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A la rencontre de David Rochas

Aujourd’hui, partons à la rencontre de David Rochas, photographe de mariage, mais pas que! Je vous laisse faire connaissance. Evidemment, si vous voulez suivre son travail, vous pouvez le retrouver:

A la rencontre de David Rochas

Bonjour David

Peux-tu te présenter en quelques lignes, comme photographe, mais pourquoi pas sur ta vie en dehors de la photographie?

Je suis né à Fortaleza, au Brésil. J’ai passé ma vie entre ces deux pays jusqu’à mes 18 ans. J’ai d’ailleurs pris mon premier avion quand j’avais 3 mois! J’en ai aujourd’hui 29. Du coup le voyage est partie intégrante de ma vie, et la photographie s’est greffée au fil des années. Aujourd’hui, je ne peux pas différencier une vie « normale » de celle de photographe.  Je travaille six mois par an en tant que photographe de mariage, et le reste du temps je sillonne le globe et donne des cours de photos (autant chez moi qu’à l’étranger).

Mais je ne suis pas que photographe, je suis aussi: un fervent défenseur des droits humains, impliqué politiquement, écologiste, décroissant convaincu, geek dans tous les domaines on l’on peut dire « geek », végétarien, très curieux dans le domaine de l’histoire et de la géopolitique, fan de zoologie, cinéphile, polyglotte, lecteur de science fiction, (mauvais) joueur de tennis et de padel, un cuisinier enthousiaste, otaku, radonneur MUL, j’ai essayé de jouer de la musique, etc… en fait je m’intéresse à quasiment tous les domaines, ce qui me donne une facilité à comprendre les enjeux des pays que je visite et ça me permet aussi de discuter assez facilement avec tout le monde.

Raconte-nous comment la photographie est entrée dans ta vie ?

Malgré le fait d’être bon élève,  je n’ai même pas passé mon bac car je me suis arrêté à l’équivalent de la première. Je me suis projeté directement dans la vie active à 19 ans.  J’ai repris et développé l’affaire familiale d’importation et revente en gros à mes 20 ans. Je travaillais essentiellement avec la Chine. Ce travail m’a permis de rencontrer cette autre culture si compliquée et, au fil des années passées à la confronter,  j’ai appris à l’aimer. Ca m’a aussi permis d’avoir les moyens financiers de partir en voyage dans d’autres endroits du monde dès que le temps me le permettait. La photographie est alors apparue comme une évidence pour capturer les instants et les personnes rencontrées.

Quelques années plus tard, après mon pèlerinage sur le chemin de Compostelle et malgré que l’entreprise tournait assez bien, j’ai tout arrêté pour partir vivre presque deux ans en Australie et en Nouvelle Zélande. Oui, mon mode de vie précédent ne pouvait plus satisfaire ma curiosité, et ce monde où l’argent était la première des préoccupations m’emplissait l’esprit d’un vide immense. Là-bas, grâce à cette aventure magnifique, la photographie a pris une place plus importante dans ma vie et à l’époque je me suis surtout spécialisé dans la photo de nature.

Peux-tu nous présenter ton/tes style(s) de photo de prédilection ?

Aujourd’hui j’ai deux styles de prédilection, qui ne vont d’ailleurs pas assez souvent ensemble je trouve: la photo de mariage et la photo de paysage. On me contacte d’ailleurs souvent pour faire des séances de type « paysagesque ».

Pour beaucoup de photographes, le mariage n’est qu’alimentaire et ils détestent le faire. Pour moi c’est tout le contraire! La photo de mariage m’apporte énormément. En plus d’être un travail très agréable et dont je tire la plus grande partie de mes revenus, c’est une style qui me permet de démontrer toute ma créativité (souvent même plus qu’en paysage). C’est vraiment un style que j’affectionne énormément! Tous les weekends, je suis entouré de personnes heureuses dans des endroits magnifiques, je mange bien et je bois du champagne. En plus, je suis très bien payé pour le faire! 🙂

Le paysage fait partie de l’autre côté de ma personnalité, celui qui veut être seul et tranquille. L’année dernière je suis parti en Islande, seul dans un 4×4 avec une tente de toit et des vivres. En 12 jours, j’ai parlé à moins de 10 personnes. J’étais le plus heureux!

Tu as l’occasion de beaucoup voyager, mais y a t’il un endroit que tu affectionnes particulièrement.

De tous les endroits que j’ai pu visiter, l’Islande est vraiment le plus beau. Ce qui est incroyable c’est que dès que l’on sort de la route principale, il n’y a plus personne, le désert. J’ai toujours adoré les déserts.

