5 Erreurs communes en photographie de paysage et comment les éviter

Nous apprenons tous par nos erreurs, et quelquefois nos photos ne sont pas à la hauteur de nos attentes. Vous est-il déjà arrivé de revenir subjugué par la beauté d’un lieu et d’être déçu du résultat? Vos images n’expriment pas le sentiment d’excitation qui vous habitait.

Plusieurs facteurs peuvent en expliquer la cause, inattention, visite d’un endroit pour la première fois, lumière insuffisante, mauvais ajustement de l’appareil, ou encore, vous accédez à un site juste au moment où le soleil bascule sous l’horizon, réduisant votre séance photo à une poignée de minutes.

5 Erreurs communes en photographie de paysage et comment les éviter

AnneJutras photo lac LS 2015
Tous droits réservés à Anne Jutras

Première erreur, le ciel délavé

Dans les paysages, le ciel est l’un des premiers éléments à devenir surexposé, surtout lors d’une journée ensoleillée. L’écart entre les hautes et les basses lumières est trop élevé pour permettre au capteur de saisir une scène aux tonalités homogènes. Vous obtiendrez des images avec des pans de ciel d’un blanc « tapageur » et, même si ce n’est pas votre intention, le regard de votre spectateur s’y accrochera sans cesse… Mais comment y remédier?

Utilisez un filtre dégradé neutre. L’utilisation d’un filtre dégradé neutre (GND) s’avère judicieuse pour ce genre de problème. On le dit dégradé parce qu’une partie du filtre est plus foncé que le reste. Installée devant l’objectif, la partie foncée du filtre diminue l’intensité d’un ciel lumineux par rapport au sol plus sombre. Ainsi, vous obtiendrez une image dont toute la scène sera bien exposée. Parfois, il faut expérimenter avec divers filtres gradués, les paysages n’offrent pas toujours la même intensité de lumière. Un petit accessoire qui atténue un ciel récalcitrant.

AnneJutras photo grange 2015
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Deuxième erreur, le manque de netteté

En photographie de paysage, plusieurs paramètres peuvent influencer ce type de problème : votre sujet a bougé, ou vous avez bougé, une profondeur de champ insuffisante, une mauvaise mise au point. Voyons ensemble certains points à adopter pour obtenir une photo nette à tout coup… Mais comment y remédier?

Apportez votre trépied. Simple, mais efficace. L’utilisation d’un trépied est un pré requis pour la photographie de paysage. Si vous sortez à l’heure dorée, tôt le matin ou en fin de journée, la quantité de lumière est moins abondante. Si vous choisissez une petite ouverture, pour générer une bonne profondeur de champ, vous obtiendrez forcément une vitesse lente. Le trépied est donc ici indispensable.

Haussez « légèrement » les ISO. Je vous vois sourciller, je ne parle pas de 3200 ISO. Ce ne serait pas raisonnable! Certaines conditions l’exigeront, mais pas en photographie de paysage. Cependant, il peut arriver qu’une situation n’offre pas d’autre solution. Par exemple, vous avez une talle de fleurs en avant-plan qui bouge imperceptiblement au vent. Si votre temps de pose est d’une seconde, les fleurs créeront un effet de dédoublement et manqueront de netteté.

La seule manière de prévenir ce flou de bougé est d’augmenter les ISO pour obtenir une vitesse supérieure. Ou encore, ouvrir votre diaphragme, sans compromettre votre profondeur de champ. Pour les ISO, si vous demeurez entre 250 et 400 ISO, vous n’aurez pas de problème de bruit numérique. Autre alternative, tenir la fleur, mais ce n’est pas toujours possible – sans apparaître dans le décor.

AnneJutras photo automne 2015
Tous droits réservés à Anne Jutras

Bien tenir son appareil photo. Cette problématique surviendra plus fréquemment si vous cadrez via l’écran LCD, vous obligeant ainsi à maintenir l’appareil à bout de bras. Une position qui affaiblit votre stabilité.

