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A la découverte de Florent Vassogne

Aujourd’hui, partons à la rencontre de Florent Vassogne, photographe qui a grandit au coeur de la Venise Verte et passionné par la photographie depuis tout petit. Vous aller voir que Florent est du genre assez bavard, mais je ne vous en dit pas plus …

Evidemment, si vous voulez suivre son travail, vous pouvez le retrouver:

A la découverte de Florent Vassogne

Bonjour Florent,

Peux-tu te présenter en quelques lignes, comme photographe, mais pourquoi pas sur ta vie en dehors de la photographie?

Bonjour ! Toute l’histoire a débuté en 1977 dans la belle ville de La Rochelle, puis dans la campagne environnante où j’ai passé toute mon enfance. Je vivais à deux pas de la Venise Verte, au cœur d’une nature où la faune et la flore dévoilent avec bonheur leurs secrets au fil des saisons. Cette présence quotidienne de la nature, enrichie par les voyages, a très tôt forgé en moi un sentiment de curiosité, de respect et d’amour. La photographie est devenue tout naturellement le moyen de retranscrire toutes ces émotions visuelles. J’y reviendrai.

Après avoir exploré différentes voies, mes études m’ont finalement conduit vers le métier d’enseignant que j’exerce en maternelle depuis maintenant onze ans au cœur de la campagne vendéenne où je vis désormais avec ma compagne.

Tout au long de ces années, la photographie est demeurée une véritable passion dévorante et depuis 2012, j’ai franchi un premier pas en prenant le statut d’auteur-photographe.

Peux-tu nous raconter comment la photographie est entrée dans ta vie ?

La photo est présente dans ma vie depuis mon enfance. Mon père m’a transmis le virus. Lui-même avait découvert la photographie alors qu’il était adolescent. Baigné par le doux ronronnement des projecteurs diapos, l’envie de passer de simple spectateur à « photographe » s’est faite de plus en plus forte au fil des années.

Mes tout premiers déclenchements ont été réalisés sur un Lubitel (film 120) à la fin des années 80. Puis c’est en 1995 que les choses sérieuses ont commencé avec un reflex Pentax SF7. C’est également durant cette période que j’ai pu m’initier aux joies du développement NB.

Pendant près de 10 ans, j’ai eu le bonheur et le plaisir de travailler en argentique, plus particulièrement en diapo. Comment mieux sublimer les lumières naturelles qu’à travers le Kodachrome 25 ou 64 ou encore la Fuji Velvia 50 ? Ce furent de précieuses années qui m’enseignèrent les bases de la prise de vue. Avant l’ère du tout numérique où l’on cède volontiers à la tentation du mitraillage à tout-va, l’argentique m’a surtout permis une forme d’humilité face à son sujet. Prendre son temps, construire son cadrage, anticiper le résultat, autant d’aspects de la prise de vue qui hélas tendent à être parfois bâclés grâce (à cause) du numérique. Je garde de ces années un foisonnement d’expérimentations et de découvertes qui me guident encore aujourd’hui.

En 2005, le côté obscur et l’attrait du numérique eurent raison de moi 🙂 J’ai passé quelques années avec Olympus et son E410. Enfin, en 2010, je me suis tourné vers Canon et son increvable 7D, que j’utilise toujours.

Tout au long de ces années, j’ai peu à peu construit ce qui est devenu mon univers photo actuel en tentant d’orchestrer les lumières offertes par la nature. Cette lumière naturelle, fugace et capricieuse, les harmonies de lignes et les contrastes de couleurs qui concourent à créer une symphonie d’images parfois mystérieuses, souvent surprenantes, toujours fascinantes.

Quels sont tes spécialités photographiques ? 

J’ai toujours essayé d’éviter l’enfermement dans un seul genre photographique en pratiquant une photographie éclectique mais toujours sensorielle. En changeant régulièrement de sujet, le manque d’inspiration n’est jamais possible en photo ! L’univers qui nous entoure possède une dimension et une richesse évocatrices si fortes que la page blanche du photographe est, pour moi, rigoureusement impossible ! Cela vous pousse au contraire à sortir de vos sentiers photos habituels pour explorer de nouveaux horizons.

Si je devais réaliser tout de même un classement, la photographie naturaliste tiendrait la première place dans mon cœur. Elle me permet de donner vie à mes univers intérieurs Etre perdu au cœur de la nature procure un sentiment de plénitude rare. J’apprécie tout particulièrement la solitude créatrice de ce genre d’escapade. Elle vous permet de vous placer hors du monde, du temps, loin de toute agitation, pour se confronter, seul à seul, avec son sujet.

Qu’il s’agisse de vastes paysages ou de lieux plus intimistes, la nature regorge de trésors que j’aime découvrir, saisir et partager. Parmi les manières d’aborder la nature, il existe un domaine qui me passionne au plus haut point : la macro-photographie.

