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A la découverte de Marc Lucascio

Aujourd’hui je vous propose de découvrir encore un photographe de talent, passionné par la photo vivante, et c’est Marc Lucascio qui se prend au jeu et qui a accepté de répondre à mes questions. Si vous voulez suivre son travail, vous pouvez le retrouver:

A la découverte  de Marc Lucascio

Bonjour Marc,

Peux-tu te présenter, comme photographe ?
Bonjour à tous, je suis photographe depuis de longues années, je suis habitué aux évolutions de mon métier. J’ai pratiquement vécu les étapes principales techniques de mon métier de l’argentique au numérique. Du moyen format qui représentait en son temps le summum au niveau qualitatif et le format 135 qui a suivi en offrant une meilleur prise en main. Le Moyen format 6×6 6×7 ou 6×9 grâce à la grande taille de son film donnait une qualité d’image incontestable après agrandissement mais sa maniabilité dû à son poids et à sa taille bloquait certain photographes créatifs. Le format 135 a vu, avec la qualité des films s’améliorant, une nette croissance. Effectivement un poids réduit des images moins granuleuses ont ouvert la porte à la création par une mobilité accrue.
Raconte-nous quand et comment tu as commencé la photo?
J’ai toujours aimé la photo et la magie de l’image et le moyen d’expression créatif qu’elle offrait. J’ai eu la chance à 15 ans de connaitre une jeune fille dont le père était photographe amateur. Passionné, il avait transformé sa salle de bain en laboratoire photo. Mes premiers pas de photographe étaient plutôt le tirage des négatifs dont je n’étais pas l’auteur. Je n’avais pas les moyens financiers de m’offrir, les prestigieux Leica, Nikon, Canon, Pentax, Minolta… Des jobs d’été et mes petites économies me permirent de m’acheter mon premier boîtier 135, un Zenit E. Enfin je pus m’exprimer avec mes propres prises de vue. Un photographe de quartier à qui j’aimais rendre visite m’offrit ma première chance. J’avais 16 ans, il me prêta un Rollei 6×6 pour suivre un mariage. De ce fait je fis l’acquisition d’un Mamiya c220 non pas pour l’amour du moyen format mais plus pour travailler chaque samedi sur des mariages. Le moyen format était le passage obligé…
Peux-tu nous présenter ton/tes style(s) de photo de prédilection ?
Mon style est la photo vivante, la photo qui bouge, je n’aime pas faire des photos posées, télécommandées. Ce n’est pas pour autant que je n’apprécie pas les photos de certain photographes qui font le contraire de ce que je cite. C’est que tout simplement mon style aime la mouvance et l’imprévu. De ce fait je suis devenu un photojournaliste sans même savoir ce que cela voulait dire. Aujourd’hui mon travail de photographe de mariage a cette empreinte. Je me rappelle de l’époque, étant un des précurseurs du photojournalisme de mariage des critiques de ceux qui encore travaillaient au moyen format.
On dit que la photographie est un virus qui se transmet ? tu l’as transmis ?
Oui effectivement la photo est un virus qui se transmet. Un virus noble qui s’attrapait que si l’on le méritait. C’était un virus qui se travaillait avec les moyens techniques fastidieux de ma jeunesse. Un vrai métier avec de vrais outils et de vrais connaissances à la fois techniques et culturelles. On ne peut pas dire cela maintenant. Je ne veux en aucun cas rentrer dans une polémique stérile mais aujourd’hui je crois remarquer que tout le monde est photographe. Le savoir photographique se résume à 1 cm2 de puce électronique. Si j’ai transmis ma passion mais OUI je l’ai transmise et pas qu’un peu.
Sors- tu toujours accompagné de ton appareil photo ?
Plus jeune oui, mon boîtier était un membre à part entière de mon anatomie. Je shootais ici et là. Tout était sujet à voir et à retransmettre sur papier photo. Et mon « petit égo démesuré » était fier de montrer que j’étais photographe. Je dois dire que maintenant j’ai un peu de mal à sortir mon matériel surtout quand je me promène. Je n’ai pas envie de faire partie de la masse qui photographie à tout venant en se pensant photographe soit avec le dernier Ipad ou boîtier numérique hi-tech. J’ai toujours « combattu » les modes et celle là est tenace. C’est du vécu : quand je dis aux gens je suis photographe certains me répondent moi aussi. J’ai cru remarquer que photographe est la seule fonction où tu es obligé de rajouter PRO. Dit-on pâtissier professionnel, boucher professionnel, plombier professionnel… C’est juste une vanne en passant qui à mon avis mérite réflexion !

