A la rencontre de Jonk

Aujourd’hui, partons à la rencontre de Jonk, passionné par l’urbex. Jonk a accepté de se prêter au jeu de mes questions et je vous propose donc d’en découvrir un peu plus sur ce photographe passionné. Vous pouvez également retrouver son travail sur :

A la rencontre de Jonk
Bonjour Jonk
Peux-tu te présenter en quelques lignes, comme photographe, mais pourquoi pas sur ta vie en dehors de la photographie?

Je m’appelle Jonk, j’ai 35 ans et je vis à Paris. La photographie est mon activité à plein temps depuis bientôt deux ans. Avant cela, j’ai été dans la finance de marchés pendant une dizaine d’années.

Racontes-nous quand et comment tu as commencé la photo?

Il y a eu trois grandes étapes. La première, quand j’avais onze ans, mes parents m’ont envoyé dans une famille d’accueil américaine en Floride pour deux semaines pendant des vacances scolaires pour me faire pratiquer l’anglais. J’ai emmené plusieurs petits appareils photos jetables qui ont été mon premier contact avec la photo. J’ai répété l’expérience plusieurs années, dans un Etat différent et une famille différente à chaque fois, mais toujours avec quelques-uns de ces petits boîtiers orange. J’ai ensuite investi dans un matériel un peu plus sophistiqué.

La deuxième a été un voyage à Barcelone qui m’a fait découvrir le graffiti et m’a donné mon premier sujet photographique. Je suis un grand fan d’arts urbains encore aujourd’hui et continue à en shooter où que j’aille.

La troisième a été la découverte de l’exploration urbaine à Paris à la fin des années 2000 avec la toiturophilie, les métros et les catacombes non-officielles. J’ai alors trouvé un deuxième sujet passionnant: documenter la face cachée de la ville. Grimper sur les toits pour la voir d’en haut, se promener la nuit dans le métro ou passer des journées entières dans les catacombes à explorer ses dizaines de kilomètres de galeries et salles creusées dans la roche, je trouvais aussi dans cette activité une grande excitation qui me plaisait beaucoup. Ce sont ces explorations urbaines, et mes recherches de photographies inédites de graffiti, qui m’ont amené dans des lieux abandonnés, où les graffeurs vont souvent peindre pour être seuls, tranquilles, et prendre leur temps pour faire de plus grandes et plus belles peintures.

A visiter des lieux abandonnés à la recherche de graffitis, j’ai réalisé l’intensité des atmosphères et la beauté du spectacle du passage du temps : la rouille, les murs fissurés, la peinture qui s’écaille, les fenêtres cassées, la Nature qui reprend le dessus créent des scènes incroyables, d’une grande photogénie. J’ai donc continué à visiter des lieux abandonnés à photographier, avec du graffiti ou pas. J’ai même commencé à voyager même pour cela.

Aujourd’hui, j’en ai visité plus de mille cinq cent dans une cinquantaine de pays sur quatre continents.

Tous droits réservés à Jonk
Quelles sont tes spécialités photographiques ?

Ma spécialité est la photo de lieux abandonnés repris par la nature. De par l’esthétique, j’y vois une grande poésie mais il n’y a pas que cela. Je pense aussi que ces images sont porteuses d’un message fort : la Nature est plus forte, et que quoi qu’il advienne de l’Homme, Elle sera toujours là. Elles posent une question fondamentale : celle de la place de l’Homme sur Terre et de sa relation avec la Nature. Loin d’être pessimiste, et à une époque où la domination de l’Homme sur la Nature n’a jamais été aussi extrême, elle cherche aussi et surtout à éveiller les consciences. L’Homme construit, l’Homme abandonne. A chaque fois pour des raisons qui lui sont propres. La Nature n’a que faire de ces raisons. Mais une chose est sûre, quand l’Homme part, Elle revient et Elle reprend tout.

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Comment se compose ton sac photo ?

Selon ce que je vais explorer, j’ai une configuration normale ou une configuration light (quand il faut infiltrer certains lieux et être le plus léger et discret possible). Configuration normale:

2 boitiers Canon 5D Mark III, l’un est monté avec soit le Canon 14mn f/2.8 L II USM soit le Canon TS-E 17mm f/4 L. Et l’’autre objectif attend patiemment son tour dans le sac. L’autre boitier est monté avec le Canon 24-105mm f/4 L IS USM.

Tout ça rentre dans mon sac Lowepro Flipside 400 AW. J’utilise le trépied Manfrotto MK055XPRO3 avec la tête BHQ2.

