A la rencontre de Guillaume Bily

Pour la première interview de l’année, je vous proposer d’aller à la rencontre de Guillaume Bily, photographe de paysage et d’animaux sauvages attiré  par le sombre et le crépuscule. Si vous voulez suivre son travail, vous pouvez le retrouver:[checklist]

Interview de Guillaume Bily

Bonjour Guillaume,

Peux-tu te présenter en quelques lignes, comme photographe, mais pourquoi pas sur ta vie en dehors de la photographie?

Je suis né en 1986 et je me suis passionné très tôt de photographie. Les voyages, surtout dans le nord de l’Europe, ont rythmé mon enfance et m’ont donné ce goût de l’aventure et l’amour des belles lumières. La nature m’a toujours fasciné donc je me suis spécialisé très vite dans la photographie de paysage et d’animaux sauvages.

Envol silencieux_Guillaume Bily
Envol silencieux – Tous droits réservés à guillaumebily.com

Tu as une très grande expérience photographique, mais peux-tu nous raconter comment tout cela a commencé? On dit que la photographie est un virus qui se transmets, où l’as tu attrapé ? tu l’as transmis ?

J’ai commencé la photographie en regardant mon père en faire lors de nos multiples voyages. Très vite j’ai voulu avoir un appareil et très vite j’ai voulu devenir photographe. Le virus c’est donc attrapé très tôt et je ne m’en suis jamais détaché, c’est devenu très vite une passion. C’est pour cela que dès la fin du collège je me suis orienté vers une filière professionnelle spécialisée dans la photographie dans un lycée à Boulogne-Billancourt. J’ai donc passé un CAP et un Bac Pro Photographie. Durant ces quatre années j’ai beaucoup appris en travaillant en studio, en laboratoire et surtout en argentique à la chambre ou au moyen format. L’argentique oblige à être très rigoureux et j’ai beaucoup appris de cela.

A 18 ans je suis rentré à l’agence Bios et après des études de cinéma et de théâtre je me suis mis à mon compte.

Quiet pound_Guillaume Bily
Quiet pound – Tous droits réservés à guillaumebily.com

Peux-tu nous présenter ton/tes style(s) de photo de prédilection?

Le sombre et le crépuscule, m’ont attiré depuis toujours. Dès mes premières photographies de paysages je ne supportais pas le ciel bleu et je recherchais des nuages sombres. Cela vient certainement du fait que je suis très tôt tombé amoureux des lumières du nord.

Le crépuscule m’a toujours fasciné, c’est une heure où tout ne devient que silence, où le changement est permanent et où rien n’est prévisible. Notre regard se perd et rapidement nous nous retrouvons dans un état de contemplation absolu. J’ai toujours aimé recherché cet état, il me pousse vers la créativité.

Avant, je n’avais jamais orienté mon travail comme avec Vers l’obscur ou Wild Lights. Mon travail était beaucoup plus disparate avec du paysages, de l’animalier, et des images plus documentaires. Mais dans le lot il y a toujours eu cette fascination pour le sombre et le graphisme qui ressortait. J’ai beaucoup pratiqué le noir et blanc pour toutes ces recherches graphiques. D’ailleurs en 2009 j’ai reçu mon premier prix à Montier-en-Der avec un Coup de cœur Ambiance pour une image en noir et blanc de forêt envahie par la brume, un an après mon prix Noir et Blanc à la BBC. Par la suite j’ai fait deux expositions en noir et blanc, Noir & Blanc et Envol.

La sentinelle_Guillaume Bily
La sentinelle – Tous droits réservés à guillaumebily.com

Tes missions photographiques t’entraînent aux quatre coins de la planète, mais y a t’il un endroit que tu affectionnes particulièrement.

La Norvège et la Suède. Ce sont des pays que je connais très bien car j’ai eu la chance de le découvrir très jeune avec mes parents. Par la suite je suis partis en Scandinavie plusieurs fois tout seul et toujours pour une durée minimum d’un mois. Ce sont des pays que j’aime beaucoup pour la diversité de leurs paysages. Des paysages préservés et où le terme de « grand espace » est une réalité, mais aussi parce que ce sont des pays où la mer et la montagne se rencontre (deux milieux que j’aime particulièrement), c’est unique en Europe.

Dans tout ton matériel photo, as tu un objet porte bonheur, ou un objet qui t’est précieux?

Non j’essaye de ne pas trop me charger avec des objets inutiles, d’emmener seulement ce qui est nécessaire. Je n’ai donc pas encore de « grigri » pour faire changer la météo…

Le rayon_Guillaume Bily
Le rayon – Tous droits réservés à guillaumebily.com

Où trouves-tu ton inspiration?