Une bonne posture est importante lors de la prise de vue (non seulement pour la santé de votre dos), mais également pour la stabilité de votre boîtier. Des gestes simples diminueront le risque de flou de bougé.

Tenir les coudes près du corps, les jambes écartées, déposez votre main gauche comme support sous l’appareil, et servez-vous de l’index de votre main droite pour déclencher. Attendez le son du déclic avant de changer de position.

Servez-vous du retardateur. Votre appareil est sur trépied et vous pensez être à l’abri d’une photo voilée. À l’occasion, le simple fait de peser sur le déclencheur de notre appareil peut cause un flou de bougé, surtout si la vitesse se situe en bas de 1 sec. Un truc efficace est d’utiliser le retardateur sur 2 secondes. Tactique suffisante pour éliminer toute vibration.

AnneJutras photo ruisseau 2015
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Troisième erreur, vous n’êtes pas assez préparé

Vous arrivez sur les lieux, vous ne connaissez pas les environs, vous cherchez un point de vue intéressant, sans savoir où vous diriger, le soleil descend, très vite. Vous vous installez quelque part, à court d’idée, prenez une série de photos, parce que bientôt il fera noir. De retour à la maison, vous est déçu et désenchanté. Familier? Je l’ai vécu. Et comme on dit, on apprend de nos erreurs, aussi bien voir le positif de l’expérience… Mais comment y remédier?

Faites du repérage. Visiter les lieux de votre destination quelques jours à l’avance, offre de grands avantages. Vous vous familiarisez avec l’endroit. Et lors de votre prochaine sortie, vous serez prêt. Sur place, localisez un emplacement intéressant où vous pourrez vous installer. Mémorisez le chemin pour vous y rendre et trouvez des repères, au cas où vous décideriez d’y retourner au petit matin, alors que tout baigne dans la pénombre.

Arrivez tôt. Si le repérage ne fait pas partie de vos plans, considérez l’option d’arriver quelques heures plus tôt. Surtout si vous prévoyez photographier les dernières lueurs du jour. Vous aurez amplement le temps d’explorer les environs et repérer un emplacement de choix. Tout ce qu’il vous restera à faire est de vous armer de patience. Pensez à apporter votre iPod, pour écouter de la musique en attendant, ou un thé chaud dans un thermos.

AnneJutras_photo hiver lever soleil 2015
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Quatrième erreur, votre scène surchargée

Quand nous visitons un superbe site, nous sommes parfois éblouies par la beauté des lieux. Et très souvent, nous ne savons pas comment rendre justice à ce nouvel environnement. Nous prenons une vue d’ensemble, en incluant tout, dans l’espoir de ne rien manquer, mais au final nous obtenons une image surchargée… Mais comment y remédier?

Prenez le temps d’observer. Ne vous précipitez pas à prendre des photos. Avant de déclencher, explorez et notez les endroits dignes d’intérêt.  Faites le tour, examinez le potentiel photographique des lieux. Une fois l’euphorie du moment passé, utilisez votre appareil et photographiez les éléments que vous avez remarqués.

Rapprochez-vous de votre sujet. Dans le panorama que vous avez capturé, je suis certaine qu’il y a plusieurs autres sujets sur lesquels vous pourriez vous attarder. Prenez l’habitude de vous poser la question suivante : quel est mon sujet principal?  S’agit-il d’un arbre, d’un chemin, d’une maison champêtre, d’un jardin fleuri? Lorsque vous l’avez identifié, approchez-vous et diversifiez votre composition en variant vos prises de vue. Toujours en tenant compte de votre sujet principal.

AnneJutras photo mer 2015
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Cinquième erreur, la mauvaise utilisation de la lumière

Selon mon point de vue, il n’y a pas de mauvaise lumière, il n’y a que des situations où la lumière est mal exploitée. La lumière du matin ou de fin de journée se prête bien à la photographie de paysage. L’éclairage latéral (vu la position du soleil) rehausse les textures et les éléments naturels du panorama… Mais comment y remédier?

