A la rencontre de Yohan CHARDEY

Aujourd’hui, partons à la rencontre de Yohan CHARDEY, photographe de 30 ans basé à Montpellier, passionné également de musique et de littérature. Yohan a accepté de se prêter au jeu de mes questions et je vous propose donc d’en découvrir un peu plus sur ce photographe passionné. Vous pouvez également retrouver sont travail sur :

A la rencontre de Yohan CHARDEY
Yohan CHARDEY
Tous droits réservés à Yohan CHARDEY
Bonjour Yohan,
Peux-tu te présenter en quelques lignes, comme photographe, mais pourquoi pas sur ta vie en dehors de la photographie?

Je m’appelle Yohan Chardey, photographe de 30 ans basé à Montpellier depuis 1 an après 10 ans de vie parisienne. Ma vie en dehors de la photographie est rythmée par mon amour des arts, et plus principalement par la musique et la littérature. La musique est la première merveille qui a permis de façonner ma sensibilité artistique, notamment le milieu du métal et le style assez large qu’est la musique de film. Je me suis retrouvé par hasard à jouer du piano, et très vite je me suis mis à composer de nombreux morceaux dans un style assez mélancolique.

La littérature est arrivée bien plus tard, mais l’effet fut tout aussi impactant. Après une longue phase boulimique de dévoration de livre de tous les styles, je n’ai pu m’empêcher de créer à mon tour : j’ai écrit deux livres (un petit roman et un petit recueil de nouvelles).

série « Le ciel nous tombe sur la tête » – Tous droits réservés à Yohan CHARDEY
Peux-tu nous raconter comment la photographie est entrée dans ta vie ? 

La photographie est arrivée dans ma vie un peu comme l’astéroïde sur la tronche des dinosaures : ça m’est tombé dessus par hasard. Je crois bien que j’étais en voyage en Japon avec des amis, et parmi eux s’en trouvait un multi-talent que j’admirais pudiquement. La photographie faisait partie de ses passions, et voir ses photos de rue et ses portraits ainsi que sa façon de faire m’ont beaucoup influencé. Une petite dose de curiosité, du mimétisme, mon côté rêveur, et voilà que je me retrouve à acheter mon premier appareil photo au Japon sur ses conseils. Et voilà que cela se transforme inévitablement en passion quelques temps plus tard.

Série « Ode à la lumière » – Tous droits réservés à Yohan CHARDEY
Quelles sont tes spécialités photographiques ? 

Pour le côté business, j’ai deux spécialités : Le mariage et la mise en valeur des lieux.

Pour le côté personnel et plus artistique : le paysage et le travail en série.

Yohan CHARDEY
Tous droits réservés à Yohan CHARDEY
Sors- tu toujours accompagné de ton appareil photo ?

Pas vraiment non, c’est d’ailleurs assez rigolo de notifier que nombre de mes amis passent leur temps à prendre des photos avec leur téléphone alors que moi pas du tout (je suis souvent celui qui les attend ahah). Je le prends quand je suis à peu près sûr de photographier quelque chose qui m’intéresse et qui va rendre (ou faire plaisir aux proches lors d’anniversaires, portraits ou autres). Je ne suis pas trop du genre à photographier tout ce que je vois tout le temps. J’aime bien aussi profiter pleinement de ce qui m’entoure.

Yohan CHARDEY
Tous droits réservés à Yohan CHARDEY
Est-ce que ton travail est influencé par certains photographes ? 

Cela me paraît inévitable oui. Je pense que quelque soit la discipline artistique, nous sommes d’abord nourris par tout ce qu’on a vu. Cela ressort inconscient ou non dans notre travail. Parmi ceux qui m’ont influencé, se trouvent Sébastien Roignant pour le reportage, Lucas Zimmermann pour sa série des feux rouges, Nick Brandt pour ses photos animalières puissantes et dramatiques, Alexandre Deschaumes pour ses époustouflants paysages, et plein d’autres… Bref, tous les styles de photographies m’ont inspiré, même Serge Ramelli à mes débuts !

Série « Ici et ailleurs » – Tous droits réservés à Yohan CHARDEY
Parmi tes photos, si tu ne devais en retenir qu’une seule, peux-tu nous présenter ta photo préférée et nous raconter son histoire ? 

Le choix n’a pas été facile, mais je pense que c’est celle là. J’ai hésité avec des photos de paysages, mais c’est moins original. C’est une de mes premières photos de ma première série « l’Étranger ». La photo a été réalisée à Paris dans un bâtiment en partie désaffecté. En partie car beaucoup d’artistes avaient installé leur atelier pour y pratiquer leur art. Comme d’habitude pour cette série, j’ai placé le trépied avec un retardateur de 10 sec pour venir me positionner à l’endroit souhaité et osciller légèrement afin d’obtenir un léger effet de flou pour que le personnage paraisse fantomatique. Le résultat a été plus probant que prévu car on a vraiment l’impression que je suis à moitié derrière la vitre, moitié devant… Un effet dont on m’a accusé (le mot « accusé » est je pense bien choisi en ce qui concerne l’aversion que certaines personnes ont pour la retouche ^^) d’avoir utilisé photoshop. Mais pas du tout. Pas de Photoshop.