Elle me permet d’entraîner le spectateur sur des chemins insoupçonnés, secrets, de mettre au jour des architectures miniatures improbables, de rendre tangible ce qui est invisible la plupart du temps. Par exemple, les aspects graphiques de la flore sont une porte ouverte vers une poésie des lignes et des courbes. Une simple fleur peut, tour à tour, se fondre en personnage énigmatique, en animal fabuleux ou au contraire, en paysage inquiétant. Cet univers souvent méconnu s’étale pourtant sous nos pas indifférents, qu’il s’agisse de faune ou de flore. Nul besoin de voyage lointain et coûteux, il suffit de pousser la porte du jardin et de s’armer d’une patience sans faille, élément essentiel lorsque l’on souhaite surprendre ces instants miniatures.

Au-delà de cette vie infime et pourtant essentielle, la macrophotographie offre une véritable symphonie graphique, enchevêtrements de complexités ordonnées. Pour moi, cette approche photographique enseigne une vraie humilité et un respect total de la nature qui nous environne. Contre-pied de la photo de nature, je prends également un certain plaisir à pratiquer la photo urbaine, principalement architecturale. J’aime particulièrement jouer les photographes noctambules et me perdre dans les ruelles.

Au fil du temps et des projets, un nouveau domaine photographique commence à prendre de l’ampleur dans mon travail, celui de la photographie féérique ou onirique. Cela consiste à « inventer » un nouvel univers qui emprunte des éléments au réel pour les transporter vers une dimension onirique… Rêve ou cauchemar selon l’inspiration… Univers surréaliste ou gentiment décalé. On s’écarte alors légèrement de la photo pure pour entrer dans la création graphique. Mais la matière de départ demeure tout de même photographique.

La photographie est un moyen d’expression, que cherches-tu à faire comprendre à travers tes photos ?

J’aimerais que le spectateur me voit comme un passeur de rêves, un révélateur de l’invisible ! J’essaye d’offrir au regard un chemin de traverse, une passerelle vers un autre monde, quelques instants délicieux d’égarement au pays des songes. J’aime l’idée de fuir l’agitation de notre vie pour saisir des instants improbables et hors du temps. Donner à voir ce qui est invisible à nos yeux devenus aveugles, à force d’ignorer les plus infimes beautés de ce monde.

Toute la force de la photographie réside dans sa capacité à nous transporter vers un ailleurs, fruit de l’imagination. Parfois cette vision nous révulse, parfois nous enthousiasme mais dans les deux cas, sera parvenue à susciter en nous un sentiment, une réaction.

 A travers la photographie, je tente également de célébrer la lumière naturelle. Par essence même, elle offre une multitude de visages. A chaque instant de la journée, à chaque saison de l’année, l’apparence de la lumière offre au regard une multitude de couleurs, de textures, d’intensités.

En tant que photographe plutôt « naturaliste », les thématiques actuelles de réchauffement climatique et d’atteinte à la biodiversité me touchent de plus en plus et influenceront fortement mes projets à venir. Il est terrible de se dire parfois que l’animal ou la plante qui se trouve devant ton objectif n’existera peut être plus dans quelques années. Les photographes ont une réelle responsabilité en qualité de témoin et de passeur vis-à-vis des générations futures. Ils peuvent contribuer à sensibiliser à la nécessité de sauver la diversité et la beauté de ce monde.

Sors- tu toujours accompagné de ton appareil photo ?

La plupart du temps oui car c’est toujours un déchirement de manquer une photo faute de matériel. N’étant absolument adepte du cliché smartphone, je préfère de loin promener le sac à dos, au diable les kilos !

 

Imagines que tu dois partir 2 jours sur une île déserte, quel matériel photographique qui t’est vital amènerais tu ?

Le Canon 7D serait bien entendu de la partie. Il serait forcèment accompagné d’un grand angle comme le TAMRON SP AF 10-24 mm F/3.5-4.5 Di II LD Aspherical, un fisheye que j’adore, le Samyang 8 mm / F 3,5 ASPH IF CS2 et bien entendu mon chouchou absolu en macro, le Canon 100mm f/2.8L Macro IS USM. N’oublions pas une caisse de batteries et un container de tablettes de chocolat (le minimum vital pour survivre) !

Est-ce que ton travail est influencé par certains photographes?

Question difficile car Il y a énormément de photographes ou d’artistes que j’adore ou qui m’inspirent indirectement. En tant qu’amoureux de la nature comment ne pas citer quelqu’un comme Vincent Munier. Les paysages en pause longue de Marc Adamus ou de Lincoln Harrison sont également très inspirants. Côté macro je citerai deux grands actuels : Thomas Shahan et John Hallmén.

Parmi tes photos, si tu ne devais en retenir qu’une seule, peux-tu nous présenter ta photo préférée et nous raconter son histoire?