Comment se compose ton sac photo ?

Ça dépend de ce que je fais! Déjà, je n’ai pas vraiment de « sac photo » à proprement dit. Ils sont chers, lourds et volumineux. J’utilise seulement des inserts dans d’autres sacs prévus pour autre chose.

Pour la photo de paysage/voyage: J’ai deux sacs de voyage de la marque OSPREY, j’utilise généralement le plus petit, un « talon 33L » dans lequel j’enfile un insert bleu générique acheté sur ebay 10€, un boîtier Sony A7II, un L plate ArcaSwis générique acheté aussi sur ebay, un Nikkor 20mm f1.8 G avec une bague d’adaptation Monture Nikon F vers Leica M, un vieux Minolta MD 40mm F/2 avec une bague d’adaptation Monture Leica M vers SONY E et un vieux Pentax 135mm F/3,5 (que le père d’un copain m’a offert, qui s’est  révélé être très bon et léger) avec une bague d’adaptation Monture Pentax K vers Leica M, des filtres LEE, 2 batteries en plus, une dizaine de cartes 16go (je n’amène pas d’ordinateur en voyage), une batterie de secours grande capacité et un kit de nettoyage. Pour le trépied ça dépend, si je dois randonner, je prends un trépied Sirui en fibre de carbone minuscule qui fait 700g, mais qui est super stable avec le A7. Si je suis en roadtrip, c’est un GITZO avec une tete Really Right Stuff. Mais j’ai récemment fait une découverte extraordinaire. J’ai acheté un SONY RX 100 IV. J’ai pris le Sony A7 et le RX100 en Patagonie et je défie n’importe qui de découvrir quelles photos (de payasage) sur mon site ont été prises avec l’un ou l’autre. Juste pour la partie photo, mon sac ne fait jamais plus de 5kg, trépied compris.

Pour le Mariage: Un insert Vanguard dans un gros sac de voyage/sport vintage en Cuir, un arnais Holdfast Moneymaker avec mes deux Nikon D750 dont un avec Grip, mon optique principale est un Nikkor 50mm f/1.4 monté sur l’appareil avec le grip. Les Nikkor 20mm f1.8 (le même que pour le paysage), Nikkor 28mm f1.8, et Nikkor 135mm F/2 se partagent le deuxième D750. En outre, j’utilise aussi le A7 pour les photos de couple posées et les photos de soirée. Je peux mettre dessus mon Zhongyi speedmaster 50mm f0.95 (monture sony E) et aussi le Nikkor 50mm f1.4 avec un adaptateur tilt shift de chez Fotga. Plein de cartes SD. Même si je ne l’utilise quasiment jamais, même en soirée, je prends un flash au cas où. Un autre flash plus puissant dans la voiture, encore au cas où. Kit de nettoyage et plein de petits accessoires pour faire des effets surprenants.

Imagines que tu dois partir 10 jours sur une île déserte, quel matériel photographique qui t’est vital amènerais tu ?

Si je devais me débrouiller pour ma survie, je prendrais le Sony rx 100 IV (avec quelques batteries et/ou un chargeur solaire) sans hésiter une seconde! Mais 10 jours tout seul, c’est pas assez!

Où puises-tu ton inspiration (artistes, tes « maîtres à photographier », d’autres formes-expressions artistiques… )?

Il y a quelques photographes qui me sont chers, comme Sebastiao Salgado, Steve Mc Curry, Martin Parr ou encore Vincent Munier. Aujourd’hui j’ai une grande collection de livres de photo et une de mes dernières trouvailles, SNJOR de Christophe Jacrot, m’a vraiment émerveillé.

Quand je vais dans un musée, j’essaye de m’inspirer des techniques de lumière, de mouvement, de textures et de cadrage des toiles des grands maîtres. Je peux y passer des heures, c’est passionnant!

Je pense que l’inspiration vient un peu de partout. Par exemple j’ai compris qu’il fallait que je ne fasse que les photos que j’aime, quand un jour par hasard, j’écoutais un groupe de Rap américain (Run the jewels). Ca parait bizarre dit comme ça, mais c’est vrai. Ils font une musique très étrange et sont à fond dedans. J’aime pas forcément leur style de musique, mais j’apprécie vraiment l’énergie que ça dégage. Je me dis que c’est ça qu’il faut faire! Aller à fond dans une direction quitte à se ramasser plus tard. Et tant pis si ça plait pas à tout le monde! Au moins je vais attirer les personnes qui aiment mon art et qui du coup, me ressemblent. Ce qui me permettra de travailler toujours dans de meilleures conditions. Et ce qui est fou, c’est que ça marche!

