A la rencontre de Nathalie Houdin

Aujourd’hui, partons à la rencontre de Nathalie Houdin, photographe amoureux de la nature et les animaux, passionnée depuis son enfance. Nathalie a accepté de se prêter au jeu de mes questions et je vous propose donc d’en découvrir un peu plus. Vous pouvez également retrouver sont travail sur :

A la rencontre de Nathalie Houdin
Bonjour Nathalie,
Peux-tu te présenter en quelques lignes, comme photographe, mais pourquoi pas sur ta vie en dehors de la photographie?

Née en 1977, je suis photographe professionnelle depuis 1998. La photographie est pour moi une passion et un engagement envers la nature. C’est un besoin de m’éloigner de la vie moderne pour revenir à des choses plus essentielles et vraies. Une envie de partager cette beauté que nous trouvons tout autour de nous, pour témoigner de ses forces et de ses fragilités , pour attirer l’attention sur une nécessité urgente de sauvegarder nos racines et notre héritage.

Mon travail se base actuellement sur la réalisation de reportages axés sur la conservation et la relation entre l’homme et la nature. J’interviens également auprès de scolaires pour le Parc Naturel Régional de Chartreuse pour sensibiliser les enfants à la nature qui les entoure au travers de la photographie. Je suis quelqu’un discret et de peu enclin à dévoiler ma vie « en dehors de la photographie », mais disons que j’ai plein de projets en tête , et que ma deuxième passion est le voyage.

Nathalie Houdin
Tous droits réservés à Nathalie Houdin
Peux-tu nous raconter comment la photographie est entrée dans ta vie ? Racontes-nous quand et comment tu as commencé la photo?

Depuis toute petite,  je suis passionnée par la nature et les animaux. Je ne pouvais donc concevoir un travail sans eux. Petite j’ai eu la chance de beaucoup voyager, la photo a très vite été une source de plaisir et d’inspiration. Je me suis donc orientée vers un CAP de photographie à la SEPR de Lyon. J’ai commencé par le reportage de mariage.

Très attirée par la montagne,  mes randonnées m’ont permise de croiser le regard du bouquetin et cet animal m’a fascinée. Je suis alors allée à sa rencontre régulièrement durant 7 ans et lui ai consacré en 2010 un livre «  Le bouquetin au fil des saisons ». C’est grâce à lui que j’ai réellement commencé la photographie de nature et qu’elle ne m’a plus lâchée depuis !

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Quelles sont tes spécialités photographiques ?

J’ai commencé par la photographie de montagne par amour pour ces lieux et pour le bouquetin mais en parallèle je m’intéressais aussi à tout un tas d’autres sujets. J’aime travailler en fonction de mes rencontres. Que ce soit en macro, avec un télé ou un grand angle. Ma spécialité c’est le reportage de conservation et ça me tient vraiment à coeur. Je suis co-fondatrice de l’association Lenses For Conservation avec mon ami et collègue Denis Palanque.

Notre association s’est donnée comme objectif de promouvoir la conservation au travers de la photographie. Au delà de la simple préservation de la faune et la flore, nous voulons aussi contribuer à la mémoire des habitats et au soutien des diverses cultures locales.

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Dans tout ton matériel photo, as tu un objet porte bonheur, ou un objet qui t’est précieux?

 Pas vraiment … Mais je crois que la seule chose dont je ne pourrais me séparer c’est mon 500mm !

Où trouves-tu ton inspiration?

Dans la nature ! Elle offre tellement de variété et une palette si extraordinaire. C’est elle qui me ressource et c’est là que j’ai besoin de me retrouver régulièrement. En dehors de l’animalier pur j’aime jouer sur les formes et les matières pour aller complètement dans l’abstrait aussi. Ma dernière exposition « Glacial » était entièrement consacrée à cette vision.

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Parmi tes photos, si tu ne devais en retenir qu’une seule, peux-tu nous présenter ta photo préférée et nous raconter son histoire?

Alors ça c’est vraiment difficile ! Je n’ai pas de photo préférée. Je vais donc plutôt en choisir une par rapport à son histoire. Lorsque j’habitais en Isère j’entendais régulièrement une hulotte. J’ai inspecté tous les trous d’arbre des alentours mais sans succès. Puis une journée ou je revenais de forêt je l’entends tout près de moi, ce qui m’indiquait dans quelle direction chercher le trou. Je passe tous les arbres en revue , rien ! Pourtant je suis sûre qu’elle se trouve près de cette maison au bord de la forêt où personne ne vient à cette période de l’année.

Puis quelque chose attire mon regard dans une des 4 cheminées de la maison, elle est là ! Enfin je l’ai trouvée…. depuis le temps que je la cherchais ! Et là, à ma grande surprise (et à ma grande joie !) une autre hulotte apparaît dans une deuxième cheminée ! Madame et Monsieur font donc chambre à part !

