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A la découverte de Jérôme Obiols

Aujourd’hui je vous propose de découvrir encore un photographe de talent, passionné par la haute montagne, et c’est Jérôme Obiols qui se prend au jeu et qui a accepté de répondre à mes questions. Si vous voulez suivre son travail, vous pouvez le retrouver:

A la découverte  de Jérôme Obiols

Bonjour Jérôme,

Peux-tu te présenter en quelques lignes, comme photographe, mais pourquoi pas sur ta vie en dehors de la photographie?  

Je m’appelle Jérôme Obiols, je suis Lyonnais, j’ai 39 ans. Mon métier principal est chercheur dans l’industrie mais je pense que mon activité de photographe de montagne va plus vous intéresser! Je me définis comme un photographe paysagiste montagnard.

Jeu d’ombre et de lumiere sur les Aiguilles de l’M, des Rands Charmoz et du Grépon, éclairées par la lune.

Racontes-nous quand et comment tu as commencé la photo?

J’ai acheté mon premier réflex avant l’an 2000, mon parcours photographique a donc commencé à l’ère argentique. J’ai commencé par de la photo urbaine en noir et blanc, je développais moi même mes tirages. Puis j’ai découvert les Alpes en 2002 après m’être installé à Lyon et je me suis alors passionné pour la montagne.

Quels sont tes spécialités photographiques ? 

J’aime la montagne, particulièrement la haute-montagne, qui n’est accessible qu’aux initiés mais qui est un fantastique espace de liberté et de nature à l’état brut. J’ai développé depuis plusieurs années une spécialité qui est la photographie de nuit en montagne. Ce travail a fait l’objet de nombreuses expositions et a été plusieurs fois primé mais je ne souhaite pas être catalogué « photographe de nuit », d’ailleurs ma prochaine exposition sera sur des photos prises en plein jour!

Grimpeur au sommet de l’Aiguillette d’Argentière la nuit avec un faisceau lumineux. En arrière plan, l’Aiguille Verte et la voie lactée. Un bouquetin curieux assiste au spectacle en silence.

Tes missions photographiques te permettent de beaucoup voyager, mais y a t’il un endroit que tu affectionnes particulièrement.

Je suis assez casanier et ne suis pas un grand voyageur. Je fréquente essentiellement les Alpes françaises, où mon massif préféré est celui du Mont-Blanc car il est unique avec ses grands glaciers qui côtoient sommets mythiques et aiguilles ciselées particulièrement esthétiques. J’aime aussi beaucoup le massif des Ecrins, moins « grandiose » mais plus sauvage et rempli de coins secrets à explorer.

Les lumieres de Grenoble la nuit se refletent sur les nuages et les eaux du lac Guichard. Col de la Croix de Fer.

Comment se compose ton sac photo ?

J’utilise un réflex numérique Nikon D810, associé à beaucoup (trop ?) d’objectifs allant du 16 au 300mm. Je privilégie à chaque fois que je le peux des focales fixes lumineuses à la fois pour leur qualité d’image mais surtout pour leur grande ouverture qui permet ainsi une grande variété d’utilisation. J’ai constaté au fil des années que je faisais de meilleures images avec des focales fixes qu’avec des zooms d’un point de vue composition et de meilleure qualité technique. Donc la plupart du temps, j’emporte un 28mm ou un 35mm, un 50mm, un 90mm ou un 135mm et un 300mm ce qui me permet de faire face à la plupart des situations.

Aiguille Dibona dans les nuages. Parc National des Ecrins.

Parmi tes photos, si tu ne devais en retenir qu’une seule, peux-tu nous présenter ta photo préférée et nous raconter son histoire?

Ma photo préférée commence à dater car je l’ai prise en 2012 mais elle est intemporelle, d’ailleurs 5 ans après elle reste mon image de référence. Il s’agit de « L’Aiguille des Deux Aigles sortant de la brume ». Elle résume pour moi la beauté, la puissance et le caractère inaccessible de la haute-montagne. L’aiguille des Deux Aigles (3487m) est située dans les Aiguilles de Chamonix et j’ai photographié cette scène en été, après le passage d’une perturbation neigeuse. J’aime particulièrement la façon dont l’aiguille est drapée par cette brume et son style épuré, qui lui donne un petit air d’estame japonaise.

