A la rencontre de Sébastien Ratel

Aujourd’hui, nous continuons nos rencontre avec des photographes passionnés de Dame Nature, et nous partons à la rencontre de Sébastien Ratel, photographe animalier et de nature. Si vous voulez suivre son travail, vous pouvez le retrouver:

A la rencontre de Sébastien Ratel

Bonjour Sébastien,
Peux-tu te présenter en quelques lignes, comme photographe, mais pourquoi pas  sur ta vie en dehors de la photographie?  

Je suis avant tout un passionné de Nature, de vie dans la Nature pour être précis. J’y passe du temps, énormément de temps, quelque soit la météo, de jour comme de nuit. Quoi de plus agréable que de regarder les dernières lueurs du jour assis devant un feu avec son chien.
Avant d’être un métier, la photographie est pour moi l’outil qui me permet de partager ces moments privilégiés passés en dehors du monde moderne. On ne peut garder autant d’émotions que pour soi.


Peux-tu nous raconter comment la photographie est entrée dans ta vie ?

Je suis tombé dedans très jeune, mon père étant un passionné de photographie. Nous avions une chambre noire à la maison et je faisais partie du club photo de mon collège. Ayant toujours été orienté « sciences » j’étais surtout passionné par le côté technologique et technique, mais moins attiré par le côté graphique. 30 ans plus tard c’est exactement inverse.

Renard roux, Vulpes vulpes.
Quelles sont tes spécialités photographiques ? 

Au début je m’intéressais à tous les sujets. Avec le temps je me suis spécialisé dans le domaine de l’image de Nature mais en restant large : faune, flore, paysage, relation de l’Homme à la Nature. J’ai tout de même une préférence pour l’animalier.

Chevreuil, Capreolus capreolus.
Dans ton matériel photo, as-tu un objet porte bonheur, ou un objet qui t’est précieux?

Non, je ne m’attache pas au matériel, c’est une philosophie de vie générale. Par contre l’outil qui m’est le plus utile sur le terrain est de loin ma paire de jumelles (après les chaussures et le sac à dos bien entendu).

Chamois, Rupicapra rupicapra.
Imagines que tu dois partir 8 jours sur une île déserte, quel matériel photographique qui t’est vital amènerais tu ?

L’ensemble de mon matériel photo se compose tout simplement d’un bridge, d’un trépied et de deux filtres, donc la réponse est assez facile dans mon cas.

Renard roux, Vulpes vulpes.
Est-ce que ton travail est influencé par certains photographes?

A vrai dire je ne suis pas vraiment le travail des autres photographes (je ne dois en connaître que deux ou trois de nom), mais nous vivons dans un monde d’images (parfois pour le meilleur, souvent pour le pire) on ne peut y échapper, il est donc certain qu’il y a des influences même si elles sont inconscientes.

Wapiti, Cervus canadensis.
Parmi tes photos, si tu ne devais en retenir qu’une seule, peux-tu nous présenter ta photo préférée et nous raconter son histoire?

C’est la question qui m’a pris le plus de temps pour en arriver à la conclusion qu’il m’est impossible d’y répondre de manière tranchée. Mais afin de jouer le jeu, j’en ai donc choisi une parmi celles qui plaisent en général le plus.
Il s’agit d’une rencontre faite lors du balade en raquettes sur la station de Val Thorens. C’était le début de l’hiver, l’enneigement était insuffisant pour le ski hors piste, j’étais donc seul à une bonne centaine de mètres des pistes. Et là un renard dormait sur un rocher, j’ai pu approcher et m’installer derrière une bosse de neige pour l’observer et réaliser quelques clichés. En 45 minutes il n’a fait que bouger les oreilles de temps en temps, totalement serein. La neige en premier plan et la pureté du décor m’ont permis de sortir des images assez épurées. Comme quoi il n’est parfois nul besoin d’aller se perdre dans des endroits reculés pour faire de belles rencontres et sortir de bons clichés.

Renard roux, Vulpes vulpes.
Quelle serait la prochaine photo que tu aimerais faire ?

Une belle photo de loup ou de lynx à côté de chez moi. J’en ai déjà mais uniquement des photos « documentaires », rien de graphique.

Pingouin torda.
Imagine que l’on te donne un crédit illimité, quel projet photographique, dingue ou plus sage, aimerais-tu réaliser?

Après avoir beaucoup voyagé je me concentre maintenant sur la région où j’habite, donc plus besoin de crédit illimité. De plus, depuis quelques années, je ne fonctionne plus par projet ou par anticipation, je me contente de me balader avec l’appareil au fond du sac et mes images sont prises en fonction des rencontres et des ambiances sur le terrain.

Chamois, Rupicapra rupicapra.
Peux-tu nous raconter un de tes meilleurs souvenirs pendant une séance photo et pourquoi pas également le pire?

Pour le bon souvenir je vais là aussi en prendre un parmi de nombreux autres : une séance photo sur l’île de Bonaventure au Canada pour photographier la colonie de fous de Bassan. Le spectacle est à couper le souffle, plus de 50.000 couples en pleine nidification ! L’ambiance sonore est impressionnante également. J’adore cet oiseau, il est très graphique, avec des lignes pures, effilées. Une journée complète à me tordre dans tous les sens afin de trouver de bonne composition, avec des oiseaux en permanence en mouvement. Et chapeau obligatoire pour les objets venant du ciel (et oui, vu le nombre d’oiseaux qui nous passe au dessus, statistiquement on en prend forcement au moins une).

Pour la pire séance c’est extremement simple, et j’ai un bon paquet d’exemples, il s’agit des moments magnifiques dont je n’ai pas pu ramener une image correcte (plus assez de batterie, condensation sur la lentille, mise au point impossible, pas assez de lumière, pas le temps de prendre un cliché, oubli de corriger un paramètre, etc.).

Fou de Bassan, Morus bassanus.
Si tu devais faire découvrir un photographe peut être encore méconnu, et un seul, à BonPlanPhoto et à ses lecteurs, qui proposerais-tu? 

Comme je le disais, je ne connais pas le travail de mes collègues, « joker » donc.

Fou de Bassan, Morus bassanus.
Un dernier mot?

Nous vivons dans un monde matérialiste, mais ne vous focalisez pas sur le matériel. La photo est heureusement l’un de ces nombreux domaines où l’on peut faire beaucoup avec (relativement) peu. Y compris en animalier. Idem pour les voyages, j’ai vécu autant de moments intenses et réalisé autant de « bons » clichés juste à côté de chez moi qu’à l’autre bout du monde. Ouvrez donc les yeux même pendant la balade digestive du dimanche après midi…

Merci Sébastien.

Encore une fois un grand merci à Sébastien pour avoir accepté de se dévoiler un peu plus, j’espère que tout cela vous aura donné envie de découvrir son travail, pour rappel vous pouvez le retrouver:

Bien évidemment si vous connaissez un photographe de talent, qu’il soit professionnel ou amateur, et  que vous souhaitez  le faire découvrir à la communauté de Bon Plan Photo, ou si vous voulez vous même vous prêter au jeu de l’interview, il suffit de me contacter.

Gregory LAROCHE

J'ai créé bonplanphoto.fr en 2010 pour partager avec vous mes découvertes et petits trucs photographiques. N'hésitez pas à me contacter pour toutes propositions de projets ou partenariats.

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