A la rencontre de Laurent Ferrière

Aujourd’hui, partons à la rencontre de Laurent Ferrière , installé dans les Pyrénées. Laurent a accepté de se prêter au jeu de mes questions et je vous propose donc d’en découvrir un peu plus sur ce photographe passionné. Vous pouvez également retrouver son travail sur :

A la rencontre de Laurent Ferrière
Bonjour Laurent,
Peux-tu te présenter en quelques lignes, comme photographe, mais pourquoi pas sur ta vie en dehors de la photographie?  

Photographe installé dans les Pyrénées à proximité de la côte basque et landaise, de Lourdes, je suis aussi régulièrement en Suisse avec la galerie photo Artypique qui me représente à Carouge-Genève. Infatigable marcheur, passionné du monde rural et paysan, j’aime aussi les échappées vers d’autres territoires d’Europe par exemple. Plus j’avance et plus j’ai envie de lenteur, de ressenti et non pas de courir… Des auteurs de chevet expliquent cela : Pierre Sansot pour « Le bon usage de la lenteur », Christian Bobin…

Comme photographe, je travaille beaucoup pour la presse avec le Studio Hans Lucas et l’agence Sipa press comme diffuseurs mais également en corporate et comme portraitiste.

Tous droits réservés à Laurent Ferrière
Peux-tu nous raconter comment la photographie est entrée dans ta vie ?

Voici…40 ans avec un professeur au collège qui avait lancé un club photo et le virus était là : le labo photo sous l’escalier de la maison familiale en Normandie, l’animation d’ateliers pour les centres de loisirs, les stages et workshops…

Quelles sont tes spécialités photographiques ?

La ruralité sans doute, avec humour, on m’a souvent surnommé l’homme qui photographie les arbres, les brebis, les vaches… mais on trouve aussi les portraits de paysans, de bergères et bergers… Je suis devenu aussi en quelques années, l’un des photographes référents pour la presse française et étrangère sur Lourdes avec ses 2 500 000 pèlerins par an, ses pèlerinages atypiques, ses portraits…

En dehors de cela, j’aime photographier tout ce qui est lié aux produits du terroir et leur cuisine… Des séries de portraits plus personnels vont aussi revoir le jour. En dehors de cela, j’aime le reportage qu’il soit dans l’urgence d’une commande pour un quotidien ou en prenant plus le temps.

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Les Pyrénées n’ont plus de secret pour toi,y a t’il un endroit que tu affectionnes particulièrement.

Assurément les vallées en Béarn mais aussi la voisine province de Soule qui est la plus petite du Pays basque. Envie de parler aussi de Lourdes souvent fantasmée, décriée mais rarement connue car la plupart s’arrête à la représentation des boutiques alors qu’elle est intimité et humilité.

Sans oublier deux endroits côté Pays basque sud avec San Sebastien (Donostia) et le désert des Bardenas mais qui devient trop fréquenté à mon goût depuis quelques années.

Où puises-tu ton inspiration (artistes, tes « maîtres à photographier », d’autres formes-expressions artistiques… )?

Denis Dailleux pour ses portraits, son dernier ouvrage « Juliette ». L’ami Eric Bouvet pour avoir oser passer d’un travail essentiellement de grand reporter à un arpenteur des territoires avec une chambre grand format. Harry Gruyaert pour ses couleurs et notamment son travail « rivages ». Peter Lindbergh pour les portraits que cela soit en mode ou pas et son approche sans oublier son travail sur Berlin. Je pourrai en citer encore d’autres alors Saul Leiter pour son univers urbain à sa façon et un pote, Christophe Jacrot, pour être le photographe qui fuit le soleil pour être sous la pluie, dans la neige…

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Parmi tes photos, si tu ne devais en retenir qu’une seule, peux-tu nous présenter ta photo préférée et nous raconter son histoire?

Un exercice toujours difficile car on voudrait parler de plusieurs photos ! Alors j’en choisis une dont j’ai attendu avec une quasi-impatience, qu’un média ose l’utiliser. A Lourdes, à l’issue d’une messe avec des évêques, je flâne du côté de la sacristie et je vois une jeune femme, ranger les chasubles avec sa main qui passe parmi elles. Une main, ces chasubles vertes, tout était là pour le mystère, le silence qui peut régner sur l’église…

Pratiquement deux ans après la réalisation de cette photo, le quotidien La Croix a choisi de l’utiliser en décembre 2019. J’avoue avoir été particulièrement heureux.