Éviter l’heure du midi (entre 11 h et 14 h). Ces heures sont à éviter, à moins que votre intention soit de capturer un paysage à fort contraste. Dans un sous-bois, c’est fatal. Le soleil filtre à travers le feuillage des arbres et donne une scène où l’on rencontre des zones à la fois très sombres et très claires. Sa complexité rend la lecture de l’image laborieuse. Bien franchement, on ne sait plus où regarder!

Favorisez une journée nuageuse. Les journées sans soleil sont idéales! Nous avons tendance à bouder ces journées, en nous disant que la lumière est sans éclat et que nos sujets ne seront pas mis en valeur. Il suffit de bien cibler son sujet. La lumière diffusée par les nuages se convertit en un immense soft-boxe. Plus le sujet est formé d’éléments divers, plus ce type de lumière est approprié.

Choisir le bon sujet pour le bon éclairage. La photographie de cascade ou de chute nécessite un éclairage diffus. Étant donné le manque de lumière, vous obtiendrez une vitesse plus lente ce qui favorisera de beaux et soyeux filés. Les hautes lumières créées par les filés seront plus moins prononcées et faciliterons le post traitement. N’oubliez pas d’apporter votre trépied.

Saisir la complexité d’une forêt, ou les troncs d’arbre coiffés de mousses luxuriantes seront avantagés par une lumière diffuse. L’écart entre les hautes lumières et les ombres sera atténué, vous obtiendrez ainsi des clichés où l’impact visuel sera agréable pour l’œil.

photographie de paysage
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Et pour finir, faites l’approche des trois pas. 

Steve Simon suggère un exercice qui permet d’affiner vos prises de vue :« Prenez une photo, puis se rapprocher de trois pas. Prendre une autre photo et s’approcher de nouveau de trois pas.»

Ce simple exercice vous donne l’occasion de travailler votre scène, de l’exploiter sous tous ces angles et d’en tirer le meilleur. Simplifiez la scène en éliminant les éléments perturbateurs, et saisissez que l’essentiel. Ne restez pas trop coincé avec les règles de composition à respecter, soyez intuitif et permettez-vous d’être créatif.

Bonne photo aventure!

Anne Justras

Artiste spécialisée en photographie de paysage, établie au Québec. Anne partage sa passion sur mon blog, où elle publie régulièrement des articles sur la façon d’améliorer ses habiletés techniques, sans compromettre sa créativité. De plus, chaque printemps et automne, dans la belle région des Cantons-de-l’Est, au Québec, elle anime des randonnées photo thématiques.

7 pensées sur “5 Erreurs communes en photographie de paysage et comment les éviter

  • 18/03/2015 à 18 h 09 min
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    A propos du retardateur, j’ajouterai un autre « outil » qui s’avère également utile et complémentaire : la télécommande (avec ou sans fil).

    Stéphane

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    • 18/03/2015 à 20 h 52 min
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      Bonjour Stéphane,
      Très utile, en effet, je m’en sers régulièrement. Merci de le préciser.

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  • 20/03/2015 à 11 h 45 min
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    Note pour les débutants: il est impératif d’éviter les 3 pas en avant si vous êtes au bord d’une falaise.!!!

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    • 20/03/2015 à 20 h 07 min
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      Il est pourtant coutume de dire que lorsque l’on est au bord du gouffre, il ne faut pas hésiter à faire une grand pas en avant !

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    • 20/03/2015 à 22 h 46 min
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      @Gauthier Ça me paraît plus qu’évident. hihi! Merci du rappel quand même.
      Bonne journée! 😉

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    • 20/02/2018 à 2 h 43 min
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      Gauthier dans ce cas s’en remettre a la 3e erreur faire du repérage pour voir si les 3 pas sont possible ou pas lol

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