 Parmi tes photos, si tu ne devais en retenir qu’une seule, peux-tu nous présenter ta photo préférée et nous raconter son histoire?

Je n’ai pas de photo préférée. J’en ai tellement fait! C’est une question bizarre mais qui revient souvent. Une de celles que j’aime le plus est celle prise en Ecosse, où je vais d’ailleurs donner un stage de photo en Octobre cette année.
Après une semaine de beau temps remarquable sur l’île de Skye, ce qui est mauvais si on veut faire des belles photos de paysage en Ecosse, mes deux amis photographes et moi-même décidons d’aller sur l’île de Eigg pour notre dernier jour. Nous avons pris un ferry pour arriver sur une île minuscule où les voitures ne sont pas les bienvenues.  Nous partons donc tous les trois en balade vers la plage avec la vue sur les montagnes de l’île de Rum. Le temps est encore au beau, avec un peu de vent et il fait quand même assez frais. Je passe mon temps à chercher de belles compos en attendant le couche de soleil et je repère un bel endroit pour un premier plan sur un banc de sable. Tout d’un coup, on voit au large s’approcher un énorme nuage d’orage noir qui en quelques minutes a entièrement caché le soleil. Le vent s’est mis à souffler plus fort et la température à chuté encore de quelques degrés. Puis la pluie est arrivée et, tout d’un coup, ouahhh! Le soleil est passé en dessous des nuages! Une lumière orange et chaude s’est dégagée des nuages, tout ça avec la pluie qui tombait sur les pics des montagnes en face. Plus rien ne comptait, c’était comme hors du temps! Un moment magique!

 Quelle serait la prochaine photo que tu aimerais faire ?

Une séance de couple dans les îles Féroé ça serait cool! En même temps, j’irai parler aux associations de protection de la vie marine sur place et en apprendre plus sur le massacre des baleines. J’aimerais leur donner mon support pour l’arrêt de cette pratique moyenâgeuse.

Peux-tu nous parler de tes projets photographiques?

J’en ai mille et aucun de concret en même temps. Je suis très impulsif et décide de quoi faire sur un coup de tête.

Imagine que l’on te donne un crédit illimité, quel projet photographique, dingue ou plus sage, aimerais-tu réaliser?

Le tour du monde en 12 ans comme dans le livre de Sebastiao Salgado « Genesis ». Oh oui alors!

Peux-tu nous raconter un de tes meilleurs souvenir pendant une séance photo et pourquoi pas également le pire?

On va dire que c’est un mix entre un très bon souvenir et un très mauvais! Il ya quelques temps, je suis parti en Patagonie et un de mes amis photographe, Loric, m’a rejoint pour quelques randonnées dont celle de « la laguna de los tres », une des randos les plus populaires de la Patagonie argentine. Nous avions décidé, si la météo était clémente, de ne pas dormir au campement qui se trouvait à 1h en contrebas de la lagune et dormir au pied de celle-ci pour réaliser des photos du coucher, des étoiles et de ne pas avoir à se lever trop tôt pour le lever du soleil car on avait une grosse journée qui nous attendait le lendemain.
Donc nous avons pris tout notre temps pour la rando la journée et étions les seuls à monter quand les derniers randonneurs (surtout des photographes) redescendaient au campement. Nous avons même croisé un touriste Argentin à qui on a fait part de notre entreprise, celui-ci était émerveillé en nous répondant avec de gros yeux  » ¡Que aventura! ». J’avoue que dès qu’il est parti, je me suis un peu moqué de lui: qu’est-ce qu’il y a de si incroyable à dormir en haut d’une montagne? Encore un touriste citadin qui n’a pas du tout l’habitude de la montagne! La suite me prouva qu’il n’avait pas tort, même si je doute que lui même n’aurais pas pu deviner ce qui allait se passer!