Je choisirais certainement « Dans les lueurs de l’aube ». Nous étions durant l’été 2014. Avec ma compagne, également photographe (monikmuller.com), cela faisait un moment que nous voulions faire une séance en plein marais, dans les premières lueurs de l’aube. Ce fut le 2 juillet, au saut du lit vers 4h30. Nous avons roulé un peu et nous sommes posés en plein marais, au milieu d’un champ. Peu à peu les premiers rayons ont réchauffé la flore et le petit peuple de l’herbe dans un silence quasi religieux. Ce sont des instants magiques ! Surtout quant au retour, après avoir cueilli quelques croissants tout chauds un bon petit déj vous attend 🙂

Quelle serait la prochaine photo que tu aimerais faire ?

Je travaille actuellement sur deux projets très différents. Le premier me plonge dans la macro extrême (rapports supérieurs à 5 :1) à travers l’utilisation d’objectifs de microscope et de la technique de focus stacking (empilements de nombreuses photos ayant une zone de netteté décalée). Le second est plus ambitieux et plus sombre. Il se nomme Seven²SinS et touche à plusieurs thèmes : les atteintes à l’environnement, la décroissance… et la place de l’être humain sur la planète.

 

Imagine que l’on te donne un crédit illimité, quel projet photographique, dingue ou plus sage, aimerais-tu réaliser?

Sans hésitation il s’agirait d’un voyage photographique à travers les plus belles contrées sauvages de la planète, comme l’Islande, la Patagonie ou la Nouvelle Zélande. De telles destinations sont un graal photographique pour tout amoureux de la nature.

Peux-tu nous raconter un de tes meilleurs souvenir pendant une séance photo et pourquoi pas également le pire?

Je garde un précieux souvenir d’une longue balade photo réalisée un soir de décembre lors de mon premier voyage à Venise. Quel bonheur de se perdre, seul, au fil des ruelles et de découvrir une infinité d’instants que l’on aimerait immortaliser. La plupart des clichés de nuit de ma galerie intitulée « De rêves et d’eau » furent pris lors de cette balade.

A l’inverse, le pire souvenir « physique » que j’ai vécu date lui de l’hiver 2012. Il m’a permis de réaliser l’une de mes photos préférées. Il s’agit de Delta Glacial, qui a récemment remporté le prix Paysage du concours 2017 de l’île du Beurre. L’hiver 2012 est le dernier hiver où il a réllement fait froid en province. Je vais régulièrement prendre des clichés à la Pointe St Clément (Charente Maritime). Cet hiver là, le froid était tellement vif que la mer gelait sur l’estran en créant une infinité de petits canaux ruisselants tels un delta féérique. Le vent était soutenu et la température ressentie bien en dessous de -10 °C. Le Canon 7D ne bronchait pas. J’étais pour ma part beaucoup moins à l’aise 🙂 Je ne pouvais pas shooter plus de quelques dizaines de secondes avant de devoir retourner me réchauffer en voiture. Mais quel bonheur d’assister à ce spectacle !

Si tu devais faire découvrir un photographe peut être encore méconnu, et un seul, à BonPlanPhoto et à ses lecteurs, qui proposerais-tu? 

Mon coup de cœur irait certainement vers Alexandre Deschaumes. Son univers photo est à la fois onirique, mélancolique, souvent féérique, toujours fascinant. Il parvient à saisir avec justesse toute la puissance évocatrice des grands espaces sauvages. Et cerise sur le gâteau, c’est un guitariste de talent. A découvrir de toute urgence !

Une question à laquelle tu aurais aimé répondre ? 

Que penses-tu de l’éternel combat Canon-Nikon ?

Ah la question piège ! Canoniste convaincu je ne suis évidemment pas « objectif ». Ceci étant dit, avec un Canon 7D vieillissant je commence à chercher son successeur et il est fort possible que je bascule un jour chez les jaunes pour passer au Full Frame. Un D750 par exemple ou son futur successeur pourraient peut être achever de me convaincre !

Merci Florent

Encore une fois un grand merci à Florent pour avoir accepté de se dévoiler un peu plus, j’espère que tout cela vous aura donner envie de découvrir son travail, pour rappel vous pouvez le retrouver:

Bien évidemment si vous connaissez un photographe de talent, qu’il soit professionnel ou amateur, et  que vous souhaitez  le faire découvrir à la communauté de Bon Plan Photo, ou si vous voulez vous même vous prêter au jeu de l’interview, il suffit de me contacter.

a propose Gregory LAROCHE

J’ai créé bonplanphoto.fr en 2010 pour partager avec vous mes découvertes et petits trucs photographiques.

N’hésitez pas à me contacter pour toutes propositions de projets ou partenariats.

Un commentaire

  1. Jolie découverte d’un photographe de talent. Une interview enrichissante et intéressante…

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