Imagines que tu dois partir 2 jours sur une île déserte, quel matériel photographique qui t’est vital amènerais tu ?
2 jours sur une île déserte, tu y vas fort. Pour commencer j’amène mes yeux, ils me sont indispensables. Beaucoup oublient que le premier matos du photographe c’est son œil. Ensuite je partirai léger, mon Canon et son 16 x 35 avec un petit 50 mm. Et c’est tout…
Parmi tes photos, si tu ne devais en retenir qu’une seule, peux-tu nous présenter ta photo préférée et nous raconter son histoire?
Ma photo préférée, c’est une photo que j’ai réalisée quand j’avais 20 ans. C’est un Mixte de prise de vue et de montage photo. Cela peut paraitre bizarre pour le montage photo, mais c’est un pied de nez à photoshop. D’une prise de vue réalisée à Porto en 1977, trois ans après la révolution des œillets, j’ai voulu sur l’image un effet dramatique emprunt de modernité. Avec un effet tsunami qui libère… C’était un fantasme de gamin. Mais j’adore cette photo, un 100/s de prise de vue et 48 heures de labo couleur. Pour les connaisseurs c’est du Cibachrome, bien avant Ilford lumière.
Quelle serait la prochaine photo que tu aimerais faire ?
Je vais être bref, j’en sais rien ça vient comme ça veut. Si, peut-être faire une photo tout en haut de Burj Khalifa ( plus de 800 m de haut ) c’est à Dubaï. J’ai eu l’occasion de le faire à Burj Al Arab. Mon métier de photographe de mariage me donne souvent l’occasion de voyager dans le Golf Arabique.
Imagine que l’on te donne un crédit illimité, quel projet photographique, dingue ou plus sage, aimerais-tu réaliser?
J’aimerai photographier pendant tout le mois de Juillet le Tour de France. Je suis fasciné par le vélo, les coureurs et leur vrai souffrance,  le public qui est là au bord de la route. C’est un sujet déjà traité et surement plus compliqué à réaliser aujourd’hui car il doit y avoir des vérités à ne pas montrer. Pas besoin de partir à l’autre bout du monde, le vélo c’est là, en France, du vrai social, c’est franchouillard.  C’est un petit clin d’œil à mon coté ringard qui peut donner d’excellentes images. Mais malheureusement je réalise une bonne partie de mon chiffre d’affaire au mois de juillet… pas de chance. Donc effectivement on doit me donner un crédit illimité.
Peux-tu nous raconter un de tes meilleurs souvenir pendant une séance photo et pourquoi pas également le pire?
Mes souvenirs bons ou mauvais sont légions… Le meilleur ou le pire qui me vient là en ce moment est relatif au souci que rencontre les photographes de mariage: les invités et leurs téléphones. Sur un mariage en région bordelaise le curé, très à cheval sur ce problème, a réuni tout le monde avant l’entrée dans l’église.  « Je ne veux aucun téléphone allumé et pas de photo à part le professionnel. » dit-il d’une manière très autoritaire ! De ce fait tout le monde a obéi. Pour moi cette intervention musclée du prête fût une révélation. Si tous les curés pouvaient se passer le mot, pensais-je !
Pendant le consentement des époux, un téléphone sonna… Tout le monde dans l’église était pétrifié… Les gens se regardaient et cherchaient le coupable.  Bien placé, toujours devant, je savais où était l’indélicat. Je dis tout haut  » MON PERE, C’EST DIEU QUI VOUS APPELLE !  » Le curé éclata de rire en mettant la main dans sa poche pour éteindre son téléphone. Le rire fut communicatif. Ce fût une belle et joyeuse cérémonie dans le pire et le meilleur.
Si tu devais faire découvrir un photographe peut être encore méconnu, et un seul, à BonPlanPhoto et à ses lecteurs, qui proposerais-tu?
Il me vient un nom, Leonard Cohade, son approche photographique est la même que la mienne, c’est un photojournaliste.
Pour terminer, un petit J’aime / J’aime pas. (l’idéal est dans mettre 5 pour chaque)
J’aime:
  • Le naturel
  • La culture photo
  • L’argentique
  • Le numérique mais avec l’approche de l’argentique
  • Le talent de certain, le style unique
J’aime pas:
  • Les déclencheurs fous
  • Les retouches photos
  • Les presets photos: c’est facile et énervant, c’est s’approprier un style synthétique. Un non style…
  • La non culture
  • Le langage franglais pour parler photo, la photo a été inventé en France. ( c’est mon coté ringard franchouillard).
Voilà c’est fini, je remercie Gregory LAROCHE de sa patience et de ses relances sympathiques. Il m’a fallut 6 mois pour répondre à son interview.

Merci Marc

Encore une fois un grand merci à Marc pour avoir accepté de se dévoiler un peu plus, j’espère que tout cela vous aura donner envie de découvrir son travail, pour rappel vous pouvez le retrouver:

Bien évidemment si vous connaissez un photographe de talent, qu’il soit professionnel ou amateur, et  que vous souhaitez  le faire découvrir à la communauté de Bon Plan Photo, ou si vous voulez vous même vous prêter au jeu de l’interview, il suffit de me contacter.

a propose Gregory LAROCHE

J’ai créé bonplanphoto.fr en 2010 pour partager avec vous mes découvertes et petits trucs photographiques.

N’hésitez pas à me contacter pour toutes propositions de projets ou partenariats.

Un commentaire

  1. Jean marc Rabiller

    toujours sympa de découvrir un photographe .J’ai un penchant pour les photos en noir et blanc

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