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Quelle serait la prochaine photo que tu aimerais faire ?

Envie de me laisser surprendre, elle viendra sans prévenir mais peut-être un portrait inhabituel ou une lumière d’exception sur le lac Léman que je découvre de plus en plus.

Peux-tu nous parler de tes projets photographiques?

Après quelques soucis avec un genou pendant l’été dernier, reprendre des séries sur les bergères et bergers en France, voir au-delà. J’aime profondément ces personnes souvent fantasmées ou décriées mais il faut passer du temps avec elles et eux. J’en fais pratiquement une démarche militante comme pour les paysans.

Imagine que l’on te donne un crédit illimité, quel projet photographique, dingue ou plus sage, aimerais-tu réaliser?

Les trains ! Arrière petit-fils de chef de gare, quelques cheminots dans la famille, que l’on me donne un bon budget pour parcourir les trains sur la planète, du plus insolite au plus mythique. Même imaginer partir de France et déjà parcourir une bonne partie de la planète sans prendre l’avion et le bateau. Il y a un mécène qui me lit ? Promis je lui envoie des cartes postales à chaque halte.

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Peux-tu nous raconter un de tes meilleurs souvenir pendant une séance photo et pourquoi pas également le pire?

J’en compte beaucoup car je prends beaucoup de plaisir dans mon travail alors par exemple cet été, je dois rejoindre une bergère en montagne en rattrapant un des troupeaux au départ. L’éleveur propriétaire du troupeau me voit au départ et sans me connaitre « ah puisque tu es là, je ne monte pas à la cabane et tu vas emmener le troupeau. » Pendant deux heures, seul à suivre le troupeau avec une seule personne devant, je me suis senti berger.

Le pire, il y en a aussi quelques uns comme pour un sportif très connu que je ne vais pas nommer. Une commande pour un quotidien national avec des portraits à faire de lui en prévoyant les prises de vue vers 10 h du matin ! Avec la présence d’une équipe de télévision, je n’ai pu faire les photos qu’à 19 h en seulement une vingtaine de minutes. Fort heureusement, c’était l’anniversaire de ce sportif le même jour et on a réconcilié ma patience avec quelques tournées dans Biarritz, un 21 juin.

Si tu devais faire découvrir un photographe peut être encore méconnu, et un seul, à BonPlanPhoto et à ses lecteurs, qui proposerais-tu? 

Tu as dit un alors je propose deux femmes par exemple pour leur démarche. Tout d’abord une amie qui a la particularité d’être en mobilité réduite mais avec son fauteuil roulant électrique, elle a mis en œuvre, toute une démarche visuelle à son niveau. J’admire son courage, sa détermination pour franchir les difficultés liées à son handicap qui disparait complètement quand on voit ses photos sans soupçonner. C’est Colette Richard et son site est là : coletterichard.eu

Ensuite, j’ai envie de parler de Sandrine Berjonneau qui a aussi une démarche particulière. Arrivée à la photo depuis seulement quelques années, elle s’est d’abord plongée dans l’univers de la macro pour les insectes, les fleurs… Depuis peu, elle tourne son regard vers les arbres mais elle a surtout eu le courage d’ouvrir une galerie photo en Suisse à Carouge en proposant son travail mais en accueillant aussi depuis un an, d’autres photographes pendant des expositions temporaires.

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Un dernier mot ?

Aux étudiants que je peux avoir sur un DU photographie documentaire et écriture numérique comme à tous stagiaires, je dis souvent qu’il faut être curieux en photographie en ne se contentant pas des réseaux sociaux mais des galeries, de la presse, des livres… Il faut développer sans cesse, sa culture visuelle en allant aussi au cinéma plutôt que de manger des séries sur tablettes.

Merci Laurent

J’espère que tout cela vous aura donné envie de découvrir son travail. Bien évidemment si vous connaissez un photographe de talent, qu’il soit professionnel ou amateur, et  que vous souhaitez  le faire découvrir à la communauté de Bon Plan Photo, ou si vous voulez vous même vous prêter au jeu de l’interview, il suffit de me contacter.

Gregory LAROCHE

J'ai créé bonplanphoto.fr en 2010 pour partager avec vous mes découvertes et petits trucs photographiques. N'hésitez pas à me contacter pour toutes propositions de projets ou partenariats.

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