Mes influences ne sont pas exclusivement photographiques. Je me sens  plus influencer par la peinture et le cinéma que par la photographie. J’aime la peinture sombre des flamands mais aussi celle de Goya, des romantiques allemands comme Friedrich, le mouvement des œuvres de Turner ou de Zao Wou Ki…

Mes influences photographiques ne viennent pas exclusivement de photographe « nature » (même si j’apprécie beaucoup le travail d’autres photographe et que je suis l’actualité pour savoir ce qui se fait), car je me suis plus formé avec les images des pictorialistes, mais aussi celles de Manuel Alvarez Bravo, Friedlander, Avdon,… des photographes qui ont une vrai rigueur dans leur démarche. Ansel Adams, Sebastio Salgado (même avant Genesis), Marc Riboud ou James Nachtwey pour la qualité des tirages. Ces photographes savent donner un sens à leurs œuvres par le tirage et cela m’a beaucoup influencé. Il est toujours difficile de faire une liste exhaustive, hier ou demain j’aurai dit peut être autre chose.

Vers la nuit_Guillaume Bily
Vers la nuit – Tous droits réservés à guillaumebily.com

Parmi tes photos, si tu ne devais en retenir qu’une seule, peux-tu nous présenter ta photo préférée et nous raconter son histoire?

C’est difficile de n’en choisir qu’une, elles ont toutes une histoire très différente. C’est aussi certainement pour ça que je n’en ai pas une de « préférée ».

Disons alors ce lever de lune à Rogen en Suède car c’était vraiment un moment magique. Il était assez tard dans la nuit, aux alentours d’une heure du matin, et je revenais d’un petit lac où j’avais essayé de photographier une aurore boréale. La brume s’était levée très tôt et je n’avais pas réussi ce que je voulais faire. Je revenais donc à travers la forêt en marchant avec ma lampe frontale. D’un coup j’aperçois une lumière à travers les arbres. Je ne comprends pas tout de suite et décide de m’approcher d’un autre petit lac qui était à une centaine de mètres pour mieux voir. C’est arrivé à la lisière que je comprends que la lune est en train de se lever derrière les arbres en projetant ces rayons dans la brume. J’ai dû avancer sur une centaine de mètres dans une tourbière pour trouver l’endroit idéal et suis rester une bonne demi-heure (le temps que la lune se lève) les pieds dans la boue à admirer ce spectacle.

Une lumière dans la nuit_Guillaume Bily
Une lumière dans la nuit – Tous droits réservés à guillaumebily.com

Peux-tu nous parler de tes projets photographiques?

Je reste souvent très discret sur mes projets mais le prochain sera aux îles Shetland au nord de l’Ecosse. C’est en fait la continuité d’un projet déjà commencé.

Imagine que l’on te donne un crédit illimité, quel projet photographique, dingue ou plus sage, aimerais-tu réaliser?

Un très long voyage. Peut être même un voyage qui ne s’arrête jamais et qui me permette de découvrir le monde, la diversité de ces paysages, de ces modes de vie… Des projets j’en ai beaucoup et certains un peu dingue mais je n’ai pas encore le crédit illimité…

Les griffes de la nuit_Guillaume Bily
Les griffes de la nuit – Tous droits réservés à guillaumebily.com

Peux-tu nous raconter un de tes meilleurs souvenir pendant une séance photo et pourquoi pas également le pire?

En réfléchissant je me rend compte que je n’ai principalement que des bons souvenirs. Les mauvais peuvent être liés à de mauvaises conditions météorologiques, au fait d’être malade ou blessé au milieu de nul part mais tout ça n’est pas très important, les bons souvenirs finissent par les effacer.

Un qui me viens à l’esprit c’est le jour qui se lève lentement au dessus du Sarek en Suède. L’endroit se situe à deux jours de marche, je suis seul au milieu de ce grand espace sauvage.  Il est à peu prêt 5h du matin, tout est encore baigné dans l’ombre et dans une fine brume. Au fur et à mesure des minutes puis des heures le paysage ne cesse de se métamorphoser. La brume masque puis fait apparaître les forêts environnantes. C’est un spectacle qui dura des heures jusqu’au lever du soleil.

Rivière de brume_Guillaume Bily
Rivière de brume – Tous droits réservés à guillaumebily.com

Si tu devais faire découvrir un photographe peut être encore méconnu, et un seul, à BonPlanPhoto et à ses lecteurs, qui proposerais-tu?

Autant choisir un ami qui a du talent. Je pense que vos lecteurs seront agréablement touché par le travail de Thomas Delahaye sur les papillons.


Pour terminer, un petit J’aime / J’aime pas. 

Je n’aime pas voir le monde se détruire, l’hypocrisie, l’arrogance, le jargon administratif, les photographes qui parlent plus d’eux même que de leurs sujets…

J’aime la brume, la mer, l’amitié, l’humour, le calme…

At dusk in Anderdalen National Park – Tous droits réservés à guillaumebily.com

Merci Guillaume

Encore une fois un grand merci à Guillaume pour avoir accepté de se dévoiler un peu plus, j’espère que tout cela vous aura donner envie de découvrir son travail, pour rappel vous pouvez le retrouver:[checklist]

Bien évidemment si vous connaissez un photographe de talent, qu’il soit professionnel ou amateur, et  que vous souhaitez  le faire découvrir à la communauté de Bon Plan Photo, ou si vous voulez vous même vous prêter au jeu de l’interview, il suffit de me contacter.

Gregory LAROCHE

J'ai créé bonplanphoto.fr en 2010 pour partager avec vous mes découvertes et petits trucs photographiques. N'hésitez pas à me contacter pour toutes propositions de projets ou partenariats.

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