Aiguille des Deux Aigles dans la brume et les nuages dans les Aiguilles de Chamonix, massif du Mont-Blanc. Cette aiguille rocheuse de granit se situe en haute-montagne et est pointue et effilee. Le noir et blanc lui confere une atmosphere et ambiance mysterieuse.

Quelle serait la prochaine photo que tu aimerais faire ?

La même que la précédente, mais d’autres aiguilles dont j’apprécie l’esthétisme et le caractère inaccessible.

Massif du Mont-Blanc.

Imagine que l’on te donne un crédit illimité, quel projet photographique, dingue ou plus sage, aimerais-tu réaliser?

J’aimerais beaucoup aller photographier les montagnes de l’Himalaya, mais de part ses dimensions immenses chaque entreprise est longue est complexe. Donc si j’avais un crédit illimité je m’achèterai un appareil de télétransportation pour réaliser cela!

Arbre isolé dans la neige. Massif des Bauges.

Peux-tu nous raconter un de tes meilleurs souvenir pendant une séance photo et pourquoi pas également le pire?

Mes meilleurs souvenirs sont quand, après avoir fait en sorte d’être au bon endroit au bon moment, j’ai eu de la chance avec la météo pour obtenir non pas l’image que j’espérais, mais parfois encore mieux.

Il y en a plusieurs, mais je retiendrai « La Voie Lactée au dessus de la Mer de Glace », prise à 3000m d’altitude en plein coeur du massif du Mont-Blanc. 3h avant, il pleuvait et vers minuit tous les nuages se sont déchirés, laissant la place à un ciel d’une grande pureté, avec la voie lactée placée au dessus du toit de l’Europe, pile où je l’avais envisagé…

Image de nuit du massif du Mont-Blanc avec la voie lactee au dessus du Mont-Blanc et de la vallee blanche (mer de Glace).

Si tu devais faire découvrir un photographe peut être encore méconnu, et un seul, à BonPlanPhoto et à ses lecteurs, qui proposerais-tu? 

Alors je vous proposerai de découvrirai les images de Matthieu Rieux, dont j’adore le style (et bien entendu aussi son sujet de prédilection, qui est le même que le mien 🙂

Tente éclairée au crépuscule sous un ciel tourmenté au bord du lac du Pontet. Massif des Ecrins.

Une question à laquelle tu aurais aimé répondre ?  

si j’ai des influences particulières, des photographes que j’admire et qui m’inspirent de près ou de loin?

A mes débuts je me suis beaucoup inspiré des photographes humanistes comme Robert Doisneau, Henri Cartier-Bresson et surtout Willy Ronis. Concernant la photo de montagne, ce sont deux photographes américains qui me viennent immédiatement à l’esprit. Comment ne pas citer Ansel Adams, et Galen Rowel, qui furent tous deux visionnaires. Plus près de nous, j’apprécie beaucoup la vision des montagnes que propose d’Alexandre Deschaumes et aussi, dans un tout autre style, Emmanuel Boitier.

Merci Jérôme

Encore une fois un grand merci à Jérôme pour avoir accepté de se dévoiler un peu plus, j’espère que tout cela vous aura donner envie de découvrir son travail, pour rappel vous pouvez le retrouver:

Bien évidemment si vous connaissez un photographe de talent, qu’il soit professionnel ou amateur, et  que vous souhaitez  le faire découvrir à la communauté de Bon Plan Photo, ou si vous voulez vous même vous prêter au jeu de l’interview, il suffit de me contacter.

a propose Gregory LAROCHE

J'ai créé bonplanphoto.fr en 2010 pour partager avec vous mes découvertes et petits trucs photographiques. N'hésitez pas à me contacter pour toutes propositions de projets ou partenariats.

2 Commentaires

  1. Je connaissais déjà le travail de Jérôme, je savais donc qu’il était talentueux, mais cette interview permet de connaître un peu plus le personnage derrière les photos.
    Merci Grégory pour cette entrevue et un grand bravo à Jérôme pour ses superbes photos.

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