview intéressante proposée par Bon Plan Photo, avec toujours de très jolies photos (bravo à Francis Cauet).
    Et cela m’a permis de découvrir le terme « digiscopie ».

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