Pour la configuration light: 1 Canon 5D Mark III avec 1 Canon TS-E 17mm f/4 L ou 1 Canon 24-105mm f/4 L IS USM. Tout ça rentre dans mon deuxième sac Lowepro Fast Pack 250 avec en plus le trépied MeFOTO Roadtrip à l’intérieur.

J’ai aussi le Canon EF 70-300mm f/4-5.6 L IS USM que je prends pour certains voyages et le Sigma 35mm f/1.4 DG HSM dont je me sers aussi de temps en temps…

Est-ce que ton travail est influencé par certains photographes?

Pas du tout. J’ai appris la photo tout seul et je regarde très peu ce que font les autres. Je devrais le faire beaucoup plus ne serait-ce que par culture mais je ne prends pas le temps…

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Parmi tes photos, si tu ne devais en retenir qu’une seule, peux-tu nous présenter ta photo préférée et nous raconter son histoire?

Je ne sais pas si c’est ma préférée mais cette photo représente beaucoup. Pour la réaliser, il a fallu infiltrer le cosmodrome de Baïkonour, site actif d’où sont régulièrement lancées des fusées, pour en visiter les parties abandonnées. J’ai donc marché 20 kilomètres dans le cosmodrome, de nuit à la lampe frontale, avec un sac de plus de 20 kg. J’ai ainsi pu photographier un hangar avec deux navettes spatiales et un autre avec une fusée. J’ai dormi trois nuits dans ces hangars abandonnés. Cette expédition a été une aventure extraordinaire, à tel point que j’ai fait un livre où je raconte tout. Je suis d’ordinaire un anti-selfie, mais devant une navette spatiale abandonnée, je ne pouvais pas ne pas le faire !

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Quelle serait la prochaine photo que tu aimerais faire ?

En ce moment, je pense beaucoup à ce que je vais photographier lors de mon prochain voyage, en Arménie. J’adore tout ce qui est relique soviétique et j’y ai trouvé de petites merveilles : station radar, télescope, théâtre magnifiques.. tout ça abandonné ! J’ai hâte…

Imagine que l’on te donne un crédit illimité, quel projet photographique, dingue ou plus sage, aimerais-tu réaliser?

Faire le tour du monde de la friche ! Documenter chaque pays à travers ses lieux abandonnés. On apprend beaucoup d’une culture, d’un peuple à travers ce qu’il abandonne…

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Peux-tu nous raconter un de tes meilleurs souvenir pendant une séance photo et pourquoi pas également le pire?

Commençons par le pire pour garder le meilleur pour la fin. J’ai été très souvent confronté à des agents de sécurités, des gardiens, voire des voisins un peu zélés et même la police mais je crois que le pire qui me soit arrivé est d’être tombé sur le propriétaire d’un lieu qui a cassé une jambe de mon trépied. J’ai rattrapé l’appareil au vol… Ensuite il m’a attrapé par le col et m’a menacé de son point. Je savais que je n’avais pas à être dans cette petite chapelle au bord de la route mais j’y suis entré sans rien cassé (comme toujours !). J’ai quand même été très diplomate et tout s’est bien terminé. On était après le déjeuner et la personne avait un peu poussé sur la bouteille… L’appareil serait tombé, ça se serait passé différemment…

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Sinon j’ai été mordu par des chiens, coursé par la sécu, etc., mais ça c’est le quotidien ! 😉

Le meilleur c’est dur à dire. Pour ne pas reciter Baïkonour, je dirai peut-être qu’il s’agit des ruines de Kolmanskop en Namibie : un décor exceptionnel de petites maisons colorées envahies par le sable :

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Si tu devais faire découvrir un photographe peut être encore méconnu, et un seul, à BonPlanPhoto et à ses lecteurs, qui proposerais-tu?

Et bien je ne sais pas dans quelle mesure il est connu ou méconnu mais je citerais David Yarrow. Allez voir ces photos animalières, c’est du très beau boulot !

Un dernier mots?

Merci de m’avoir proposé cette interview. J’espère que mon univers plaira à vos lecteurs !

Merci Jonk.

J’espère que tout cela vous aura donné envie de découvrir son travail. Bien évidemment si vous connaissez un photographe de talent, qu’il soit professionnel ou amateur, et  que vous souhaitez  le faire découvrir à la communauté de Bon Plan Photo, ou si vous voulez vous même vous prêter au jeu de l’interview, il suffit de me contacter.

Gregory LAROCHE

J'ai créé bonplanphoto.fr en 2010 pour partager avec vous mes découvertes et petits trucs photographiques. N'hésitez pas à me contacter pour toutes propositions de projets ou partenariats.

Une pensée sur “A la rencontre de Jonk

  • 22/04/2020 à 19 h 46 min
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    vraiment une belle découverte d’un grand passionné

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