Arrivant au sommet, on installe la tente au milieu d’un monticule de pierres entourant la tente pour la protéger du vient violent, qu’avaient construit d’autres randonneurs qui avaient eu la même démarche que nous auparavant. Pas de beau coucher de soleil comme prévu. Nous étions donc seuls, par une nuit noire sans lune mais toutefois la météo était très agréable. Pas de vent et aucun bruit. Nous avons fait à manger quelques pâtes au légumes lyophilisés comme d’habitude avec quelques noix et fruits secs en dessert. Mon ami a voulu prendre des photos d’étoiles et s’est éloigné à quelques mètres de la tente. De mon côté, j’étais fatigué et comme les photos d’étoiles ne m’intéressent plus beaucoup, j’allais me préparer à me coucher. Je me suis mis à moitié dans la tente et me déchaussais les pieds hors de celle-ci. Quand tout à coup j’entends Loric s’exclamer: « David! David! Vite! Ya quelque chose là! Il y a une bête! Un puma… je crois que c’est un puma! Il est à 3 mètres de moi ! Fais quelque chose! » Pendant 2 secondes j’ai cru à une blague, puis j’ai vraiment entendu de la peur dans sa voix. Du coup moi aussi j’ai eu peur, la peur de ma vie même! Je renfile ma chaussure sans la lacer et je cherche quoi faire… Du bruit! oui du bruit! mais comment? J’attrape mon sac à dos qui est équipé d’un sifflet strident, je siffle de toutes mes forces à plusieurs reprises! Je ne sais pas combien de temps ça a duré mais au bout d’un moment j’ai dit à mon ami de revenir à la tente, même si ça n’aurais rien changé en cas d’attaque, le monticule de pierres autour de la tente avait je ne sais quoi de rassurant, comme une petite muraille. Puis en cherchant avec les lampes frontales, on ne le voyait plus. Parti.

Mais pas pour longtemps! Au dessus de la crête qui était à 20-30 mètres, on ne voyait que ses grands yeux ronds qui réfléchissaient la lumière des lampes. Il a fait des allers-retours sur la longueur de la crête pendant une bonne dizaine minutes. Pendant ce temps, on tapait des casseroles, on s’agitait, on jetait des pierres dans sa direction, en agitant le camping gaz allumé, on a réussi à faire d’énormes flammes jaunes. On a même construit une lance à partir d’un opinel, d’un bâton de marche et de corde au cas où il nous attaquerait. On s’est affairé à tout ça pendant une bonne heure. Mais le puma était parti depuis bien longtemps je pense… Plus tard, on a quand même réussi à s’endormir, la lance de fortune pas trop loin 🙂

Après coup, on pense que le puma n’était là que pour boire à la lagune et, comme un chat curieux, il est venu voir ce qu’on faisait sans intention de se faire voir ou de nous déranger.

Si tu devais faire découvrir un photographe peut être encore méconnu, et un seul, à BonPlanPhoto et à ses lecteurs, qui proposerais-tu?

Je ne peux pas en faire découvrir qu’un seul, ce serait pas juste. J’ai deux amis avec qui j’ai démarré la photo, qui partagent la même passion et qui ont un talent fou:
Hugo Hennequin et Loric Gonzalez .

Une question à laquelle tu aurais aimé répondre ?

Quel est mon parfum de glace préféré?

Aujourd’hui, c’est pistache.

Merci David

Encore une fois un grand merci à David pour avoir accepté de se dévoiler un peu plus, j’espère que tout cela vous aura donner envie de découvrir son travail, pour rappel vous pouvez le retrouver:

Bien évidemment si vous connaissez un photographe de talent, qu’il soit professionnel ou amateur, et  que vous souhaitez  le faire découvrir à la communauté de Bon Plan Photo, ou si vous voulez vous même vous prêter au jeu de l’interview, il suffit de me contacter.

a propose Gregory LAROCHE

J'ai créé bonplanphoto.fr en 2010 pour partager avec vous mes découvertes et petits trucs photographiques. N'hésitez pas à me contacter pour toutes propositions de projets ou partenariats.

Un commentaire

  1. Jacques Stroobant (ou Howen)

    « un fervent défenseur des droits humains, impliqué politiquement, écologiste, décroissant convaincu, geek dans tous les domaines on l’on peut dire « geek », végétarien, très curieux dans le domaine de l’histoire et de la géopolitique, fan de zoologie, cinéphile, polyglotte, lecteur de science fiction, (mauvais) joueur de tennis et de padel, un cuisinier enthousiaste, otaku, radonneur MUL, j’ai essayé de jouer de la musique, etc… »

    Woaoawwwwwww…. Moi, je suis subjugué…. moi, qui ai toutes les peines du monde à faire une chose à la fois…. comme me dit ma femme. Juste une toute petite question, une seule…. (je n’exprimerais pas les autres, trop nombreuse) faire tout ça, rouler en 4×4, passager d’avion depuis l’âge de 3 mois et de tels projets de tours du monde etc etc etc… est ce bien vraiment cohérent de se présenter comme étant ECOLOGISTE ????? 😉

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