Série « l’Étranger »- Tous droits réservés à Yohan CHARDEY
Peux-tu nous parler de tes projets photographiques, de tes actualités (peut être l’occasion de parler de tes séries) ?

Le seul projet qui est en cours en ce moment est un projet business pour la photo immobilière, mais je ne pense pas que ce soit intéressant d’en parler ici ^^. Par contre je peux volontier en dire plus sur mon travail d’auteur en série.

Mon premier travail en série fut « l’Étranger » , une série assez sombre dans laquelle je me mets en scène afin de créer une sensation oppressante pour celui qui regarde. Étant un grand fan de l’univers Lovecraftien et tout ce qui touche à l’horreur et l’épouvante en général, j’ai voulu créer une série de photos en noir et blanc dans lesquelles se « cache » un personnage dont on aperçoit à moitié la silhouette. C’est une sorte de « Où est Charlie ? » version epouvante ^^.

Ensuite il y a eu « Une ode à la lumière » , une série de photo au format carré plutôt abstraite et presque plus graphique que photographique. Une série qui rend hommage à la lumière et la couleur, le tout sur un fond plus noir que le silence des espaces infinis.

« Le ciel nous tombe sur la tête » : une série assez classique composée de paysages dramatiques, très influencée par le travail de photographes de paysages comme Alexandre Deschaumes.

« Ici et ailleurs » : toujours du paysage, mais ici la volonté de faire du surréalisme coloré a pris le pas sur la précédente série. L’influence de cette série vient essentiellement de la direction artistique et graphique du jeu vidéo « No man’s sky ». Un jeu avec des paysages d’exoplanètes complètement irréels, grâce à l’utilisation originale d’une palette de couleurs étendues et assez saturées.

Et enfin le travail qui réunit ma passion pour la photo et la littérature : « Littérature photographique » est un ensemble de petites histoires avec une prose travaillée pour mettre en valeur certaines de mes photos qui ne s’inséraient pas dans d’autres séries, mais qui méritaient quand même une place dans mon travail selon moi. C’est un travail qui me tient à coeur et dont parfois je me demande si ce n’est pas celui dont je suis le plus fier. Ce sont des histoires très inspirées de la littérature horrifique et mélancolique des auteurs comme Edgar Allan Poe, Lovecraft et Clark Ashton Smith. Des histoires faisant la part belle à l’amour et la mort.

Yohan CHARDEY
Série « Ici et ailleurs » – Tous droits réservés à Yohan CHARDEY
Peux-tu nous raconter un de tes meilleurs souvenir pendant une séance photo et pourquoi pas également le pire ? 

Meilleur souvenir : Durant un mariage me retrouvant à faire des selfies avec le témoin tellement on rigolait ensemble (avec le reflex lourd). Ou encore quand un client m’invite à boire un verre après une séance photo. Rien de bien incroyable, mais ce sont des moments magiques qui me font dire que je fais le meilleur métier du monde.

Le pire souvenir : Une séance portrait avec une actrice sexagénaire. La séance se déroule normalement jusqu’à la fin, puis au moment de se quitter elle se lance dans un monologue de 30 min (30 min !!) pour me dire que les extraterrestres existent et qu’ils sont parmis nous ; qu’on peut discuter avec eux en entrant dans la 5ème dimension ; qu’ils ont génétiquement modifié dans le passé les singes pour en faire des hommes ; que moi, en tant que photographe, j’avais la capacité de capter avec des photos, des signes transcendantaux se trouvant partout dans la nature comme les spirales… J’en pouvais plus. C’en suffisait de peu pour entendre que la Terre était plate et que l’homéopathie était plus efficace que les vaccins…

Série « L’Étranger » – Tous droits réservés à Yohan CHARDEY
Si tu devais faire découvrir un photographe peut être encore méconnu, et un seul, à BonPlanPhoto et à ses lecteurs, qui proposerais-tu ?

Elise Julliard, une jeune photographe Lyonnaise qui maîtrise pas mal de domaine dans la photo (mariages, paysages, animalier…). Son travail est déjà très qualitatif pour son jeune âge.

Un dernier mots ? 

« C’est dans les ténèbres que la lumière brille de son plus bel éclat »

Yohan CHARDEY
Série « Ode à la lumière » – Tous droits réservés à Yohan CHARDEY
Merci Yohan

J’espère que tout cela vous aura donné envie de découvrir son travail. Bien évidemment si vous connaissez un photographe de talent, qu’il soit professionnel ou amateur, et  que vous souhaitez  le faire découvrir à la communauté de Bon Plan Photo, ou si vous voulez vous même vous prêter au jeu de l’interview, il suffit de me contacter.

Gregory LAROCHE

J'ai créé bonplanphoto.fr en 2010 pour partager avec vous mes découvertes et petits trucs photographiques. N'hésitez pas à me contacter pour toutes propositions de projets ou partenariats.

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