Le couple passera tout l’hiver ici, une chance pour moi puisque cette maison est juste en dessous de la mienne ! Régulièrement je vais les voir, on se regarde, je fais quelques images rapidement et je repars pour ne pas les déranger. Parfois j’aperçois Madame dans une cheminée, puis  une autre fois c’est Monsieur dans une autre et de temps en temps, les deux sont réunis dans la même.

Puis, début mars, les propriétaires saisonniers arrivent pour  remettre en ordre la maison, arranger un peu le jardin. Mais ce n’est pas ça qui va déranger notre couple de hulottes et le faire partir… en tous cas pas encore ! Ils se contentent de surveiller d’un œil discret ce qu’il se passe en dessous de « chez eux ». Pour ma part, je vais quand même signaler leur présence aux habitants mais ils me rassurent : ce n’est pas dans ces deux cheminées là qu’ils font du feu !!!

Quelques semaines plus tard,  c’est le signe du départ pour les chouettes. Une seule d’abord  quitte son abri hivernal, sûrement pour trouver le bon endroit pour les futurs petits qui naîtront bientôt. Et puis plus tard la deuxième s’envole à son tour. Elles restent parmi mes plus belles observations.

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Quelle serait la prochaine photo que tu aimerais faire ?

Pas une en particulier mais j’adorerais photographier des orques, c’est un animal qui me fascine et que je rêve de côtoyer.

Peux-tu nous parler de tes projets photographiques?

Je prépare une nouvelle exposition pour l’année prochaine mais je ne dévoilerai pas le thème pour le moment 😉 je préfère laisser la surprise de sa sortie. Pour cette année les projets sont donc la quête des images qu’il me manque pour sa réalisation. Egalement la préparation de l’exposition commune que je réalise avec Denis Palanque sur notre dernier reportage de conservation à Madagascar pour le festival de Montier en Der où nous aurons le grand honneur d’exposer , qui plus est au chapiteau.

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Imagine que l’on te donne un crédit illimité, quel projet photographique, dingue ou plus sage, aimerais-tu réaliser?

Mon domaine de prédilection étant la conservation je m’orienterais sans aucun doute vers un projet de reportage. Il y a tellement à faire ! Peut-être choisirais-je de travailler sur les primates, même si cela à déjà été fait et bien fait. Ce sont des animaux qui me touchent particulièrement et qui disparaissent à grand pas ! L’orang-outang bien sûr, le gorille et bien d’autres encore si le budget était illimité.

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Peux-tu nous raconter un de tes meilleurs souvenir pendant une séance photo et pourquoi pas également le pire?

Un de mes meilleurs moments à été la rencontre avec des lémuriens dans la forêt de Kirindy à Madagascar. Nous étions venus photographier le relâcher de microcèbes avec les scientifiques travaillant sur ces minuscules primates. Puis au moment de repartir, un groupe de Lémurs à front roux est arrivé vers nous. Nous n’osions pas trop bouger pour ne pas les effrayer mais très vite nous nous apercevons qu’ils n’ont pas peur du tout, bien au contraire. Ils étaient très très curieux. Tout d’abord ils ont inspecté nos sacs, puis se sont approchés de nous pour nous regarder de plus près. Nous avons alors sorti les grands angles pour leur tirer le portrait, ce qui visiblement n’a pas eu l’air de les déranger, l’un d’entre est même venu lécher la lentille de mon objectif !!

Nous sommes restés avec eux presque une heure puis sommes repartis à la nuit rejoindre notre camp, un moment magique et unique !!

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Si tu devais faire découvrir un photographe peut être encore méconnu, et un seul, à BonPlanPhoto et à ses lecteurs, qui proposerais-tu?

Ce serait sans aucun doute Annie Dorioz. Son domaine de prédilection n’est pas la photographie de nature mais plutôt la photographie de rue et d’architecture. Domaines dans lesquels elle excelle avec notamment un sens aigu de la composition.

Un dernier mot ?

Un grand merci à toi pour cet interview. J’espère pouvoir un peu contribuer avec mes images à éveiller les esprits sur l’importance de sauvegarder notre nature. Chaque petits geste , à n’importe quel niveau,  est important.

Tous droits réservés à Nathalie Houdin
Merci Nathalie

J’espère que tout cela vous aura donné envie de découvrir son travail. Bien évidemment si vous connaissez un photographe de talent, qu’il soit professionnel ou amateur, et  que vous souhaitez  le faire découvrir à la communauté de Bon Plan Photo, ou si vous voulez vous même vous prêter au jeu de l’interview, il suffit de me contacter.

Gregory LAROCHE

J'ai créé bonplanphoto.fr en 2010 pour partager avec vous mes découvertes et petits trucs photographiques. N'hésitez pas à me contacter pour toutes propositions de projets ou partenariats.

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